Catégorie : Contributions mars/avril 2016

L’entrepreneuriat pour sortir plus de 20% de jeunes Africains du chômage ? Oui… si l’inclusion et l’éducation financière sont au rendez-vous

Rhode Ahlonsou et Astou Dia

L’entrepreneuriat a longtemps été reconnu comme une alternative durable au chômage, et ce particulièrement en Afrique où 20 à 40% des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi (tranche d’âge retenue par l’ONU). Mais pour ces derniers, trouver le capital de démarrage constitue une des principales barrières à l’entreprenariat. Lorsqu’on interroge les jeunes désireux d’entreprendre, les premières contraintes qu’ils évoquent sont les difficultés d’accès au financement.

Une étude des opportunités économiques pour les jeunes réalisée par Dalberg pour le compte de UNCDF (United Nations Capital Development Fund) sur six pays Africains (Bénin, Mozambique, République Démocratique du Congo , Rwanda, Tanzanie, et Zambie), auprès de plus de 300 jeunes en milieu urbain et rural, sans distinction de sexe ou de niveau d’éducation, a révélé que plus de 68% de ceux qui souhaitent entreprendre citent le manque de financement comme le principal frein à la réussite de leurs initiatives (UNCDF, Dalberg Global Development Advisors, Analyse des opportunités économiques pour les jeunes 2016).

Figure 1 : Principales contraintes citées par les jeunes (%)

contraintes jeunes entrepreneuriatSource : UNCDF, Dalberg Global Development Advisors, Analyse des opportunités économiques pour les jeunes, 2016

De plus en plus d’initiatives à l’échelle du continent tentent de faciliter l’insertion économique des jeunes à travers l’entrepreneuriat, en renforçant notamment leurs capacités techniques et managériales (incubateurs d’entreprises, formations entrepreneuriales, etc.), mais peu arrivent à répondre de façon pérenne aux difficultés d’accès au financement auxquelles font face les jeunes entrepreneurs.

Les outils de financement classiques, les crédits bancaires et microcrédits en particulier, ne sont pas adaptés aux start-ups étant donné les taux d’intérêt élevés et les courtes durées de prêts. Pour financer le démarrage de leur activité, les jeunes entrepreneurs attendent souvent des solutions classiques inadaptées. Ils font appel notamment à des prêts auprès des banques, institutions de microfinance, et coopératives de crédit, sans se rendre compte que les solutions de financement de ces institutions ne sont pas les plus pertinentes.

Les outils de financement classiques, les crédits bancaires et microcrédits en particulier, ne sont pas adaptés aux start-ups étant donné les taux d’intérêt élevés et les courtes durées de prêts.

En effet, en Afrique Sub-Saharienne, les prêts, tels qu’ils sont généralement octroyés par les banques et institutions de microfinance (taux d’intérêt élevés, durée des prêts entre 6 et 12 mois, exigences de garanties importantes, etc.), ne permettent pas à une jeune entreprise de survivre et d’atteindre rapidement le seuil de rentabilité. Par exemple, le taux d’intérêt moyen appliqué par les banques varie entre 14% au Sénégal et plus de 40% au Malawi. De 18% par an dans l’Union Economique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA), le taux d’usure appliqué aux opérations de crédit bancaire est désormais fixé à 15% l’an. Il est de 19% en RDC et varie entre 17 et 27% au Nigeria. Ces prêts classiques ne sont pas adaptés aux startups qui ont souvent besoin de plus de 12 mois pour atteindre la phase de développement et voir les premiers retours sur investissement.

Par ailleurs, les banques sont très réticentes à financer ces jeunes entrepreneurs, souvent considérés comme une clientèle risquée. Au Sénégal par exemple, le taux de mortalité précoce des PME est de 65%   selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Les institutions de microfinance qui offrent des conditions moins contraignantes d’accès au crédit proposent cependant des taux d’intérêt jusqu‘à deux fois plus élevés, et sur des durées encore plus courtes. Toutefois, ces conditions pourraient être améliorées si les gouvernements mettaient en place des politiques favorables au développement des marchés financiers pouvant aider les institutions financières à réduire les risques (par exemple, offre de services de micro-leasing, investissement dans des bureaux de crédit, etc.) et à diversifier leurs sources de refinancement.

Les jeunes sont en réalité en mesure de mobiliser les fonds nécessaires pour démarrer leur activité, s’ils sont encadrés et reçoivent une éducation financière.

Alors que dans le monde, 46% des jeunes disposent d’un compte auprès d’une institution financière, en Afrique, cette proportion baisse à 20% (Banque Mondiale, données sur l’inclusion financière, 2014). Dans le même temps, seuls 11% des jeunes épargnent auprès de ces institutions, et moins de 3% bénéficient de prêts. Ce faible niveau d’inclusion financière explique en partie les difficultés d’accès au financement auxquelles font face les jeunes entrepreneurs. Jouer sur ce levier pourrait donc représenter une opportunité d’amélioration de l’insertion économique des jeunes.

Les jeunes sont en réalité en mesure de mobiliser les fonds nécessaires pour démarrer leur activité, s’ils sont encadrés et reçoivent une éducation financière. En effet, sans éducation financière de base, les fonds de démarrage qui pourraient être octroyés à l’entrepreneur, ne garantissent ni la pérennité, ni le succès de l’entreprise naissante. Ensuite, une fois l’éducation financière acquise, de meilleures alternatives aux prêts traditionnels doivent être trouvées. La mobilisation de ressources financières propres, à travers l’épargne notamment, ou la mobilisation de fonds auprès d’investisseurs providentiels (financement participatif) représentent, par exemple, des modes de financement plus adaptés aux start-ups.

Le financement sur fonds propre a l’avantage de responsabiliser les entrepreneurs par rapport à la gestion et à la rentabilité de leurs entreprises. Le financement participatif, quant à lui, se fait sur un modèle simple qui permet d’alléger la charge financière de la jeune entreprise dans sa phase de démarrage, avec ou sans contreparties futures (comme. des parts de l’entreprise ou des obligations convertibles lorsque l’entreprise aura atteint une certaine maturité). Ainsi, les programmes visant à développer l’entrepreneuriat doivent dès les premières étapes inclure une forte composante d’éducation et d’inclusion financière.

UNCDF a lancé en 2010 le programme YouthStart Global qui vise à accroître les opportunités économiques pour les jeunes à travers l’inclusion financière et l’entrepreneuriat. Mis en œuvre dans huit (8) pays africains (Burkina Faso, Ethiopie, Malawi, RDC, Rwanda, Sénégal, Togo, Ouganda) pour sa première phase, le programme a permis de prouver que lorsque les programmes d’appui à la formation et à l’entrepreneuriat des jeunes sont élaborés en impliquant les institutions financières dès la phase amont, les résultats sont meilleurs en termes d’insertion économique des jeunes.

Les jeunes Africains ont donc besoin de programmes holistiques d’appui à l’entrepreneuriat qui intègrent, dès le début ou en amont, les problématiques d’éducation et d’inclusion financière.

En effet, les jeunes arrivent à épargner durant toute la durée de leur formation, et certains se rendent compte que leur épargne peut servir de capital de démarrage ou faciliter l’accès à un financement classique auprès des institutions financières. A travers ce programme, plus de 16,3 millions de dollars US ont été mobilisés en épargne auprès de 624 000 jeunes. Le programme a également soutenu les institutions financières à octroyer 11 millions de dollars US de crédit à plus de 85 763 entrepreneurs.

Les jeunes Africains ont donc besoin de programmes holistiques d’appui à l’entrepreneuriat qui intègrent, dès le début ou en amont, les problématiques d’éducation et d’inclusion financière. La préparation à l’entrepreneuriat commence souvent très tôt depuis l’éducation technique vocationnelle, secondaire, ou universitaire, et ne se limite pas aux programmes de formation entrepreneuriale. Pour faire de l’entrepreneuriat une solution pertinente et durable au chômage des jeunes, les systèmes de formation traditionnels (écoles techniques, universités, programme de formation en entrepreneuriat, incubateurs d’entreprise, etc.) devront très tôt prendre en compte une éducation sur la gestion et l’inclusion financière, et inciter les jeunes à épargner, quel que soit leur niveau de revenu.

Une épargne régulière allant de deux à cinq dollars US par mois, sur une période de temps correspondant à la durée moyenne des formations (deux à cinq ans) peut générer des montants équivalents aux prêts moyens des institutions de micro-finance (entre 50 et 300 dollars). De tels montants permettraient aux jeunes, en fin de formation, de démarrer leur petite entreprise (services en en technologies de l’information, coiffure, couture, points de services, commerce, etc.).

*Cet article a été rédigé en collaboration avec l’équipe du programme YouthStart, UNCDF

Photo: http://ideas4development.org/


Rhode Ahlonsou et Astou Dia

Rhode Ahlonsou est consultante chez Dalberg Global Development Advisors au bureau de Dakar (Sénégal). Elle conseille les gouvernements et organisations de développement dans la définition de stratégies, de programmes, et la réalisation de diagnostics organisationnels dans des secteurs variés tels que l’agriculture, l’éducation, l’emploi des jeunes et la santé. Elle a travaillé dans plusieurs pays africains et s’intéresse particulièrement aux services sociaux, à la croissance inclusive et au développement.


Astou Dia est Project Manager (gestionnaire de projet) chez Dalberg Global Development Advisors au bureau de Dakar (Sénégal). Elle cumule neuf années d’expérience dans le conseil en stratégie, en organisation et dans les sujets de développement économique. Elle a travaillé avec des organisations privées, des entreprises et des gouvernements en Europe et en Afrique sur la planification stratégique, des analyses de marchés, des projets de financement et d’investissements, ainsi que sur des missions de restructuration et d’amélioration de la performance.

Chômage des jeunes : allier études et travail à temps partiel pourrait changer la donne

Dieynaba Niabaly

Ces dernières années, on nous présente l’entrepreneuriat comme la panacée qui mettra fin au chômage des jeunes. Bien qu’il fasse partie intégrante des réponses envisageables, nous devons également concevoir d’autres solutions, parce que tout le monde ne peut devenir entrepreneur. L’entrepreneuriat est une solution principalement destinée aux jeunes âgés d’au moins 18 ans. Mais qu’est-ce qui est fait avant le niveau universitaire ? Encourageons-nous certaines pratiques chez les plus jeunes pour favoriser à la fois un esprit entrepreneurial et une forte éthique professionnelle ?

Le travail à temps partiel des lycéens peut offrir de nouvelles perspectives à l’emploi des jeunes. Dans de nombreux pays, en particulier les économies développées, il est d’usage pour les lycéens d’étudier et de travailler à temps partiel. Ce travail peut être rémunéré ou bénévole. Pendant ce temps au Sénégal, il est rare voire inouï pour la plupart des jeunes lycéens de travailler ; pas même pendant les vacances. On note bien sûr un exode des adolescents des zones rurales vers la capitale, durant les grandes vacances, pour travailler principalement comme domestiques et marchands ambulants. Ce n’est cependant pas ce que j’aborde ici, vu que ce type de travail est principalement fait de manière informelle.

Si les jeunes avaient l’opportunité de travailler avant d’aller à l’université, ils seraient plus avertis, voire mieux préparés pour la suite de leur formation et leur carrière — au lieu de se sentir parachutés dans le marché de l’emploi après l’université sans aucune expérience à faire valoir.

Au Sénégal, la rareté du travail à temps partiel formel et réglementé pour les adolescents peut être expliquée par des facteurs socio-culturels et systémiques. Il n’est tout simplement pas accepté dans la norme sociale de travailler tout en étant élève. On apprend aux jeunes à dépendre financièrement et entièrement de leurs parents jusqu’à ce qu’ils obtiennent un diplôme d’enseignement supérieur et un emploi dans leur domaine d’études. Il n’est donc pas étonnant que les adolescents pensent qu’ils sont trop jeunes pour travailler.

La plupart des Sénégalais semblent penser que les études et le travail sont incompatibles, en particulier avant l’université. Ils doivent se faire de manière chronologique : étudier d’abord et travailler ensuite. Notre société semble également consolider l’idée que l’on doit nécessairement travailler dans son domaine d’études. Par conséquent, les emplois que les jeunes pourraient avoir à temps partiel tels que caissier, baby-sitter et technicien de surface sont vus d’un mauvais œil. Ils sont considérés comme des emplois que seules les personnes sans instruction doivent occuper. Les jeunes n’exploitent pas leur créativité et n’essayent pas d’acquérir une expérience professionnelle avant l’université car ces normes sociales tacites favorisent justement en eux, un état d’esprit attentiste.

Le travail à temps partiel peut non seulement offrir un certain degré d’autonomie financière aux jeunes (quand il est rémunéré), mais également d’autres avantages inestimables. L’adage populaire « l’apprentissage par l’expérience est meilleur que l’apprentissage par les livres » est toujours aussi pertinent. En effet, il y a de nombreux étudiants brillants et bardés de diplômes qui, une fois mis dans un contexte professionnel, sont désemparés et complètement inefficaces parce qu’ils n’ont pas eu une expérience professionnelle antérieure.

Ce que nous apprenons à l’école n’est pas forcément ce dont on aura besoin ou ce qu’on utilisera en milieu professionnel. En apprenant aux jeunes à se focaliser uniquement sur les études, nous les privons d’opportunités essentielles pour acquérir de nouvelles compétences et de l’expérience. Si les jeunes avaient l’opportunité de travailler avant d’aller à l’université, ils seraient plus avertis, voire mieux préparés pour la suite de leur formation et leur carrière — au lieu de se sentir parachutés dans le marché de l’emploi après l’université sans aucune expérience à faire valoir.

Au-delà de l’aspect pécuniaire, le travail à temps partiel constitue un rite de passage à l’âge adulte à travers la familiarisation avec le monde du travail et l’acquisition de compétences transversales qui seront utiles dans la vie professionnelle comme personnelle. Cette démarche d’apprentissage confère des atouts certains tels que le développement d’un sens accru de la responsabilité, l’indépendance, la prise d’initiative, la gestion du temps et de l’argent sans compter l’expérience dans la préparation de dossiers de candidature et d’entretiens d’embauche, qui fait défaut à tant de jeunes. Elle permet également aux jeunes, d’explorer différentes options de carrière, de devenir plus conscients de leurs centres d’intérêt et par conséquent de faire des choix éclairés sur leur avenir : décider s’ils veulent aller à l’université, ce qu’ils veulent y étudier, ou même se lancer dans l’entrepreneuriat.

Il reviendrait également à l’État la charge de réviser le code du travail pour réguler les heures de travail, les salaires, et les types de travail que les élèves peuvent faire.

Compte tenu de tous ces avantages, comment pouvons-nous créer un environnement plus favorable au travail à temps partiel des jeunes ?

Dans le système éducatif sénégalais actuel, les élèves ont pratiquement cours du matin au soir et du lundi au samedi. Dans ce contexte, il est difficile de les encourager à avoir des activités extra-scolaires productives comme le travail à temps partiel ou le bénévolat. Il serait donc sage que l’État réajuste les heures de cours afin de faire une place à ces activités. Il reviendrait également à l’Etat la charge de réviser le code du travail pour réguler les heures de travail, les salaires, et les types de travail que les élèves peuvent faire.

Au demeurant, cela nécessiterait la coopération des entreprises des secteurs public et privé ainsi que des organisations à but non lucratif et des écoles. Ils pourraient revoir leurs politiques de recrutement et proposer aux élèves des emplois qui ne nécessitent pas d’expérience ou d’expertise. Dans la phase initiale, un partenariat entre les différentes parties prenantes pourrait être envisagé. Il se déclinerait en un système de récompense dans lequel les meilleurs élèves seraient privilégiés dans les recrutements ; ce qui pourrait inciter les autres à exceller. Pour que le travail à temps partiel soit mis en œuvre de manière pérenne, il serait opportun de sensibiliser les populations sur les innombrables avantages de participer à des activités professionnelles en étant élèves, et ce quel que soit le domaine d’étude.

Pour lutter contre le chômage des jeunes, nous devons réfléchir en dehors des sentiers battus et adopter une approche plus holistique qui permet de tester des solutions diverses et créatives. Je crois que le travail à temps partiel peut changer la donne du chômage des jeunes car il peut être un atout dans les choix de carrière, stimuler l’esprit entrepreneurial, renforcer les compétences que les employeurs recherchent, et tout simplement, donner aux jeunes un bon départ dans le monde du travail et dans la vie.

Photo: Sarah Farhat/World Bank

Lien vers l’article en anglais


Dieynaba Niabaly

Diplômée en relations internationales et études de genre du Minnesota State University, Mankato, Dieynaba Niabaly est membre de l’équipe permanente de WATHI. Elle est passionnée par l’éducation des jeunes, le développement rural et les questions de genre.

La situation de l’emploi des jeunes au Sénégal selon l’entrepreneur Chérif Ndiaye

Fondateur de Sign Up, une entreprise de marketing, et promoteur de l’initiative Écoles au Sénégal, Cherif Ndiaye est un « entrepreneur social » sénégalais qui s’est lancé dans le monde de l’entrepreneuriat à l’âge de 30 ans.

Dans cette contribution vidéo, le professionnel de la communication, du marketing et de la finance partage avec nous son parcours d’entrepreneur, son initiative Écoles au Sénégal et ce qu’est l’entrepreneuriat social. Il nous parle des défis à relever par le système éducatif sénégalais, des raisons pour lesquelles les jeunes ont des difficultés à trouver un emploi et propose des solutions à ce problème.

L’entrepreneur nous explique pourquoi l’auto-emploi est une solution possible au chômage et comment procéder pour y parvenir. Il donne son avis sur la réalisabilité des promesses des politiques à propos de la création d’emplois. Il présente enfin le projet d’Écoles au Sénégal d’accompagnement et d’orientation des jeunes diplômés pour une meilleure insertion dans le monde professionnel.

Cherif Ndiaye et Ecoles au Sénégal

L'auto emploi est-il une réponse au chômage des jeunes ?

Pourquoi les jeunes ont des difficultés à trouver un emploi ?

Promesses politiques de création d'emplois

Qu'est-ce-que l'entrepreneuriat social ?

Quels sont les défis à relever pour le système éducatif au Sénégal ?

Ecoles au Sénégal et l'accompagnement des jeunes diplômés

Emploi des jeunes : la question de la qualité des dossiers de candidature

Anne Marie Befoune

La jeunesse est au cœur de tous les débats, en particulier celui sur l’emploi. La majeure partie des pays africains envisagent ou ont adopté des réformes qui favoriseraient la baisse du taux de chômage et du sous-emploi.

Les pouvoirs publics sont montrés du doigt et les gouvernements croulent sous les accusations. Il y a un sentiment d’abandon pour cette jeunesse livrée à elle-même sur le marché de l’emploi. Comment est-il possible que malgré toutes les entreprises nationales et internationales qui s’implantent dans la région, les taux de chômage restent élevés ? Je me suis posée cette question jusqu’à ce que j’aie l’opportunité de participer au processus de recrutement de stagiaires pour une organisation basée à Dakar au Sénégal. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes qui présentent leur candidature et les recruteurs qui les reçoivent. Le niveau de chômage peut être imputé à l’État, mais la qualité d’un dossier de candidature ne relève pas, a priori, de sa compétence.

L’organisation recherchait trois stagiaires. Les potentiels candidats disposaient d’une semaine pour soumettre leur dossier. Les trois profils étaient les suivants : un(e) stagiaire pour l’assistance à la gestion administrative, un(e) stagiaire pour l’assistance à l’infographie, un(e) stagiaire pour l’assistance à la recherche. Un code a été attribué à chacun des profils. Les candidats devaient le mentionner dans l’objet du mail portant leur curriculum vitae et leur lettre de motivation.

Le niveau de chômage peut être imputé à l’État, mais la qualité d’un dossier de candidature ne relève pas, a priori, de sa compétence.

Près de 519 mails ont été reçus. L’objet de près de 117 de ces mails ne portait ni le code, ni l’intitulé du poste sélectionné. Parmi ces objets, je peux citer : CV, Mon CV, Offre de service, Offre de compétence, Ma candidature, Candidature, Demande de stage, Candidature spontanée, Candidature au poste de stagiaire.

Certains candidats ne semblaient pas avoir lu l’annonce, car j’ai également pu lire : Candidature pour le poste d’archiviste, Chef d’équipe adjoint, Chercheur, Employé back office. Certains mails ne portaient aucun objet. L’objet de plus de la moitié des 390 mails environ restant ne portait pas les codes, mais plutôt l’intitulé des postes.

Le contenu des mails était très souvent surprenant : “Salut !! Mon CV en PJ”, “Monsieur le RH, je postule ma candidature au poste de stagiaire”, “Bonne réception !!!”, “CV en PJ” , “Cordialement”.  Certains mails ne contenaient que des pièces jointes, c’est-à-dire le curriculum vitae et la lettre de motivation, ou uniquement l’un des deux. Des candidatures pour des postes dans des entreprises ou dans d’autres organisations ont été transférées sans aucune modification. Il était possible de voir les adresses e-mail des destinataires.

La majorité des lettres de motivation n’étaient pas conformes aux différents modèles pour ce type de document : les critères de présentation n’étaient pas respectés et les textes portaient de nombreuses fautes d’orthographe et des coquilles. Les services proposés (marketing, rehausse de l’image de l’entreprise, valorisation des produits) n’avaient rien à voir avec l’annonce de l’organisation dont les activités tournent majoritairement autour de l’action et de la participation citoyenne.

L’école est certes un cadre de formation, mais on ne peut tout y apprendre. Les jeunes doivent être sensibilisés à une meilleure utilisation d’internet.

Sur plus de 500 candidatures, moins du cinquième respectaient les consignes spécifiées dans l’annonce et les règles en matière de présentation. Tous les postulants étaient pourtant des personnes diplômées, avec parfois une expérience professionnelle qui s’étend sur plusieurs années.

Les établissements publics, tout comme les établissements privés, ne proposent aucune initiation à la présentation de dossier de candidature, aucun accompagnement aux nouveaux diplômés en termes de préparation à l’entrée dans le monde du travail. La mission des conseillers d’orientation ne doit pas se limiter à la série que devrait choisir l’élève au secondaire ou à la filière qui lui conviendrait son diplôme d’études obtenu. Leur formation doit aller au-delà de l’accompagnement des élèves et inclure celui des étudiants.

D’un autre côté, les enseignants ne sont pas toujours à blâmer. L’école est certes un cadre de formation, mais on ne peut tout y apprendre. Pour un dossier de candidature sérieux, il est préférable pour le candidat de lire attentivement l’annonce, de ne pas se tromper d’intitulé de poste et de proposer des services dont l’entreprise ou l’organisation a besoin. Les jeunes doivent également être sensibilisés à une meilleure utilisation d’internet. Nous nous limitons trop souvent à son aspect ludique, pourtant c’est l’un des premiers moyens d’apprentissage dans les pays plus développés. La grande majorité de ces candidats aux dossiers rejetés ont des comptes Facebook, Whatsapp, Instagram, Viber, Twitter, Imo, Tango, Skype, Snapchat auxquels ils ont accès grâce à leurs téléphones, c’est-à-dire en permanence.

Ils serait avantageux pour eux d’utiliser cette connexion à des fins parfois plus utiles. Dans le cadre d’un dossier de candidature, il est possible de faire des recherches sur la présentation et le contenu d’un curriculum vitae et d’une lettre de motivation ainsi que du contenu du mail qui accompagnera le dossier. Il est également possible de trouver sur internet des astuces pour une candidature qui sortirait de l’ordinaire et aviverait l’intérêt des recruteurs. Les jeunes devraient pouvoir chercher et trouver par eux-mêmes des moyens de valoriser leurs compétences.

Photo: Nkul Beti Camer


Anne Marie Befoune

Camerounaise, Anne Marie Befoune est traductrice, diplômée de l’Advanced School of Translators and Interpreters de l’Université de Buea au Cameroun. Passionnée des questions de gouvernance et de participation citoyenne, elle est membre de l’équipe permanente de WATHI.

 

Labour formalization: the challenge of designing innovative and responsive incentives

Labour formalization: the challenge of designing innovative and responsive incentives

Raphaël Coin 

Africa’s informal economy is one of the most fascinating environments in the world, as craftsmen, clothing manufacturers and street vendors constantly push the boundaries of creativity and inventiveness to make a living. The informal sector is also a major source of employment for the continent’s inhabitants, as 80% of its labour force undertakes activities in this sector, including a majority of women and young people. But while occupations taking place within the informal economy tend to offer an opportunity for generating a reasonable standard of living, they also deprive their workers from a secure income, employment benefits, social protection, and representation in collective bargaining. This explains why self-employment in small unregistered enterprises and wage employment in unprotected jobs often overlaps with poverty.

Countries throughout the world that have experienced rapid economic growth and rapid urbanization have adopted a set of rules aimed at guaranteeing a decent income and working conditions to employees. In this process, the main challenge faced by policy-makers was to pass labour laws that could guarantee the protection and well-being of workers, without raising the costs of the regulatory burden on enterprises in a way that could compromise economic growth.

Labour law: a model inadequate to West African realities 

In West Africa, labour laws have existed since the end of the colonial period. In both French-speaking and English-speaking countries, a range of workers’ protections were copied almost word-for-word from the colonizers, including the right to strike, a limit of ten working hours per day, paid annual leave, free health care, and retirement pensions. Unsurprisingly, the measures specified in labour legislation have failed to translate into reality, as the excessive formalism of the law has clashed with the nature of professional relationships in Africa. For example, the rigid working hours and hierarchical relationships inherited from life in factories during the Industrial Revolution turned out to be grossly inadequate with African traditions of flexible schedules and a relationship of solidarity and reciprocal trust between employers and employees.

The informal economy that developed throughout the continent as a result of this mismatch between law and reality then became one of the subjects of the Structural Adjustment Programmes (SAPs) that were put in place by international financial institutions. Led to believe that an overly burdensome legal environment for entrepreneurs was the key factor keeping enterprises away from formality, Mali, Ivory Coast, Senegal and Cameroon all passed acts that emphasized the use of short-term and temporary work, and to ease the conditions of breach of contract. Despite high expectations, SAPs have largely failed to produce the expected outcomes as these flexibilities paved the way for decreasing real wages, increasing workers’ vulnerability, and the shift of many micro- and small-enterprises (MSEs, characterised respectively by less than 10 and 50 employees) towards the informal sector.

Unsurprisingly, the measures specified in labour legislation have failed to translate into reality, as the excessive formalism of the law has clashed with the nature of professional relationships in Africa.

As the mix of Western legal influences failed to take into account the specificities of firms operating within the informal economy, it is no surprise that the legislation, is rarely, if ever applied today. In Niger, despite the existence of two different social security schemes mandated to cover retirement pensions for both public and private sector employees, the participation rate is only 1.26% of the population over 60 years old.

Other countries in the region have used a different approach to labour law by excluding MSEs from various requirements. This is the case of Nigeria where enterprises that employ fewer than 50 people do not have to comply with the minimum wage of ₦18,000 (52,000FCFA) per month. Beyond the fact that the establishment of such threshold goes completely against the principle of equal rights for all workers, one might question the macroeconomic impact of these exemptions. Indeed, while this policy responds to the inability to meet certain short-term costs, the government also sends a signal against enterprise growth and job creation. Indeed, what is the incentive for the employer to engage a 51st worker if he is then forced by the law to apply minimum wage requirements to all of his employees?

Designing an innovative and responsive approach to labour legislation

Although the functioning of labour law in West Africa remains an imported concept, its main function of stimulating economic growth while protecting workers’ rights makes it a goal worth pursuing. This is why public policy should not be based on a choice between regulating and not regulating, but should focus instead on how to regulate. In this regard, the challenge is to find an innovative approach to regulation that encourages labour formalization.

A possible step in this direction would be to integrate a system of incentives for both employers and employees that goes beyond the mere application of sanctions for non-compliance. Economic policy instruments constitute very useful tools to promote State policy by altering the costs and benefits of the choices of actors within the informal economy. They may offer the reward of a subsidy or reduce the weight associated with taxation, in return for compliance. Again, the aim here is to replace coercion and control that have largely failed in West Africa with a system that offers market incentives in order to encourage a desired behaviour.

One of the main obstacles faced by employers operating informally lies in the complexity of business registrations and work-related procedures. In Sub-Saharan Africa, these administrative constraints can be extremely costly and time-consuming. Reducing the expenses associated with registering enterprises and simplifying the requirements for hiring workers by recognizing contracts with more flexibility should thus be considered an absolute necessity. Although such reform might seem difficult to enforce at first, it is interesting to see that other countries have made progress in this regard. In Peru, the Small Enterprises Law simplified access to legal formality through the introduction of the Unified Registration System, which was later reformed under the general Tax-Payers’ Registry. As a result, within 15 years, establishing a small industrial workshop in Lima went from requiring 11 steps, taking an average of 289 days at a cost of around US$1,321 to only five steps, an average of 30 days for no more than US$200.

A possible step in this direction would be to integrate a system of incentives for both employers and employees that goes beyond the mere application of sanctions for non-compliance.

Another strategy involves offering a range of benefits and rewards to those enterprises that recently underwent the path to formalization. Indeed, States may also provide incentives for MSEs owners to register by offering a variety of services and opportunities, such as preferential access to micro-credit institutions and tax exemptions during a pre-defined period . In 2010, the General Act on SMEs in Brazil created the status of “individual micro-entrepreneur” which, in addition to giving access to social security, medical care, and maternity leave in exchange of a single contribution, also facilitated their access to markets and credits. It is estimated that 3 million workers have been formalized in this way.

From the side of employees and self-employed workers, the possibility to obtain a form of social protection constitutes a strong incentive to formalize. But ill-designed or overly burdensome schemes such as the one in place in Niger, tend to increase the costs of compliance and thus discourage both employers and workers to comply with legislation. In this sense, giving beneficiaries the choice of affiliating with different branches according to their needs, from health insurance to monthly pensions to assistance with marriage and funeral expenses, as well as to their contributory capacity would be a highly innovative strategy. Adopting this logic, Welfare Funds have emerged in India in the late 1960s as a collective response to the insecurity and vulnerability experienced by workers. Within 30 years, 50% of workers from the informal economy in the State of Kerala became members of a fund in exchange for mandatory contributions and the scheme has recently been extended to the whole country.

Therefore, the challenge for States is to invent new institutions that offer to those working informally the chance to participate in the design of the regulatory environment in which they will try to operate.

The examples taken from Peru, Brazil, and India should be used as a source of inspiration for West African policy-makers. Together, they prove that a system of innovative incentives that attempt to lower the costs and raise the benefits of formalization can successfully solve the dilemma of labour laws. However, simply copying the legal matrix of a country that recently managed to formalize a large share of its labour force is not likely to produce the desired outcomes.

As seen by the failure of colonial endeavours to protect workers, laws are the very unique product of a society with a set of concepts and notions directly inspired from its own cultural and socio-economic realities. In other words, there is no one-size-fits-all solution when it comes to labour legislation. Therefore, the challenge for States is to invent new institutions that offer to those working informally the chance to participate in the design of the regulatory environment in which they will try to operate. This involves taking a responsive approach to regulation by considering the great diversity of workers’ status in the informal economy and the diversity of the activities they undertake.

A point of departure for an integrated approach to labour formalization

Although thinking about innovative and responsive amendments to labour legislation is important, another inter-related challenge lies in the creation of monitoring and compliance mechanisms that work. To put it differently, the application of labour law, in opposition to its scope and coverage, is critical. In many countries of the region, the lack of capacities in terms of financial resources but also in trained public servants, means that inspectors are often unable to control medium-sized and large enterprises, let alone smaller ones.

Again, examples from other countries can be used as a source of inspiration to overcome this problem. In Chile, owners of micro-enterprises in the clothing production sector who have failed to comply with occupational health and safety standards were offered to substitute a fine for a compulsory training course on how good working conditions can increase a firm’s productivity. In Burkina-Faso, the government has created the Directorate for the Promotion of the Informal Sector with the aim of facilitating MSEs entry into the formal economy through an emphasis on better inspection procedures. Although the creation of new agencies does not guarantee the effective application of the law, it does suggest that States with the necessary political will can develop bureaucratic approaches targeted at better law enforcement in MSEs.

Some countries are showing that the battle to make labour legislation more in line with reality is possible. In Liberia, a country where labour laws had remained unchanged since the 1950s, the Decent Work Bill was signed in 2015.

Undeniably, improving the scope and application of labour law will not be enough to face the immense task of youth unemployment in West Africa. Instead, what is needed is an integrated approach to the formalization of the workforce, with efforts made in providing vocational training programmes, easier access to credit, as well as sustained investment in infrastructure, and good governance reforms. But making labour laws match reality is a good point of departure for three reasons.  First, in a region where tax collection is low and economic activity often falls outside official statistics, labour formalization can act as a major catalyst for economic development. Second, the well-being of workers, in addition to being a good in and of itself, is likely to contribute to a more healthy and productive population.  Third, an increased application of labour legislation is bound to generate a greater respect for the law in the long-term and thus have a range of positive repercussions.

Some countries are showing that the battle to make labour legislation more in line with reality is possible. In Liberia, a country where labour laws had remained unchanged since the 1950s, the Decent Work Bill was signed in 2015. By forming a National Tripartite Council that includes informal workers, setting a minimum wage that varies depending on the occupation, and simplifying valid employment contracts, Liberian policy-makers have shown that designing a system of innovative and responsive incentives to encourage labour formalization was possible. It is now time for other countries of the region to take similar initiatives.

Photo: https://www.graspmag.org


Raphaël Coin

Raphaël Coin is a graduate in International Political Economy from King’s College London. His main research interests include the design of more participatory political institutions and innovative initiatives for citizens’ engagement in Sub-Saharan Africa.

Youth unemployment: how the combination of school and part-time work can be a game changer

Dieynaba Niabaly

In recent years, we talk about entrepreneurship as if it is the panacea that will end youth unemployment. Although it is undeniably an integral part of the solution, we must also devise other solutions. After all we can’t all be entrepreneurs. Entrepreneurship is a solution mostly geared toward young people who are at least 18 years old. But what is done upstream, before the university level? Do we encourage certain practices in younger people who are still in high school to foster both an entrepreneurial spirit and a strong work ethic in them?

Part-time work in high school can offer new insights for youth employment. In many countries, especially the most developed, it is customary for high school students to study and work part time. This work can be remunerated or volunteer. Meanwhile in Senegal, it is unheard-of for most young people to work while in high school, not even during vacations. Teens from rural areas do come to the capital on summer vacations to work mostly as domestic workers and hawkers. This is not however what I discuss here, as this type of work is done informally for the most part.

If young people have the opportunity to work before college, they will be better equipped and prepared—instead of feeling parachuted in a job after college, without any previous work experience—as they pursue higher education and eventually get more specialized jobs.

In Senegal, the rarity of formal, regulated part-time work for teens can be explained by both socio-cultural and systemic factors. It is simply not part of the social norm to work while being a student. Most 16 year olds believe they are too young to think, or rather worry, about working. Not surprising because they are taught to rely entirely on their parents for financial support until they get a higher education degree and a job in their field of study.

Most Senegalese view study and work as mutually exclusive, particularly before college. Study and work have to happen chronologically: study first, then work. Our society also seems to reinforce the idea that one must necessarily work in their field of study. Therefore part-time jobs such as cashier, babysitter, waiter, and janitor are frowned upon and considered lowly jobs that only uneducated people should do. These tacit social standards foster a wait-and-see mindset in young people who do not explore their creativity or try to gain any professional experience before college.

Not only can part-time work provide a certain level of financial autonomy to young people (when it is remunerated), it also has other invaluable benefits. The popular saying “learning from experience is better than learning from books” is ever so relevant. Indeed, we have many brilliant students and college graduates who have countless degrees yet, once they are put on the job, are clueless and completely inefficient because they never had a real-life professional experience.

What we learn in school is not what we need or will use on the job. By making young people focus solely on studying, we deprive them of significant opportunities to acquire new skills and gain experience. If young people have the opportunity to work before college, they will be better equipped and prepared—instead of feeling parachuted in a job after college, without any previous work experience—as they pursue higher education and eventually get more specialized jobs.

More than the pecuniary aspect, part-time work constitutes a rite of passage into adulthood through familiarization with the work life and acquisition of crosscutting soft skills that can be useful for future professional and personal endeavors. These include the development of a heightened sense of responsibility, independence, initiative, time and money management but also a much-needed experience in writing resumes and cover letters as well as preparing for interviews. Furthermore, it allows young people to explore different career paths and become more aware of their interests, which can help them make an informed decision about whether they want go to college, what they want to major in, or even decide to venture into entrepreneurship.

The government would have to revise the current labor code in order to regulate the working hours, wages, and types of work students can do.

Considering all these benefits, how do we create an environment that is more enabling of youth part-time work?

With the current education system in Senegal where students virtually have classes from dawn to dusk, Monday through Saturday, it is difficult to encourage them to have productive extra-curricular activities such as part-time paid or volunteer work. It would thus be wise for the government to adjust school hours to accommodate these activities. The government would also have to revise the current labor code in order to regulate the working hours, wages, and types of work students can do.

In addition, it will need the cooperation of companies in the public and private sector as well as nonprofit organizations. They could review their hiring policies and offer students jobs that don’t require specific experience or expertise. In the initial phase, we could envision a partnership between all these parties in the form of a rewarding system in which the best students are given the priority in the hiring process, which could represent an incentive for the other students to perform better in school. If part-time work is to be implemented, there should be campaigns to raise awareness about the benefits of engaging in professional activities while in school, regardless of the field of study.

To tackle youth unemployment, we must think outside of the box and have a more holistic approach that allows the testing of diverse and creative solutions. I believe part-time work can be a game changer in youth employment as it can prevent uninformed career choices, boost entrepreneurial spirit, build relevant skills employers look for, and in a nutshell, give young people a great head start in work and life.

Photo: Sarah Farhat/World Bank


Dieynaba Niabaly

A graduate in International Relations and Gender Studies from Minnesota State University, Mankato, Dieynaba Niabaly is a  member of WATHI’s team. Her interests include youth education, rural development, and gender.

Entrepreneurship’s image problem

Alinta Geling & Marije Balt

Youth entrepreneurship has become the new buzzword when talking about job creation strategies. Given the structural lack of waged jobs in Africa, young people will have to create jobs for themselves. Entrepreneurship is an opportunity. With the right mentors, resources, and support, ideas can become reality and earn an income. However, in many African countries, entrepreneurship is not considered an opportunity but rather a necessity. To unleash the potential of youth entrepreneurship we need to start with the youth. What is holding them back?

Youth entrepreneurship has an image problem. For most young people, entrepreneurship is a matter of last resort. Unable to find a job in the government or private sector they end up in the informal sector; becoming an entrepreneur because there is no other choice. This type is called the ‘survival’ entrepreneur, being the vast majority of entrepreneurs in Africa. This entrepreneur has little interest, nor opportunity to grow and become successful because he is actually waiting for something better to come. For those, entrepreneurship is not considered an opportunity. This is not only true for low educated youth. The higher the education, the higher the expectations for finding a good job are. Those expectations are almost exclusively focused on securing a stable waged—preferably public sector—job. Becoming an entrepreneur is perceived as an inferior option.

Becoming an entrepreneur is perceived as an inferior option.

In recent years engaging young people in agriculture has become a priority in many job-creation initiatives by development actors. It would offer pathways to entrepreneurship and market opportunities. However, few young people see a future for themselves in agriculture or rural areas. Is it really worth investing in pathways young people do not aspire to themselves?

Clearly, young people enter the labor market with social and cultural stigmas attached to them that limit their job search more than a lack of qualifications. Does this mean we should discard youth entrepreneurship in Africa? No, certainty not. But it does mean that programs promoting youth entrepreneurship should be better informed by young people’s aspirations.

A job or skills training strategy alone—without a concurrent vision to address these barriers—will be inadequate to improve youth employment outcomes.

Interventions aimed at improving youth employment outcomes must be aligned with the hopes and ambitions of young people. Young people’s aspirations should inform job creation strategies. Too many policy strategies operate under the flawed assumption that for young people any job is better than no job. No matter what the target group, the success of a youth employment program depends on whether the intended beneficiaries actually aspire to the type of jobs on offer. A job or skills training strategy alone—without a concurrent vision to address these barriers—will be inadequate to improve youth employment outcomes.

There is no room for creative thinking and practical skills at universities, let alone in secondary and basic education.

An important avenue to overcome the entrepreneurship stigma is education. Much can be done to improve entrepreneurship’s image in schools and universities. Most education in Africa is geared towards administrative government jobs. There is no room for creative thinking and practical skills at universities, let alone in secondary and basic education. Vocational education is regarded as inferior to sciences by society, family, and youth themselves. From the very beginning youth should be better guided to identify their vision, talent, and ambition. By doing this before they enter university they can select the appropriate educational track according to what really drives them, instead of following the masses to educational tracks destined for administrative government jobs.

If entrepreneurship becomes a dream for many, it might become the vehicle towards those structural changes.

Of course, improving the image of entrepreneurship is only a first step. However, young people who do have the ambition to become entrepreneurs face severe obstacles. They often have limited access to finance and business opportunities, nor by the local private sector or by the government. Procurement lacks transparency and generally favors connected and more experienced entrepreneurs rather than young, creative entrepreneurs without connections. Moreover, many young people lack the skills or the education to become successful as an entrepreneur or are obliged to share revenue that could have been reinvested in their company. There is a whole business environment that needs structural reform and better governance. Yet, if entrepreneurship becomes a dream for many, it might become the vehicle towards those structural changes.

This blog was informed by research by SpringFactor Research & Consultancy. Find more at www.springfactor.org.

Photo: https://blogs.state.gov/


Alinta Geling & Marije Balt

Alinta Geling is a Dutch graduate student in International Security at Sciences Po Paris. She has interned with the International Crisis Group in Dakar and will start a new job in Mali working with youth in agriculture. She is contributing to research on the drivers of youth migration for SpringFactor Research & Consultancy.

Marije Balt is development expert and former diplomat in Africa, engaged in peacebuilding and conflict transformation since 1995. Her geographical expertise is Africa, from the Sahel to Somalia. Apart from being director at SpringFactor, she shares her expertise on international organisations, security, development, and human rights as a teacher at Webster University, providing students with both theoretical and practical insights.

A call for data to solve the youth employment challenge

A call for data to solve the youth employment challenge

Talya Lockman-Fine

There are currently wide gaps in the available data on youth employment in Africa. In recent years, good data has become increasingly available. The 2012 African Economic Outlook, focused on “Promoting Youth Employment,” includes data on both unemployment and vulnerable employment and provides statistics disaggregated by age, gender, and education-level, as well as by country income group. Vulnerable employment refers to those who are employed under precarious circumstances as indicated by the status in employment and/or the numbers of hours worked.

There are currently wide gaps in the available data on youth employment in Africa.

The International Labour Organization (ILO) has reported increasingly complete country-level data. But there are still significant gaps. On the national level, the extent and frequency of data collection efforts varies significantly, undermined by low levels of statistical capacity. Where data is available, it is often not sufficiently comprehensive: measuring youth unemployment, but not vulnerable employment, for example. On the regional and continent-level, comparing across countries or aggregating data is made difficult by the lack of common definitions: the youth age bracket differs by country, as do definitions of what constitutes unemployment.

This gap limits successful solutions to the youth employment challenge. Among the many aspects of the youth employment challenge, the lack of good data has received comparably little attention. But poor data is a significant problem, contributing to an oversimplified picture that decreases the likelihood of sufficiently nuanced solutions. For a straightforward example: low rates of unemployment in a particular country often mask high rates of vulnerable employment, itself associated with employment in the informal sector, as well as with incomes that are lower and more volatile.

This gap limits successful solutions to the youth employment challenge.

If there is data on unemployment but not on vulnerable employment, those active in the space focus on the former at the expense of the latter. Proposed solutions are skewed toward increasing formal job creation as opposed to addressing the challenges of informality, thus disadvantaging large numbers of youth. As this example shows, there is in fact a need not just for more data, but to think critically about what data is needed and how it can be put to use.

The problem of missing data means a need for greater investment and support to statistical capacity building.

The problem of missing data means a need for greater investment and support to statistical capacity building. While not typically considered among the most promising solutions to the youth employment challenge, ongoing efforts by the African Development Bank and ILO, among others, to provide financial and technical assistance to national bureaus of labor have the potential to amplify the impact of other interventions and should be expanded. This proposal is aligned with broader trends: the fact that many of the recently announced indicators for the Sustainable Development Goals currently lack good data behind them will hopefully elevate data collection to the forefront of the development agenda in the coming decade.

The search for better data must also infuse program design.

The search for better data must also infuse program design. Statistical capacity building efforts are crucial, but they take time. This means a need for better data collection at the level of individual interventions. Across youth employment interventions, data is insufficiently addressed: too few baselines are established, and monitoring and evaluation are often thrown around as buzzwords instead of being supported by realistic plans for how indicators will be tracked and analyzed. Of course, meaningful monitoring and evaluation depends on a lot more than data, but data is a start, and the lack of it can doom the most well-planned impact evaluation. And while the need for data applies to much more than the youth employment challenge, the multiplicity of actors in this space and the wide range of interventions being implemented on the national, regional, and continent-wide levels is a prime opportunity for data generation, not just about employment, but about a range of related development issues.

Better data collection concerns everyone.

Better data collection concerns everyone. Obtaining good data must be a top down initiative – supported by institutions who commit to funding it and governments with political will for capacity building in this area. But better data also depends on those designing programs incorporating data collection into program design, on those implementing programs carrying out these plans effectively, and, perhaps most crucial but least often done, on those whom interventions seek to target – the youth themselves – being engaged in shaping the discourse on what data meaningfully represents the challenges they face.

This is not to say that data is everything.

This is not to say that data is everything. Data is important only in so far as it helps to build a nuanced picture of the reality of youth employment in Africa today while recognizing that it only represents one way of understanding that reality. But in a context in which understandings of the issue at hand are often rooted in numbers, and where numbers are affecting the scope and nature of interventions, we need to invest in thinking about what numbers we care about and how to get them.

Photo: http://www.theguardian.com/


Talya Lockman-Fine

Talya Lockman-Fine is a consultant with Dalberg Global Development Advisors, working in the Dakar office. Her interests include capacity development, including for government institutions, and social and legal services for asylum-seekers and refugees.

Quel type d’emploi souhaite-t-on pour les jeunes et pour quel modèle de société ?

Quel type d’emploi souhaite-t-on pour les jeunes et pour quel modèle de société ?

Sam Messavussu

Que ce soit en Afrique, en Europe, la jeunesse rencontre des problèmes au niveau de l’emploi. Face au capitalisme, à la mondialisation, la jeunesse affronte un monde où les règles sont définies par leurs aînés. A travers le système scolaire, il nous est promis un emploi de bureau dans une grande entreprise ou un emploi de fonctionnaire. On nous dirige également vers des métiers non manuels car ceux-ci sont laissés à ceux qui montrent le moins de talents.

Avec les avancées technologiques et la robotisation, avec les évolutions de l’économie mondiale, avec les nouvelles interrogations liées à l’écologie et à la santé, on peut naturellement se demander si le modèle de société que l’on nous promet est celui que la jeunesse doit adopter. A-t-on vraiment la possibilité de choisir son mode de vie et ce, peu importe, la société dans laquelle on vit ?

Travailler afin de gagner de l’argent (voire beaucoup d’argent), avoir une grande maison ou se loger en centre ville, arpenter les supermarchés pour s’alimenter, conduire une grosse voiture. Voilà ce que l’on nous vante comme étant la réussite dans la société (en Afrique ou en Europe) mais est-ce que cela nous garantit réellement un confort de vie ?

Un jeune de banlieue en France qui n’a pas d’emploi, qui n’a pas fait d’études poussées et qui est trop jeune pour profiter des aides sociales ne se sentira pas plus riche qu’un jeune sans emploi à Lomé, Dakar ou dans une autre ville d’Afrique.

Les revenus que l’on gagne sont à mettre en opposition au coût de la vie, on parle alors de pouvoir d’achat. Le fait de vivre dans un pays dit riche ou développé, ne garantit pas que l’on vive correctement. Un jeune de banlieue en France qui n’a pas d’emploi, qui n’a pas fait d’études poussées et qui est trop jeune pour profiter des aides sociales ne se sentira pas plus riche qu’un jeune sans emploi à Lomé, Dakar ou dans une autre ville d’Afrique. De la même façon, un jeune bénéficiant d’aides sociales (comme le Revenu de solidarité active ou l’Aide personnalisée au logement) en France mais ayant un loyer d’un montant équivalent rencontrera des difficultés à boucler ses fins de mois.

Le ressenti de la jeunesse peut être partagé dans le monde entier face à un taux de chômage qui augmente et un sentiment général d’abandon par la société. C’est ainsi que l’on mesure désormais le bonheur qui tient compte de données plus large (espérance de vie, corruption, liberté etc.).

Comme autre réflexion, on peut évoquer la qualité de travail que l’on souhaite lorsque l’on accède à l’emploi. Le modèle de vie qui nous est vanté nous incite à travailler sans cesse pour gagner de l’argent mais on peut légitiment se demander si cela nous permet de « profiter » de la vie. Entre passer tout son temps à travailler pour gagner beaucoup d’argent et travailler un minimum mais pouvoir profiter de la vie, avoir des loisirs, quel mode de vie peut choisir notre jeunesse si elle a le choix ?

L’exode rural comme illustration des problèmes économiques

Sur des nombreux continents, on assiste à une désertification des campagnes. Les populations préfèrent gagner la ville synonyme de réussite sociale et d’assurance d’un meilleur niveau de vie. Les campagnes se sont appauvries face à la mondialisation qui a poussé à effectuer des cultures pour l’agriculture intensive (qui a de surcroît appauvri les ressources naturelles) et les promesses de richesse des cours mondiaux.

L’offre d’emplois s’est alors concentrée sur les villes. Cette désertification a augmenté la main d’œuvre disponible dans les villes. Cette main d’œuvre survit de petits boulots (taxi et moto-taxi zémidjans à Lomé au Togo ou à Cotonou au Bénin) et essaye d’envoyer de l’argent à la famille restée à la campagne. Cette offre d’emploi est cependant limitée. L’offre de services des grandes sociétés ou de l’Etat n’est pas illimitée et il est difficile de créer de nouvelles activités.

L’offre de services des grandes sociétés ou de l’Etat n’est pas illimitée et il est difficile de créer de nouvelles activités.

Les nouveaux métiers créés sont les mêmes dans le monde entier et concernent essentiellement les nouvelles technologies ou profitent de la mouvance DIY (Do it yourself) mais ces métiers ne sont pas accessibles à tous. Les entreprises et les politiques n’ont pas toujours les capacités de créer les emplois attendus par la population. On constate un décalage entre les qualifications obtenues par la jeunesse et celles exigées par le monde du travail.

Il faudrait donc trouver des alternatives afin d’obtenir l’éducation nécessaire pour mieux appréhender les opportunités d’emplois ou avoir la réactivité requise (partage des connaissances, l’utilisation des cours en ligne Massive Open Online Course ou MOOC, etc.) ou adopter des modes de vies qui feraient de l’emploi un élément moins vital au quotidien.

Le retour à une agriculture vivrière comme choix de vie 

L’exode rural était guidé par des conditions défavorables en campagne qui ne permettaient pas s’assurer le minimum vital en raison d’une monoculture de production. La création d’emplois peut passer par la revalorisation dans un premier temps de cette agriculture qui permet de garantir un minimum de confort de vie, c’est à dire permettre aux gens de s’alimenter.

Le fait d’abandonner ces cultures intensives au profit d’une culture vivrière est dans un premier temps un changement de modèle économique. Cela demande une diversification des cultures de façon à garantir les aliments nécessaires (céréales, légumes, viandes, volailles, poissons etc.) aux populations. Cela peut être initié par des individualités (chacun possède son petit jardin ou son poulailler par exemple) ou organisé sous la forme de coopératives. L’excédent de production peut être revendu pour couvrir les besoins qui ne pourraient pas être apportés par les différentes cultures.

Ce changement de modèle économique oblige à minimiser l’importance de l’argent et à favoriser des modes moins consommateurs en ressources.

Pour cela, nous avons l’exemple du centre Songhaï au Bénin où des nombreuses associations créent des fermes d’élevage de poissons de type tilapia. Des structures se mettent en place et les jeunes se forment à ces nouveaux modèles.

Ce changement de modèle économique oblige à minimiser l’importance de l’argent et à favoriser des modes moins consommateurs en ressources (l’agriculture locale limite les besoins en carburants par exemple). Le but n’est pas commercial mais il s’agit de privilégier l’autosubsistance. Ce modèle ne dépend pas de grandes sociétés ou de l’Etat. C’est aux individus de se prendre en main pour créer leur emploi. S’il fallait fédérer ce genre de pratiques, cela passerait par des coopératives ou par des mécanismes de location de lopins de terre par exemple ou de la location de matériel.

Cela va devoir aussi passer par un changement de mentalité par rapport au travail du sol ou manuel qui peut être considéré comme dévalorisant et aussi par le développement d’initiatives qui pousseront la jeunesse à moins dépendre de l’Etat.

Photo: https://www.irinnews.org/


Sam Messavussu

Sam Messavussu est informaticien spécialisé dans le web, la gestion de projet ou le monde du libre. D’origine togolaise et vivant en France, il apporte sa double culture à ses différentes passions telles que les technologies de l’informatique, l’écologie ou le développement durable.

L’épineuse question de l’emploi des jeunes au Cameroun

L’épineuse question de l’emploi des jeunes au Cameroun

Marco Mbilla

Les pays africains sont aujourd’hui confrontés à l’épineux problème de l’emploi des jeunes. Au Cameroun, il connait des proportions inquiétantes. Malgré les efforts de l’Etat et ses tentatives pour apporter des réponses, le chômage des jeunes persiste. La démographie galopante est un effet amplificateur de la question de l’emploi car les jeunes constituent un segment important sur le marché du travail.

Si nous nous penchons un peu sur les chiffres, selon l’Institut national de la statistique (INS), le Cameroun abriterait entre 4,5% et 5% de chômeurs pour une population d’environ 20 millions de personnes (http://bit.ly/1XB4Z6k ). Ces taux représentent près d’un million de personnes qualifiées en quête d’un emploi. Dans les grandes métropoles telles que Yaoundé et Douala, le taux de chômage est estimé à 17% de la population active et plus de 70% de ces personnes sont en situation de sous-emploi. (http://bit.ly/20KAnRK ).

Selon le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), 100000 nouveaux demandeurs d’emploi arrivent chaque année sur le marché du travail. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont «malheureusement» les plus nombreux dans cette cohorte. En milieu urbain, le chômage touche plus les diplômés ayant suivi un cursus académique général que ceux qui ont reçu un enseignement technique ou professionnel.

Le constat est clair : la question de l’emploi des jeunes nécessite bien plus que de simples reformes. L’Agence camerounaise Arch, spécialisée dans les études et conseils en management de ressources humaines, s’est penchée sur la question de l’accès à l’emploi afin de déceler les failles et proposer des solutions. Une enquête effectuée de juin 2015 à janvier 2016 incluant toutes les couches sociales et toutes les personnes en âge de travailler a permis de recueillir des informations sur le secteur le plus propice à la création d’emploi, les moyens utilisés pour la communication des offres, les critères qui prévalent dans le processus de recrutement, la ruée des jeunes vers le secteur public, la part de responsabilité des organismes privés, etc. La question de la résolution du chômage des jeunes se pose à plusieurs niveaux.

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D’après cette étude, les offres d’emplois sont majoritairement annoncées sur internet. Le faible taux de pénétration d’internet dans le pays est donc un handicap pour de nombreux demandeurs d’emploi. Le Cameroun compte pourtant quatre opérateurs dans le secteur des télécommunications. Ces derniers devraient faciliter l’accès à internet aux jeunes dans leur recherche d’emploi.

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Comment envisager des réponses idoines si la première source de recrutements est la recommandation? Ce système va à l’encontre du mérite et a des conséquences négatives sur la perception des jeunes de leurs chances de trouver un emploi par eux-mêmes.

En ce qui concerne les améliorations dans le domaine de l’emploi des jeunes, l’étude révèle que 81,5 %  des personnes interrogées pensent que des actions doivent être entreprises au niveau de la communication. 71,2 % de ces personnes privilégient la révision des procédures de recrutement car l’accès à l’emploi reste encore réservé à certains groupes selon l’ethnie, l’école fréquentée ou encore le parrainage.

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Selon des chiffres annoncés par le ministère des Relations extérieures, 38 000 jeunes Camerounais effectuent des démarches pour obtenir un passeport. Nombre d’entre eux ont pour objectif de quitter le pays. Les raisons du départ semblent plus ou moins claires et justifiées. La vulgarisation de l’entrepreneuriat devrait cependant diminuer la nécessité de recourir à l’émigration.

L’entrepreneuriat constitue une opportunité pour les jeunes de s’insérer dans la vie active. Cette option est de plus en plus prisée par les jeunes Africains pour échapper aux contraintes liées au marché de l’emploi. Le gouvernement camerounais devrait davantage accompagner les jeunes vers cette voie en mettant à la disposition des porteurs de projets les moyens et financements nécessaires.

Des fonds sont créés sur le continent afin de soutenir les initiatives des jeunes dans le domaine de l’agriculture et de l’économie numérique. Lors de la journée de la jeunesse le 11 février 2016, le président camerounais Paul Biya a annoncé une enveloppe de 102 milliards de Francs CFA pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes. Le ministère des Postes et des télécommunications porte une attention particulière sur les projets proposés par les jeunes et dans le domaine de l’économie numérique.

Les États africains sont dans une situation d’urgence quant à la question de l’emploi des jeunes. La baisse du niveau de chômage des jeunes nécessite des réformes courageuses et une nouvelle approche des gouvernements. Le secteur privé doit impérativement être associé aux stratégies des États. La promotion de l’entreprenariat et de l’auto-emploi permettra également aux jeunes porteurs de projets de participer à l’essor de l’économie de leurs pays.

Photo: www.cameroun24.net


Marco Mbilla

Marco Mbilla est un entrepreneur social camerounais, fondateur de l’agence de conseil, de coaching et d’études Arch Agence.