Catégorie : wathinotes mai/juin 2016

Wathinote: Pourquoi avons-nous peur de nos langues nationales ? , Mamadou Ibra Sy

Pourquoi avons-nous peur de nos langues nationales ?

Mamadou Ibra Sy, flamonline.com

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FRANÇAIS

Si vous prenez un enfant Africain qui généralement entre à l’école à l’âge de 7 ans pour commencer l’étape d’acquisition de l’instrument de la connaissance, il lui faudra attendre l’âge de 11 à 13 ans avant qu’il ne soit prêt pour apprendre la réalité de la connaissance. Ces 4 à 6 ans passés à étudier l’anglais, le français ou l’arabe constituent en effet 4 à 6 ans de retard dans la marche vers l’acquisition de la connaissance.

Donc comparé à l’enfant Français, Arabe ou Américain, l’enfant Africain qui amorce l’étape d’acquisition de l’instrument de connaissance traine un déficit énorme, déficit qui pourrait déterminer sa place dans la société de demain, fossiliser son avenir et poser les jalons d’une discrimination certaine dans le futur.

La langue doit être perçue comme le moteur ou véhicule de la connaissance ; elle ne doit jamais constituer un obstacle, un rideau de fer à la connaissance. La langue doit faciliter la marche vers l’acquisition de la connaissance au lieu de l’enfreindre comme tel est le cas dans nos systèmes éducatifs africains.

Les neuroscientifiques américains ont pu démontrer qu’au-delà de 6 ans, ce qu’ils appellent « Window of opportunity », ou intervalle de temps durant lequel l’acquisition d’une langue étrangère est plus facile, commence à se fermer progressivement. Cela veut dire que l’enfant apprend les langues étrangères avec plus de difficultés. Ce qui va surement retarder l’acquisition de la connaissance chez l’enfant africain.

L’enfant africain perd ainsi doublement : il passe un temps énorme à apprendre l’outil de communication et non la connaissance, il le fait au moment où la fenêtre des facultés d’acquisition de cette langue est neurologiquement en train de se fermer.

Ces études neuroscientifiques montrent l’ampleur du mal en Afrique de manière globale. En d’autres termes, pourquoi demander à un enfant qui a déjà les prédispositions pour accéder à la connaissance de faire un détour linguistique de quelques années avant d’arriver à la réalité de la connaissance ? L’enfant maîtrise déjà l’instrument de connaissance et est prêt pour la connaissance. Entendons-nous bien, par langue étrangère, nous faisons allusion à toute langue autre que celle parlée dans l’univers immédiat où évolue l’enfant.

Les Négro-africains de la Mauritanie ne rejettent pas l’Arabe en tant que langue, mais plutôt son usage comme arme politico-culturelle darwinienne. Ici apparaît la discrimination. Il faut comprendre cette logique pour comprendre les dangers de la politique d’arabisation initiée par les autorités. Elle est une réponse calibrée et sélective pour seulement une portion de la jeunesse mauritanienne ; elle adresse uniquement le challenge que les enfants maures vont rencontrer s’ils doivent étudier la langue de Molière.

L’arabisation est de ce fait une réponse politique et discriminatoire dès lors qu’elle résout le problème d’une catégorie sociale et maintien l’autre défavorisée. Vue sous cet angle, l’arabisation est un crime politique et un élan génocidaire culturel et linguistique.

Et bien sûr nous ne disons pas qu’il ne faut pas apprendre les autres langues ; bien au contraire. La langue fait de la diplomatie mieux et plus que les meilleurs diplomates. Mais ce que nous pensons c’est que les connaissances de base peuvent et doivent être enseignées en langues nationales, parallèlement à l’acquisition des autres langues. L’erreur à éviter, a notre avis, c’est de faire de la langue étrangère une condition primaire à l’acquisition de la connaissance.

Nos populations et l’Etat mauritanien doivent comprendre que l’enseignement des langues nationales, et de toutes nos langues nationales, est la voie la plus sure pour sortir de la situation actuelle et pour finalement enseigner à nos enfants la réalité de la connaissance. Il faut comprendre que si la culture est le grenier des sociétés humaines, la langue constitue la clef pour y accéder et le cadenas pour préserver ces cultures. Nous avons déjà perdu 50 ans ; nous pensons que cela est assez.

Nous demeurons en effet convaincu que toute réflexion sur le système éducatif en Mauritanie et dans le reste de l’Afrique doit passer forcement par la valorisation des langues nationales, de toutes les langues nationales. Nos langues constituent la voie la plus sure pour accéder à la connaissance.

 

ENGLISH

If you look at African children, who usually enroll in school at the age of 7 years to start the step of knowledge acquisition, they have to wait until the ages of 11 to 13 years to be ready to learn the reality of knowledge. These 4 to 6 years spent studying English, French or Arabic represent a major delay in the acquisition of knowledge.

Compared to the French, Arab or American children, African children who begin the phase of acquisition of the knowledge instrument lag far behind. This could determine their future place in society, fossilize it and lay the groundwork for discrimination in the future.

Language must be perceived as the engine or vehicle of knowledge. It should never be an obstacle, an iron curtain that blocks knowledge. Language should facilitate progress towards knowledge acquisition instead of hindering it, as is the case in our African education systems.

The American neuroscientists have demonstrated that beyond 6 years, what they call “Window of opportunity”, or time interval during which the acquisition of a foreign language is easier, starts to close gradually. This means that beyond that age, children learn foreign languages with more difficulty. This will probably delay the acquisition of knowledge by the African child.

African children lose doubly: they spend a great amount of time learning the communication tool instead of the knowledge and they do it at the time when the window of the language-learning ability is neurologically closing.

These neuroscientific studies show the seriousness of the issue in Africa. Why ask a child who already has the predisposition to access knowledge to make a linguistic detour for a few years before getting to the reality of knowledge? The child has already mastered the instrument of knowledge and is ready for the knowledge. Let us be clear, by foreign language, we refer to any language other than that spoken in the immediate universe where the child develops.

The black Mauritanians do not reject Arabic as a language but rather its use as a Darwinian politico-cultural weapon. From there comes discrimination. We must understand this logic to understand the dangers of the Arabization policy initiated by the authorities. It is a calibrated and selective response for a portion of the Mauritanian youth; it only addresses the challenges Moorish children will face if they are to learn the language of Molière.

Arabization is therefore a political and discriminatory response as it solves the problem of one social group while keeping the other disadvantaged. From this perspective, Arabization is a political crime, and a cultural and linguistic genocide.

Of course we are not saying that we should not learn other languages, on the contrary. Language is better at diplomacy than the best diplomats. However, we think that basic knowledge can and should be taught in national languages, concurrently with the acquisition of other languages. The mistake to avoid, in our opinion, is to make foreign languages a primary condition for the acquisition of knowledge.

Our people and the Mauritanian government must understand that the teaching of national languages is the surest way out of the current situation and to finally teach our children the reality of knowledge. We must understand that if culture is the breadbasket of human societies, language is the key to access it and the padlock to preserve these cultures. We have already lost 50 years and that is enough.

We indeed remain convinced that any reflection on the education system in Mauritania and the rest of Africa must necessarily go through the promotion of national languages, all national languages. Our languages are the surest way to access knowledge.

Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat du mois. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

The Wathinotes are either original abstracts of publications selected by WATHI, modified original summaries or publication quotes selected for their relevance for the theme of the Debate of the Month. When publications and abstracts are only available either in French or in English, the translation is done by WATHI. All the Wathinotes link to the original and integral publications that are not hosted on the WATHI website. WATHI participates to the promotion of these documents that have been written by university professors and experts.

Wathinote: Culture africaine, identité culturelle, développement, dialogue des cultures, Ibrahima Baba Kaké, 1985

Culture africaine, identité culturelle, développement, dialogue des cultures

Ibrahima Baba Kaké, Ethiopiques numéros 40-41, 1985.

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FRANÇAIS

Nous sommes dans une période de crise de civilisation qui est le résultat d’une crise de culture. Une question qui revient constamment c’est de savoir si l’Afrique a une culture propre et à quoi peut servir celle-ci. Mais au fond qu’est-ce que la culture ? Le caractère universel de la culture, diverse cependant en ses incarnations dans le temps et dans l’espace, en fait le patrimoine de tous les hommes donc des peuples d’Afrique.

La culture africaine fut longtemps niée dans la mesure où l’on parlait de sauvage au lieu de cultures. Les historiens nous enseignent que le Noir est au centre même d’un miracle qu’il faut avoir la loyauté de mettre à sa place, c’est le miracle égyptien. Nous dirons le « miracle nègre ». Pendant toute la période égéenne, l’influence culturelle nègre a été prédominante à un moment où les Blancs étaient des plus frustes et il faudra attendre des millénaires pour que les Indo-Européens puissent valablement profiter des leçons de l’Egypte nègre.

Par quel processus le Noir africain a pu rompre avec ce passé si chargé de lumières ? Les guerres et l’éclatement de l’ordre social, la surpopulation ont entraîné le long du Nil des exodes successifs vers l’intérieur du continent africain. Les prodigalités de la nature ont entraîné à long terme le manque d’effort, lui-même générateur des lenteurs ou des régressions de toute civilisation. La rupture avec la culture d’origine et, à la faveur de l’absence de besoin, la perte des éléments essentiels ont imposé une orientation culturelle particulière plus conforme au milieu.

Il faut ajouter à cela l’effet de la colonisation d’apparition récente. Il est significatif que pour s’implanter l’Occident dût partout commencer par détruire la culture des Noirs : suppression des statues interdiction des rites sacrés, désagrégation de l’ordre social millénaire ont procédé du même impérieux besoin de faire le vide culturel. On remplaça par des fonctionnaires, simples rouages d’une machine technique – l’administration – les chefs traditionnels qui étaient le couronnement de l’édifice culturel.

L’essentiel de ce qui constitue la culture africaine contemporaine, autrement dit les thèmes développés dans la littérature, les arts, la musique, le cinéma, le théâtre, manque souvent de pertinence et d’enracinement. Tout se passe en effet comme si les créateurs de cette culture écrivaient, peignaient, sculptaient, pour restituer à un certain public occidental l’image que celui-ci se faisait de leurs peuples et assouvir son besoin d’évasion.

Utilisant les grands moyens modernes de diffusion, cette culture marginale et exotique, artificielle, urbaine et artistique risque ainsi d’étouffer le patrimoine culturel authentique du peuple et de se substituer à lui. Un nouvel ordre social, surgi d’une puissante civilisation d’importation avec ses critères de référence et de valeur, a fait ainsi son apparition ne tolérant et ne diffusant que certaines activités et caractéristiques culturelles résiduell­es de l’Afrique éternelle, comme la danse, les gestes expressifs, le pouvoir de fabulation, la religiosité, l’enthousiasme discontinu…

La culture négro-africaine, ce n’est point ce syncrétisme qu’a­ffectionnent et encouragent les médias des pays occidentaux voire des nouveaux États africains. Le rôle primordial de la culture africaine, faut-il le rappeler a toujours été d’enseigner une certaine idée de l’homme et de la nature et de contribuer à l’harmonie de leurs relations.

L’identité culturelle d’un peuple, c’est le droit qu’il a de rester lui-même envers et contre toutes les formes d’assimilation et de cultures du monde contemporain. Ces forces jouent le plus souvent en faveur des pays développés. Le monde contemporain est caractérisé par une tendance au nivellement culturel, conséquence de la dépendance économique ou politique des pays en voie de développement par rapport aux pays développés. L’aide économique internationale tend, par le canal des anciennes stratégies, à vulgariser dans les pays en développement le modèle de production et de consommation occidental ou socialiste.

Le monopole des moyens d’information détenu par les pays développés, est un autre facteur du nivellement culturel. Il favorise l’exportation des systèmes d’éducation des pays développés aux dépens des cultures nationales. Le nouvel ordre mondial de l’information prôné par l’Unesco de même que le nouvel ordre économique mondial provoque les foudres des détenteurs des médiats en Occident.

L’identité culturelle doit signifier égalité entre toutes les cultures ; elle exige le même respect pour la majorité que pour les minorités, elle exclut toute subordination, toute oppression tout en maintenant l’ouverture sur les autres, tout en réclamant le droit à la différence.

Un autre instrument de la domination culturelle est, sans aucun conteste, la langue. Tant qu’un peuple, disait Montesquieu, n’a pas perdu sa langue il peut garder l’espoir. La langue est le trait d’identité culturelle par excellence. Pour justifier la domination de la langue française dans les anciennes colonies on invoque souvent le fait que l’Afrique est une tour de Babel. C’est un point de vue défendu aussi bien par les autorités françaises que par les Chefs d’Etats africains qui ont tous adopté le français comme langue officielle.

Mais l’Europe est aussi une tour de Babel. L’unité linguistique apparente n’existe à l’échelle d’aucun continent : les langues suivent les courants migratoires, les destins particuliers des peuples. C’est – écrit Cheikh Anta Diop – une langue africaine typiquement nègre qui a été la plus anciennement écrite dans l’histoire de l’hum­anité, il y a de cela 5300 ans en Égypte.

L’utilisation exclusive du français dans l’éducation et dans la vie des relations internationales par les Africains risque fort de freiner pour longtemps leur effort pour rejeter la tutelle culturelle de la France. Il n’est point dans notre intention de prôner le rejet des langues de l’ancien colonisateur mais l’enseignement de celles-ci ne doit pas faire tomber dans l’oubli les langues nationales, véritables véhicules des cultures africaines. C’est en effet dans le dialogue des cultures que peut se faire le véritable développement de l’Afrique. La solution du problème culturel est la condition sine qua non du développement, et même de toute croissance.

ENGLISH

We are in a period of civilization crisis that is the result of a culture crisis. A question that arises frequently is whether Africa has its own culture and what that could be used for. But in reality, what is culture? The universal nature of culture, diverse however in its incarnations in time and space, makes it the heritage of all men thus of the African peoples.

African culture was long denied to the extent that we talked of savage instead of culture. Historians tell us that the black individual is at the center of a miracle that we must have the loyalty to put in its place: the Egyptian miracle. We will say the “black miracle”. Throughout the Aegean period, black cultural influence was predominant at a time when white people were more rustic. It will take thousands of years to the Indo-Europeans to validly benefit from the lessons of black Egypt.

How could the Black African break with this radiant past? Wars, the collapse of social order, and overpopulation led, along the Nile, to successive exodus towards the interior of Africa. In the long run, prodigality of nature led to a lack of effort, which generates delays or regression in any civilization. The break with the culture of origin and the loss of essential elements due to the absence of need, have imposed a particular cultural orientation more consistent with the environment.

To this should be added the effect of colonization, which had just appeared. It is worth noting that to establish itself, the West had to start by destroying the culture of black people: the removal of statues, prohibition of sacred rites, disintegration of the ancient social order came from the same urge to create a cultural vacuum. Public officers, mere cogs in the administrative machine, replaced the traditional leaders who were the culmination of the cultural edifice.

Most of what constitutes contemporary African culture, in other words the themes developed in the literature, arts, music, cinema, theatre, often lacks relevance and rooting. It is as if the creators of this culture write, paint and sculpt to give back to a certain Western audience the image it already has of their peoples and satisfy its need to escape.

Using the great modern means of dissemination, this marginal, exotic, artificial, urban and artistic culture may well stifle and replace the authentic heritage of the people. A new social order, stemming from a powerful import civilization with its reference and value criteria, has appeared. It only tolerates and spreads some residual cultural activities and characteristics of the eternal Africa, such as dance, expressive gestures, storytelling, religiosity, discontinuous enthusiasm…

Black African culture is not the syncretism that media in Western countries or new African States like and encourage. The primary role of the African culture has always been to teach a certain idea of man and nature and contribute to the harmony of their relations.

The cultural identity of a people is the right it has to remain true to itself in the face of all forms of assimilation and cultures of the contemporary world. These forces often play in favor of developed countries. The contemporary world is characterized by a tendency to cultural leveling, a consequence of the economic and political dependence of developing countries on developed countries. Through the old strategies, international economic aid tends to popularize the Western or socialist model of production and consumption in developing countries.

The media monopoly held by the developed countries is another factor of cultural leveling. It promotes the export of the education systems of developed countries at the expense of national cultures. The new world information order advocated by UNESCO as well as the new world economic order provokes the wrath of the media owners in the West.

Cultural identity must mean equality between all cultures. It requires the same respect for the majority and the minorities, it excludes any subordination or oppression while maintaining openness to others and claiming the right to difference.

Another instrument of cultural domination is indisputably language. Montesquieu said that as long as a people has not lost its language, it can stay hopeful. Language is the ultimate feature of cultural identity. To justify the domination of the French language in the former colonies, the fact that Africa is a tower of Babel is often conjured up. It is a view defended both by the French authorities and the African heads of State who have all adopted French as an official language.

But Europe is also a tower of Babel. The apparent linguistic unity does not exist across any continent: languages follow migratory flows and the individual destinies of peoples. Cheikh Anta Diop wrote that the oldest written language in the history of mankind, 5300 years ago in Egypt, was a typical black African language.

By exclusively using French in education and international relations, Africans are very likely to hamper for a long time their effort to reject the cultural authority of France. It is not our intention to advocate the rejection of languages from the former colonizer but the teaching of these should not make national languages, true vehicles of African cultures, sink into oblivion. It is indeed through the dialogue of cultures that true development of Africa can be achieved. Solving the cultural problem is the necessary condition of development, and even of any growth.

 

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The Wathinotes are either original abstracts of publications selected by WATHI, modified original summaries or publication quotes selected for their relevance for the theme of the Debate of the Month. When publications and abstracts are only available either in French or in English, the translation is done by WATHI. All the Wathinotes link to the original and integral publications that are not hosted on the WATHI website. WATHI participates to the promotion of these documents that have been written by university professors and experts.

Wathinote: The role of diplomats in promoting African cultures in order to foster a more dynamic African integration for tackling economic challenges, 2013

The role of diplomats in promoting African cultures in order to foster a more dynamic African integration for tackling economic challenges

Paper presented at the High-level Pan-African Forum for Ministries of Foreign Affairs and Diplomats, Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement,  2013.

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Extraits tirés des pages : 2, 3, 6-8, 10, 11, 13, 17. [Fr] [En]

FRANÇAIS

Fondamentalement, la culture et toute la gamme de la diplomatie culturelle présente des retombées pour l’intégration régionale latentes mais massives qui sont souvent sous-estimées dans le monde moderne de la diplomatie. Il existe des preuves tangibles que là où la diplomatie culturelle se développe, il y a absence de conflit et un potentiel vérifiable existe pour le développement économique accéléré.

La question de savoir pourquoi l’Afrique n’a pas tiré profit de ses ressources culturelles considérables pour l’intégration et le développement économique reste un défi important pour les décideurs régionaux. La Charte pour la diplomatie culturelle africaine reconnaît le dynamisme de la culture qui doit nécessairement permettre aux peuples d’évoluer pour une responsabilité accrue dans leur développement. Ce n’est donc pas un hasard si à travers l’histoire, la diplomatie culturelle a été étroitement liée à la poursuite des relations extérieures.

Article 17 de la «Charte culturelle Renaissance” expose quelques-unes des avenues notables pour calibrage de la diplomatie culturelle africaine. La Charte oblige les Etats membres à renforcer la capacité du secteur culturel et les parties prenantes à travers l’organisation de festivals, de séminaires, de conférences, de formation et de cours de recyclage aux niveaux national, sous-régional, continental et panafricain.

Les Etats membres sont également exhortés de garantir l’égalité d’accès des femmes et des hommes à l’expression culturelle, la prise de décision, les professions de l’art et de la culture. La Charte préconise des mesures pour rendre la culture progressive grâce à la formation d’adaptation aux méthodes modernes, sans rompre les liens avec les sources culturelles traditionnelles.

L’Afrique doit exploiter les énormes possibilités offertes par les événements annuels tels que le tournoi de la Coupe d’Afrique des Nations pour institutionnaliser la diplomatie culturelle régionale. Chaque pays qui accueille le tournoi pourrait adopter la philosophie de ubuntu en engageant les pays voisins dans la sous-région. La diplomatie culturelle devrait être utilisée de manière stratégique afin que les avantages économiques soient étendus à d’autres régions.

La cérémonie d’ouverture pourrait par exemple présenter des œuvres artistiques et des attractions culturelles des pays africains participants. La planification et la logistique générale devraient également concerner les pays de la région. Les musiciens africains issus de pays participants peuvent et doivent mettre en valeur leurs talents musicaux pour ainsi unifier le continent afin de célébrer sa riche diversité tout en apportant des avantages économiques importants.

En dépit de sa diversité passionnante, la culture africaine présente une unité frappante qui traverse les frontières. L’Article 18 de la Charte de la Renaissance oblige les États à reconnaître la nécessité de développer les langues africaines afin d’assurer leur promotion culturelle et l’accélération de leur développement économique et social.

À cette fin, les États membres sont encouragés à essayer de formuler et de mettre en œuvre des politiques linguistiques nationales appropriées. Bien que des politiques linguistiques existent, les pays africains n’ont manifestement pas réussi à rendre les langues locales attrayantes pour les jeunes en particulier. Il n’est donc pas étonnant que l’anglais et le français aient évincé les dialectes locaux de la vie nationale.

Dans la même lancée, les industries culturelles et artistiques ont, au cours des dernières années émergé comme l’une des principales sources d’investissements étrangers et d’emploi du Zimbabwe et un outil pour affirmer l’identité nationale du peuple. Ces industries ont beaucoup contribué à attirer les touristes et à promouvoir l’image du pays. L’Afrique du Sud a investi des ressources considérables dans le secteur du tourisme pour créer des emplois pour sa jeunesse en pleine expansion. Des ressources importantes sont versées chaque année pour promouvoir et maintenir les artistes en activité.

Dans les principaux médias occidentaux, le continent est dépeint comme une terre sans vie significative, développement, infrastructure et entreprise d’affaires. L’Afrique est dépeint comme un désordre sombre et arriéré sous-développé, pauvre et affligé par la maladie. En d’autres termes l’Afrique est un cas désespéré.

Bien au contraire, les valeurs africaines ont beaucoup contribué à la conscience du monde, le discours sur le développement et la conversation sociale. Pourtant, l’image de l’Afrique est grossièrement pervertie, en particulier dans le monde occidental. Cette insulte à la culture africaine, ostensiblement riche et diversifiée en réalité, est principalement due à l’inaccessibilité à un récit original généré en Afrique.

En vue de donner effet à l’objectif de mettre en place une marque africaine à travers une intervention culturelle, l’article 33 de la Charte culturelle africaine exhorte l’Union africaine à prendre les mesures nécessaires pour établir des institutions ou «Maisons d’Afrique» dans les pays où il existe une diaspora africaine importante, et ailleurs également en vue de : promouvoir une vision positive de l’Afrique; promouvoir les positions et les perspectives africaines et soutenir la diaspora africaine dans ses efforts pour tisser des relations avec ses communautés, ses gouvernements régionaux et nationaux en Afrique ainsi que dans le reste du monde.

L’Afrique est son peuple. Par conséquent la culture prend une place centrale dans la nouvelle marque africaine. Cette marque tire sa valeur non seulement de la diversité du continent, la beauté des paysages, la nature, l’abondance et le potentiel des ressources, mais aussi de ses cadres historiques et culturels. Sa valeur découle également de l’humilité et l’hospitalité des citoyens africains, ainsi que leur créativité et leur culture. Sans doute, cette marque doit encore être communiquée et «vendue» aux Africains et au monde en général.

Il est possible pour les États membres africains et conformément aux termes de l’article 31 de la Charte culturelle d’établir une sorte de centre d’information indépendant, suivant le modèle du British Council. Sa mission sera de promouvoir l’intérêt national, soutenir les missions dans leurs efforts pour amener les meilleurs artistes, écrivains et autres personnalités culturelles à leurs publics, développer des partenariats public-privé, et lever des fonds. Une telle structure devrait idéalement être lancée au niveau de l’Union africaine avec des branches réparties entre les communautés économiques régionales pour une proximité profonde avec les États membres.

Il est prudent de dire que le projet de la diplomatie culturelle de l’Afrique est extrêmement sous-utilisé dans les domaines clés de la paix, le développement économique et l’approfondissement du jeune projet de l’intégration régionale.

 

ENGLISH

Crucially, culture and the whole gamut of cultural diplomacy presents latent yet massive regional integration spin-off that is often underrated in the modern world of diplomacy. There is demonstrable evidence that where cultural diplomacy thrives there is absence of conflict and verifiable potential exists for accelerated economic development.

Why Africa has not leveraged its huge cultural resource for integration and economic development remains an important challenge for regional policy makers. The Charter for African Cultural Diplomacy recognises the dynamism of culture which should of necessity enable peoples to evolve for increased responsibility in their development. It is then no accident that throughout history, Cultural Diplomacy has been intertwined with the pursuit of foreign relations.

Article 17 of the Cultural Renaissance Charter outlays some of the notable avenues for calibrating the African cultural diplomacy. The Charter obligates member states to build the capacity of the cultural sector and stakeholders through the organization of festivals, seminars, conferences, training and refresher courses at national, sub-regional, continental and Pan-African levels.

Member states are also enjoined to guarantee equal access of women and men to cultural expression, decision-making, art and cultural professions. The Charter advocates measures to make culture progressive through training to adapt to modern methods, without breaking links with traditional cultural roots.

Africa should harness the huge opportunities provided by annual events like the African Cup of Nations tournament to institutionalise regional cultural diplomacy. Each country hosting the tournament could potentially embrace the philosophy of ubuntu by engaging neighbouring countries in the sub-region. Cultural diplomacy should be strategically used such that the economic benefits are spread to other regions.

The opening ceremony could for example showcase artistic works and cultural attractions from participating African countries. Planning and general logistics should also involve countries across the region. African musicians drawn from participating countries can and should showcase their musical talents thereby unity the continent in celebrating its rich diversity yet spinning significant economic benefits.

In spite of its enthralling diversity the African culture has striking commonality even across borders. Article 18 of the Renaissance Charter obligates states to recognize the need to develop African languages in order to ensure their cultural advancement, and acceleration of their economic and social development.

To this end, member states are encouraged to endeavour to formulate and implement appropriate national language policies. Whilst language policies exist, African countries have signally failed to make local languages attractive to especially young people. It is no wonder that English and French have crowded the local dialects out of the national life.

In the same breadth the arts and cultural industries have, over the past few years emerged as one of Zimbabwe’s major sources of foreign investment, employment and a tool to assert the people’s national identity. These industries have contributed immensely in attracting tourists and promoting the country’s image. South Africa has invested massive resources in the tourism sector to create employment for its burgeoning youth. Significant resources are disbursed annually to promote and keep artists in active employment.

The way the continent is portrayed in the mainstream Western media is that there is no meaningful life, no development, no infrastructure and business enterprise is none existence. Africa is made out as a dark and backward mess. That the continent is underdeveloped, there is poverty and its disease stricken. In other words Africa is a basket case.

Quite to the contrary, African values have a great deal to contribute to world consciousness, development discourse and social conversation. Yet Africa finds itself in a quagmire of being grossly misrepresented especially in the western world. One important explanation for this malfeasance on the otherwise ostentatiously rich and diverse Africa’s culture is due in main to the inexcusable inaccessibility to original African generated narrative.

With a view to give effect to the objective of African branding through a cultural intervention, Article 33 of the African Cultural Charter enjoins the African Union to take the necessary measures to establish institutions or “Africa Houses” in countries where there is a significant African Diaspora, and elsewhere with a view: to promote positive awareness about Africa; to promote African positions and perspectives and to support the African Diaspora in its efforts to forge relations with their communities, their regional and national governments in Africa and in the rest of the world.

Africa is its people, hence culture takes centre stage in the new brand Africa. This is a brand of which values derive not only from the continent’s diversity, scenic beauty, nature, resource endowment and potential, but also from its historical and cultural settings. It is also a brand of which values derive from the humbleness and the warmth of African citizens their creativity and culture. Arguably, it is the brand that still needs to be communicated and ‘sold’ to Africans and the world at large.

It is possible for African member states and in terms of Article 31 of the Cultural Charter to establish some sort of an independent clearinghouse, in the mould of the British Council, to promote the national interest; support missions in their efforts to bring the best artists, writers, and other cultural figures to their audiences; develop public-private partnerships; and raise funds. Such a structure should ideally be pitched at the African Union level with branches spread out among regional economic communities for deep intimacy with member states.

It is safe to say that Africa’s cultural diplomacy project is huge underutilised in key areas of peace, economic development and deepening the fledgling regional integration project.

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The Wathinotes are either original abstracts of publications selected by WATHI, modified original summaries or publication quotes selected for their relevance for the theme of the Debate of the Month. When publications and abstracts are only available either in French or in English, the translation is done by WATHI. All the Wathinotes link to the original and integral publications that are not hosted on the WATHI website. WATHI participates to the promotion of these documents that have been written by university professors and experts.

Wathinote: The Cultural Policy of Ghana, National Commission on Culture, 2004

The Cultural Policy of Ghana

National Commission on Culture, 2004.

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Extraits tirés des pages : 17, 10-13, 15, 16. [Fr] [En]

FRANÇAIS

Le Ghana compte environ cinquante (50) groupes ethniques dont les valeurs communes et les institutions, représentent notre héritage national. Chacun de ces groupes ethniques réunis par un accident de l’histoire, a ses spécificités culturelles et ses traditions qui donnent identité, auto-respect, et fierté aux Hommes. Depuis les indépendances, la société civile ghanéenne a admis la nécessité de promouvoir l’uniformisation de cette diversité culturelle et le Ghana en a retrouvé une unité nationale, la stabilité et la paix.

A l’heure de la mondialisation et des défis technologiques contemporains, les ghanéens doivent admettre que leur culture est la base et le facteur le plus important dans le développement humain et matériel d’une nation. Ainsi, notre histoire, nos valeurs et institutions culturelles doivent continuer à avoir une forte influence dans la destinée de notre nation et jouer un rôle principal dans la gouvernance et la vie nationale.

Objectifs généraux :

Les objectifs principaux de la Politique Culturelle du Ghana sont autour de trois (3) axes :

  • Documenter et promouvoir les valeurs culturelles et traditionnelles du Ghana, notamment celles s’inscrivant dans :
    • Les concepts de la dignité humaine ;
    • Le comportement envers l’environnement et la nature ;
    • Les lois et règlements ;
    • L’honnêteté et la véracité ;
    • L’unité et la paix ;
    • L’autonomie et la dignité du travail ;
    • La solidarité familiale, communautaire et nationale ;
  • D’assurer la croissance et le développement de nos institutions culturelles et les rendre utiles au développement humain, la gouvernance démocratique et l’intégration nationale.
  • Améliorer la vie culturelle ghanéenne et développer des programmes culturels pour contribuer au développement humain et matériel à travers la préservation, la conservation, et la promotion de l’héritage et l’utilisation de l’art et de l’artisanat modernes et traditionnels pour la création de richesses et l’éradication de la pauvreté.

Objectifs Spécifiques :

Au vu de cela, les objectifs spécifiques de la politique culturelle seraient :

  • Faire prendre conscience des valeurs traditionnelles et générer la fierté et le respect pour l’héritage national ;
  • Améliorer les médias comme canaux pour promouvoir la compréhension de nos valeurs culturels et le potentiel de la riche diversité des expressions ethniques pour la construction de la nation ;
  • Favoriser l’unité nationale entre les différents groupes ethniques du Ghana en promouvant l’interaction culturel et la compréhension inter-ethnique via des programmes qui créent un environnement propice au développement nationale ;
  • Faire prendre conscience aux ghanéens l’importance moderne de leurs traditions et leur héritage culturel et aider les communautés locales à mobiliser leurs ressources culturelles pour le développement humain et matériel ;
  • Identifier et faire connaître la connaissance locale de l’environnement et soutenir les communautés à développer des concepts et pratiques traditionnels positifs pour protéger la nature et la biodiversité pour le bien de la nation ;
  • Créer un groupe de travail institutionnel pour la collection, la préservation et la conservation des acquis tangibles et intangibles ;
  • Enlever, grâce à l’éducation publique et une législation appropriée, les pratiques culturelles qui promeuvent le non-respect des droits humains pour motif de différence ethnique, de genre, d’âge, de religion, éléments physiques ou niveau financier (pauvre, riche…)
  • Promouvoir l’art par :
    • L’amélioration des statuts des artistes,
    • L’identification, le développement et la récompense des talents créatifs,
    • Faire contribuer la production artistique à la création de la richesse, autant pour les créateurs que pour la nation entière ;
  • Promouvoir la conscience culturelle de la jeunesse par une éducation formelle et informelle pour s’assurer qu’ils sont préparés à jouer leur rôle dans la vie culturelle de leur communauté ;
  • Développer des moyens et ressources dans la culture ghanéenne pour les écoles, universités et le grand public
  • Soutenir et promouvoir la recherche pour la création de bases de données sur la culture pour les leaders politiques, universitaires, administrateurs, artistes, ambassades, visiteurs étrangers (touristes), et toutes les parties prenantes ;
  • Maximiser la capacité du secteur culturel pour développer et promouvoir les aspects économiques de la culture afin d’améliorer l’image du Ghana comme destination culturelle et touristique ;
  • Créer des liens positifs entre les institutions culturelles en assurant une cohésion dans toutes les activités culturelles et maximiser les bénéfices des ressources limitées disponibles pour le secteur culturel ;
  • Mobiliser des ressources issues des secteurs publics, privés, locales et étrangères, pour soutenir les programmes culturels ;
  • Promouvoir l’harmonisation des cultures africaines dans l’optique de poursuivre la vision panafricaniste du Ghana.

Mise en œuvre :

La Commission Nationale de la Culture devra identifier tous les groupes de la société, les organisations d’affaires et entreprises comme actionnaires de l’héritage culturel et chercher leur participation dans la mise en œuvre des politiques et programmes. Parmi ceux-ci sont : Les « Maisons de chefs », assemblées de district, dignitaires religieux, institutions éducatives, groupes sociaux, associations, groupes et associations d’artistes, ONG, presses.

En ce sens, le rôle capital et fondamental des chefs dans la préservation de l’héritage et des transformations culturelles est utile à mentionner.

Les institutions et agences présentement définies par la loi sont :

  • Centres Régionaux pour la Culture Nationale ;
  • Théâtre National du Ghana ;
  • Troupe de Danse Nationale ;
  • Troupe Théâtrale Nationale ;
  • Orchestre Nationale de Symphonie ;
  • Groupement des Musées et Monuments du Ghana ;
  • Bureau Linguistique Ghanéen ;
  • Groupe National de Folklore ;
  • Mémorial de la Culture Panafricaine WEB Dubois ;
  • Mémorial Kwamé Nkrumah ;
  • Bureau de Gestion du Droit d’Auteur ;
  • Association des Ecrivains Panafricains ;

Mode de Mise en Œuvre :

La Politique Culturelle devrait être mise en œuvre à travers six (6) dimensions :

  • La préservation et la conservation de la culture ;
  • Le développement et la promotion de la culture ;
  • La présentation de la culture ;
  • L’installation de structures administratives appropriées ;
  • Installation de liens avec divers secteurs de développement national ;
  • Approvisionnement financier pour l’application de ce qui précède.

 

ENGLISH

Ghana has over 50 ethnic groups whose common values and institutions represent our collective national heritage. Each of these ethnic groups brought together by accident of history, has unique cultural features and traditions that give identity, self-respect and pride to the people. Since independence, the emerging civil society of Ghana has recognised the need to promote unity within this cultural diversity, and Ghana has since enjoyed relative unity, stability and peace.

In the era of globalisation and contemporary technological challenges, the people of Ghana must recognise that their culture is the basis of, and the most important factor in the nation’s human and material development. Thus our history, cultural values and institutions must continue to exercise a deep influence on the nation’s destiny and play a key role in governance and national life.

Main objectives

The main objectives of Ghana’s Cultural Policy are three-fold:

  • To document and promote Ghana’s traditional cultural values, such as those enshrined in;
    • Concepts of human dignity,
    • Attitudes to nature and the environment,
    • Law and order,
    • Honesty and truthfulness,
    • Unity and peace,
    • Self reliance and dignity of labour,
    • Family, community and national solidarity.
  • To ensure the growth and development of our cultural institutions and make them relevant to human development, democratic governance and national integration.
  • To enhance Ghanaian cultural life and develop cultural programmes to contribute to the nation’s human development and material progress through heritage preservation, conservation, promotion and the use of traditional modern arts and crafts to create wealth and alleviate poverty.

Specific objectives

In the pursuit of these, the specific objectives of the Cultural policy shall be:

  • To create awareness of the traditional values and generate pride and respect for the nation’s heritage.
  • To enhance the role of the media as channels for promoting understanding of our cultural values and the potential of the rich diversity of ethnic expressions for nation building.
  • To foster national unity among the diverse ethnic groups of Ghana by promoting cultural interaction and inter-ethnic understanding through programmes that create an enabling environment for national development.
  • To make the people of Ghana aware of the contemporary relevance of their traditions and cultural heritage and assist local communities to mobilise their cultural resources for human and material development.
  • To identify and disseminate local knowledge of the environment and support communities to sustain positive traditional concepts and practices to protect nature and bio-diversity for the benefit of the nation.
  • To create an institutional framework for the collection, preservation and conservation of tangible and intangible assets.
  • To eliminate, through public education, and appropriate legislation, cultural practices that lead to the abuse of the rights of the individual on account of ethnic differences, gender, age, religion, physical challenge or economic status.
  • To promote the arts by;
    • Enhancing the status of artists and artistes,
    • Identifying, developing and rewarding creative talent.
    • Making artistic products contribute to wealth creation both for creative individuals and the nation as a whole.
  • To promote the cultural awareness of the youth through formal and nonformal education to ensure that they are prepared to play their role in the cultural life of their communities.
  • To develop data and resource materials on Ghanaian culture for schools, colleges and the general public.
  • To Undertake and promote research to create a data base on culture for policy makers, academics, administrators, artists and artistes, embassies, foreign visitors and all other interested persons.
  • To maximise the capacity of the cultural sector to develop and promote the economic aspects of culture in order to enhance Ghana’s image as a culture-tourism destination.
  • To create positive linkages between all cultural institutions thereby ensuring synergy in all cultural activities and maximise the benefits of the limited resources available to the cultural sector.
  • To mobilise resources from public, private, local and foreign sources to support cultural programmes.
  • To promote the harmonisation of African cultures in fulfillment of Ghana’s objectives of promoting Pan-Africanism.

Implementation

The National Commission on Culture shall recognise all civil society groups, business and corporate organisations as stakeholders in the nation’s cultural heritage and seek their participation in the implementation of policies and programmes. Among these are the Houses of Chiefs, District Assemblies, religious bodies, educational institutions, social groups, voluntary associations, artistic groups and associations, non- governmental organisations as well as the media agencies and institutions.

In this regard, the pivotal and leadership role of chiefs in heritage preservation and cultural transformation is worthy of note.

The implementing institutions and agencies as presently by law defined, are:

  • Regional and District Centres for National Culture;
  • National Theatre of Ghana;
  • National Dance Company;
  • National Drama Company;
  • National Symphony Orchestra;
  • Ghana Museums and Monuments Board;
  • Bureau of Ghana languages;
  • National Folklore Board;
  • E. B. Du Bois Memorial Centre for Pan African Culture;
  • Kwame Nkrumah Memorial Park;
  • Office of the Copyright Administrator;
  • Pan African Writers Association (Headquarters).

Mode of implementation

The Cultural Policy shall be implemented in six broad dimensions:

  • Preservation and conservation of culture;
  • Development and promotion of culture;
  • Presentation of culture;
  • The establishment of appropriate administrative structures;
  • Establishment of linkages with various sectors of national development;
  • Provision of funds for the implementation of the above.

 

Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat du mois. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

The Wathinotes are either original abstracts of publications selected by WATHI, modified original summaries or publication quotes selected for their relevance for the theme of the Debate of the Month. When publications and abstracts are only available either in French or in English, the translation is done by WATHI. All the Wathinotes link to the original and integral publications that are not hosted on the WATHI website. WATHI participates to the promotion of these documents that have been written by university professors and experts.

Wathinote: Valoriser une céréale traditionnelle africaine, le fonio, Jean-François Cruz, Famoï Béavogui et Djibril Dramé, 2012

Valoriser une céréale traditionnelle africaine, le fonio

Jean-François Cruz, Famoï Béavogui et Djibril Dramé, Inter-réseaux Développement rural, 2012.

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Extraits tirés des pages : 180-182, 185. [Fr] [En]

FRANÇAIS

Le fonio est certainement la plus ancienne céréale cultivée en Afrique de l’Ouest. Malgré de bonnes qualités nutritionnelles, sa valorisation a longtemps été freinée par la pénibilité de sa transformation artisanale. Des recherches récentes ont permis de mécaniser plusieurs étapes de sa transformation pour mieux le valoriser.

Dans la cosmogonie du peuple Dogon, au Mali, la graine de fonio, appelée pô, est considérée comme «le germe du monde ». Le fonio donne des grains minuscules, de moins de 1 mm, très difficiles à décortiquer. Cette difficulté de transformation a longtemps réduit le fonio à l’état de céréale marginale et a conduit à sa disparition dans certaines régions. Longtemps considéré comme une céréale mineure, le fonio (appelé aussi « céréale du pauvre ») connaît aujourd’hui un regain d’intérêt en zone urbaine en raison des qualités gustatives et nutritionnelles que lui reconnaissent les consommateurs.

De nouvelles techniques adaptées aux besoins des petites entreprises

Aujourd’hui, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal ou en Guinée, plusieurs dizaines de petites entreprises ou des groupements féminins commercialisent du fonio déjà transformé et conditionné en sachets plastiques de 1 kg (ou plus rarement de 500 g). La gamme de produits du fonio est la suivante :

– Fonio précuit (le plus courant) vendu au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal…

– Fonio blanchi (assez rare) vendu au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, en Guinée…

– Fonio grillé (assez rare) exclusivement vendu en Guinée

– Fonio « djouka » ou fonio à l’arachide, essentiellement vendu au Mali.

– Farine de fonio (assez rare).

– Couscous « moni » et « dégué » ou produits roulés à base de farine de fonio (assez rares).

– Fonio étuvé.

Produit nouveau, encore rare, souvent réservé à l’exportation. Ces différents produits sont surtout vendus dans les boutiques de quartier ou les supermarchés des grandes villes d’Afrique de l’Ouest. Le produit le plus commercialisé est le fonio précuit qui est aussi exporté en Europe ou aux États-Unis pour être vendu sur des marchés de niche. Pour permettre le développement de ces nouveaux produits, il a été indispensable d’améliorer les techniques de transformation en modernisant les rares équipements existants et en concevant de nouvelles machines. C’est à la demande des transformatrices, et en collaboration étroite avec certaines d’entre elles, que des progrès ont pu être réalisés dans le cadre de projets d’amélioration des technologies post-récolte du fonio coordonnés par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et financés par le Common Fund for Commodities puis par l’Union européenne.

Un développement du secteur grâce aux résultats de la recherche

Le fonio transformé et emballé (précuit ou simplement blanchi) connait un succès croissant et la demande tend à s’accroître au niveau local comme à l’exportation. Les petites entreprises confrontées aux limites imposées par le travail manuel peuvent dorénavant s’équiper en machines spécifiques et performantes tant en termes de productivité que de qualité du travail réalisé. Même si des recherches sont encore nécessaires pour mécaniser des opérations essentielles comme le lavage et le dessablage, la mise au point d’équipements de décorticage, de nettoyage et de séchage a permis aux entreprises existantes de mieux répondre à la demande croissante et a favorisé l’émergence de nouvelles petites entreprises de production ou même de prestation de service.

On a ainsi vu apparaitre dans le quartier de Missira à Bamako des entreprises assurant un décorticage à façon pour des ménagères ou des transformatrices. Alors qu’on ne comptait que quelques unités au début des années 2000, le nombre de petites entreprises qui produisent du fonio précuit en Afrique de l’Ouest avoisine aujourd’hui la cinquantaine. Grâce aux avancées technologiques réalisées par la recherche en collaboration avec les transformatrices, du fonio transformé de qualité est maintenant disponible dans les boutiques de quartier et les supermarchés des grandes villes d’Afrique de l’Ouest et régulièrement exporté, en petites quantités, vers l’Europe ou les États-Unis. Mais comme les pays du Nord disposent déjà de leurs propres céréales « rustiques » ou « sans gluten », la valorisation du fonio devrait être prioritairement orientée vers l’alimentation des villes du Sud et notamment des pays producteurs eux-mê- mes.

Les exigences des consommateurs des villes du Sud sont souvent comparables à celles des consommateurs du Nord et portent sur les qualités hygiéniques, nutritionnelles, culinaires, organoleptiques et sur la diversification des produits proposés. Pour disposer de produits de qualité, il est indispensable d’apporter un appui aux transformatrices locales qui ne disposent souvent que de moyens techniques et financiers précaires. Le développement des nouveaux produits du fonio répondant à ces exigences peut, à terme, offrir de meilleurs revenus aux producteurs et potentiellement relancer sa culture dans les zones où il a progressivement été abandonné.

 

ENGLISH

Fonio is certainly the oldest cereal grown in West Africa. Despite good nutritional qualities, its valuation has long been hampered by the arduousness of its small-scale processing. Recent advances have helped mechanize several processing stages in order to better develop it.

In the cosmology of the Dogon people in Mali, the fonio seed, called , is considered “the seed of the world”. Fonio has tiny grains, less than 1mm in size, making it very difficult to husk. This difficulty in processing has reduced fonio to a marginal cereal and led to its disappearance in certain regions. Long regarded as a minor cereal, fonio (also called “the poor man’s cereal”) is experiencing a renewed interest in urban areas because of its taste and nutritional qualities.

New techniques adapted to the needs of small businesses

Today in Mali, Burkina Faso, Senegal, and Guinea dozens of small businesses or women’s groups sell fonio that is already processed and packaged in plastic 1kg bags (or even more rarely 500g). The range of fonio products is as follows:

– Precooked fonio (most common) sold in Mali, Burkina Faso, and Senegal…

-Milled fonio (quite rare) sold in Mali, Burkina Faso, Senegal, and Guinea…

-Grilled fonio (quite rare) exclusively sold in Guinea.

-Fonio ‘djouka’ or peanut fonio, mainly sold in Mali.

-Fonio flour (Very rare).

-Couscous ‘moni’ and ‘dègue’ or products rolled with fonio flour (very rare).

-Steamed fonio.

New products, while still rare, are often reserved for the export market. These different products are mainly sold in neighborhood shops or supermarkets in West African cities. The most commercialized product is precooked fonio which is exported to Europe or the United States to be sold in specialty shops. To enable the development of these new products, it was essential to improve processing techniques by modernizing the few existing machines and to design new ones. It was at the request of and close collaboration with processors that progress in improving post-harvest technologies has been made. This was coordinated the French Agricultural Research and International Cooperation Organization (CIRAD) and financed by the Common Fund for Commodities with support from the European Union.

Sector development through research breakthroughs

Processed and packaged fonio (pre-cooked or simply milled) is becoming increasingly popular and demand is growing at both the local and export levels. Small companies who were faced with the limits imposed by manual labor can now equip themselves with fonio processing machines that are both highly efficient and high quality. Although research is still needed to mechanize essential operations such as washing and grit removal, the development of stripping, cleaning, and drying equipment has helped existing businesses to better meet growing demand and has led to the emergence of a new set of small enterprises based around the production and delivery of fonio related services.

In the Missira neighborhood of Bamako we have seen businesses who specialize in milling or processing the grain at the household level appear. Whereas in the early 2000s there were only a few businesses that produced precooked fonio in West Africa, today that number is close to 50. Thanks to the technological advances made by researchers and in collaboration with processors, high quality processed fonio is now available in the neighborhood shops and supermarkets of West African cities and is regularly exported in small quantities to Europe or the United States. But as northern countries already have their own “rustic” or “gluten-free” cereals, the development of fonio should be primarily oriented towards the cities of the global South and to include producer countries.

The requirements of consumers in the cities of the South are often comparable to those of consumers in the North and are based on the product’s hygienic, nutritional, culinary, and gustatory qualities as well as on the diversity of products offered. To have quality products, it is essential to support local processors who often rely on precarious techniques and uncertain financing. The development of new fonio products can satisfy these requirements and provide greater income to the producers while potentially reviving its cultivation in areas where it has been gradually abandoned.

 

Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat du mois. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

The Wathinotes are either original abstracts of publications selected by WATHI, modified original summaries or publication quotes selected for their relevance for the theme of the Debate of the Month. When publications and abstracts are only available either in French or in English, the translation is done by WATHI. All the Wathinotes link to the original and integral publications that are not hosted on the WATHI website. WATHI participates to the promotion of these documents that have been written by university professors and experts.

Wathinote: The “African Print” Hoax: Machine Produced Textiles Jeopardize African Print Authenticity, Tunde M. Akinwumi, 2008

The “African Print” Hoax: Machine Produced Textiles Jeopardize African Print Authenticity

Tunde M. Akinwumi, Journal of Pan African Studies, 2008.

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Extraits tirés des pages : 180-182, 185. [Fr] [En]

FRANÇAIS

Dans le jargon commercial, l’impression africaine est un terme général employé par les entreprises du secteur européen du textile en Afrique afin d’identifier les tissus qui sont mécaniquement imprimées à l’aide de cire des résines et des colorants pour obtenir l’effet batik des deux côtés de la toile sur l’habit, et un mandat pour ceux imitant ou ayant atteint une ressemblance avec les types d’effets du wax.. Ils portent des noms tels abada, Ankara, Real English Wax, Veritable Java Print, Guaranteed Dutch Java Hollandis, Uniwax, ukpo and chitenge. L’utilisation du terme « Impression africaine » pour tous les noms de marque mentionnés ci-dessus n’est plus acceptable à ses producteurs et commerçants, mais à un esprit critique, le terme est impropre et donc suspect parce que son origine ainsi que la plupart de ses caractéristiques de conception ne sont pas africain.

Les origines de l’impression africaine

L’impression africaine a été développée de batik, ce dernier étant d’origine indienne. Batik diffusé en provenance d’Inde vers les îles indonésiennes et le Japon tandis que sa perfection subséquente a été rendue possible par les javanais avant le 13ième siècle.

Alors que sous le règne des Indiens, chinois, musulmans aux clercs et les hollandais, les javanais ont été influencés par un afflux de nouvelles idées issues des cultures de leurs suzerains. En conséquence, certains thèmes de bouddhistes et de la mythologie chinoise ont été empruntés et incorporés dans leur batik. Et un développement accru des motifs géométriques s’est manifesté plus avant pendant la courte période qui a vu Java être un État islamique, parce que l’Islam interdisait la représentation des formes humaines et autres.

Au XVIIe siècle, Java passa sous le contrôle politique des hollandais comme le batik javanais a été introduit en Hollande et par la suite dans d’autres parties de l’Europe. Pourtant, il n’est pas facilement accepté en Europe en raison de son contenu “exotique” (Nielsen 1980:2). Toutefois, les néerlandais ont conduit les entreprises européennes intéressées à développer le marché d’outre-mer pour le batik faites à la machine qui sera connu sous le nom de Wax et donc au cours de l’expansion du commerce hollandais, des usines ont été établies dans les ports étrangers ou possessions, y compris l’Inde, Java, Sumatra, Ceylan et les Moluques (Robinson 1969:118).

Du XIXe siècle, les styles étaient dérivés de l’ornementation paysanne européenne et conservés dans les plus vieux chiffons servis comme sources d’inspiration pour la conception d’impression de Wax (Muller, s.d.). Et la conception des motifs de designs universels pour toutes les cultures, telles que les formes basées sur la nature: plantes et animaux ont été dessinés et stylisés dans le format européen et à la manière d’autres cultures étrangères. Tout cela ajouté au répertoire de contenu de l’impression, malgré la non-relation entre les motifs de conception et les traditions africaines, l’habit portant des motifs a été introduit dans les communautés africaines.

L’Introduction de l’impression africaine en Afrique

Au cours de la fin du XIXe siècle, les Hollandais ont redirigé leurs usines de textile du Haalem, Leyde et ceux en outre-mer pour produire des impressions de Wax pour les marchés d’Afrique de l’Ouest. Auparavant, une petite quantité de Wax imprimé a été introduite en Afrique de l’ouest par les européens, tout d’abord par des missionnaires chrétiens qui avaient besoin pour les offrir en cadeau aux convertis ; ensuite, par les producteurs européens qui ont faisaient des tirages de Wax pour le marché africain ; en troisième lieu, par le biais de soldats ouest-africains qui ramenaient les Batiks javanais à leurs épouses après avoir servi entre 1810 et 1862 en Indonésie (Nielsen 1980:3). Ainsi, dès le début de la première décennie du XXe siècle, il y avait une augmentation rapide de l’exportation de la toile à l’Afrique, et plus tard au XXe siècle, des balles supplémentaires des tirages africains étaient ravitaillés depuis le Japon et les usines locales d’Afrique de l’Ouest (ces derniers offraient des fourchettes de prix moins chers).

Le futur modèle pour la conception et la production de l’impression africaine

Si les tirages des producteurs européens ont été adopté avec succès depuis un siècle entre autres (fig. 3), le stylisme des chinois, Indiens et javanais, pour la production des tirages « Africains », alors les producteurs africains/africanistes pourraient dériver et adopter le style du design africain authentique composé d’une large gamme des traditions textiles fabriqués à la main, pour laquelle l’Afrique est connue internationalement. L’adoption de la présente est conforme aux propositions des animateurs de ce débat.

Dans l’ensemble, il n’y a rien qui empêchera les concepteurs Africanistes de dériver une multitude de motifs stylistiques des textiles indigènes africains faits à la main mentionnés ci-dessus. En plus de la suggestion ci-dessus, certains modèles/motifs caractéristiques associés, par exemple, au tissu Kente (Ghana) pourraient être fondus dans le thème principal d’une conception choisie comme un booster secondaire de la teneur du contenu de la conception. Ce même usage pourrait être fait du tissu adire (Nigéria), Kuba broderie (Zaïre), bogolanfini (Mali) et d’autres également en combinaison avec le thème principal d’une conception choisie. Une injection de ce nouvel horizon dans des dessins imprimés africains fera certainement une différence dans le futur en termes de préférence esthétique.

Conclusion

Il y a eu une généralisation de motifs de conception basée sur la nature qui se faisait appeler des traditions non africains dès la création d’impressions d’Afrique en Afrique. Cela montre que le terme « Impression africaine », un terme mal approprié a été inventé par ses producteurs, juste pour tromper les acheteurs africains. La tromperie a continué jusqu’à l’époque contemporaine. Certaines agences doivent être assistées afin d’effectuer et de promouvoir un nouveau format de conception dérivé du meilleur des traditions textiles indigènes d’Afrique et d’idées du traité Macquet. Les parties prenantes telles que les magnâtes autochtones, le ministère de la Culture et tourisme et le ministère du Commerce et de l’industrie des pays africains pourraient être obtenue pour un partenariat industriel sur ce projet.

ENGLISH

In the commercial parlance, African print is a general term employed by the European textile firms in Africa to identify fabrics which are machine-printed using wax resins and dyes in order to achieve batik effect on both sides of the cloth, and a term for those imitating or achieving a resemblance of the wax type effects. They bear names such as abada, Ankara, Real English Wax, Veritable Java Print, Guaranteed Dutch Java Hollandis, Uniwax, ukpo and chitenge. Using the term ‘African Print’ for all the brand names mentioned above is only acceptable to its producers and marketers, but to a critical mind, the term is a misnomer and therefore suspicious because its origin and most of its design characteristics are not African.

The Origins of African Prints

African print was developed from batik, the latter being of Indian origin. Batik diffused from India to Indonesian islands and Japan while its subsequent perfection was made possible by the Javanese before the thirteen century.

While under the rule of the Indians, Chinese, Islamic clerics and the Dutch, the Javanese were influenced by an influx of new ideas from the cultures of their overlords. Consequently, some Chinese mythology and Buddhist themes were borrowed and incorporated in their batik. And greater development of geometric designs was made manifest more than before during the short period Java was made an Islamic state, because Islam forbade the representation of human forms and the like.

By the seventeenth century, Java came under the political control of the Dutch as Javanese batik was introduced to Holland and thereafter to other parts of Europe. Yet, it was not readily accepted in Europe because of its ‘exotic’ design content (Nielsen 1980:2). However, the Dutch led interested European firms in developing overseas market for the machine-made batik which became known as wax print, and thus during the Dutch trade expansion, factories were established in overseas ports or possessions, including India, Java, Sumatra, Ceylon and the Moluccas (Robinson 1969:118).

By the nineteenth century, styles were derived from European peasant ornamentation and preserved in the oldest cloths served as inspirational sources for designing wax print (Muller n.d.). And design motifs universal to all cultures, such as nature-based forms: plants and animals were drawn and styled in the European format and in the manner of other foreign cultures. All these added to the repertoire of design content of the print, and despite the non-relationship of the design motifs to African traditions, the cloth bearing the motifs were introduced to African communities.

The Introduction of African Prints to Africa

During the late nineteenth century, the Dutch directed their textile mills in Haalem, Leyden and those in overseas to produce wax prints for the West African markets. Before then, little quantity of wax print were introduced to West Africa by the Europeans, first through Christian missionaries who needed the prints for converts; second, through the European producers who made wax prints for the African market; third, through West African soldiers who brought back

Javanese batiks to their wives after serving between 1810 and 1862 in Indonesia (Nielsen 1980:3). Thus, by the early decades of the twentieth century, there was a rapid increase in the export of the cloth to Africa, and later in the twentieth century, additional bales of African prints were supplied from Japan and local factories to West Africa (the latter offered cheaper price ranges).

Future Model for African Print Design and Production

If European print producers successfully adopted over the past one century among others European (fig. 3), Chinese, Indian and Javanese art styling for ‘African ‘ print production, then

African/Africanist producers could derive and adopt authentic African design styles from a wide range of handcrafted textile traditions for which Africa is well-known internationally. The adoption of this is in line with the discussants’ suggestions.

On the whole, there is nothing stopping Africanist designers from deriving a plethora of stylistic motifs from the indigenous African hand textiles mentioned above. In addition to the above suggestion, certain characteristic patterns/motifs associated with, for example, Kente fabric (Ghana) could be fused into the main theme of a chosen design as a secondary booster of the design content. Same use could be made of adire fabric (Nigeria), Kuba embroidery (Zaire), bogolanfini (Mali), and of others too in combination with the main theme of a chosen design. An injection of this new horizon into African print designs will definitely make a difference in future in terms of aesthetic preference.

Conclusion

There has been widespread use of nature-based design motifs which were styled from non-African traditions right from the inception of Africa prints in Africa. This shows that the term ‘African print’, a misnomer was coined by its producers just to deceive the African buyers. The deception has continued up to the contemporary times.

Certain agencies must be sought for assistance in order to effect and promote a new design format derived from the best of indigenous textile traditions of Africa and ideas from Macquet treatise. Textile stake-holders such as indigenous textile magnates, the Ministry of Culture and Tourism and the Ministry of Commerce and Industry from African countries could be sought for industrial partnership on this project.

Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat du mois. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

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Wathinote: Séminaire “Aspects du patrimoine culturel africain”, Centre d’Etudes Linguistiques et Historiques par Tradition Orale, 2014

Séminaire “Aspects du patrimoine culturel Africain”

Centre d’Etudes Linguistiques et Historiques par Tradition Orale (CELHTO), 2014

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Extraits tirés des pages : 2, 16-18. [Fr] [En]

FRANÇAIS

Introduction

Depuis quelques années, en raison des diverses tensions socio-politiques qui agitent l’Afrique, le patrimoine culturel des pays est de plus en plus menacé et la question de sa protection se pose davantage. C’est dans ce contexte que le Centre d’Etudes Linguistiques et Historiques par Tradition Orale (CELHTO), Bureau régional de l’Union Africaine (UA) à Niamey au Niger a organisé à son siège, du 23 au 25 juillet 2014, un séminaire sur le thème : Aspects du patrimoine culturel africain. Cet atelier vise à faire le tour d’horizon de la question de la conservation et de la valorisation du patrimoine culturel en Afrique en prenant exemple sur des cas précis du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger et du Togo.

Recommandations

A la suite des travaux, les recommandations suivantes ont été formulées :

Que les Etats africains, avec la collaboration du Département des Affaires Sociales de l’UA:

  • Ratifient la Charte sur la renaissance culturelle africaine et le Plan des industries culturelles et créatives ;
  • Sous la houlette de l’Union africaine, fassent le point sur les questions d’inventaire et de conservation de leurs patrimoines culturels et qu’ils les actualisent ;
  • En collaboration avec l’UNESCO, financent et organisent des rencontres périodiques entre Africains sur la conservation du patrimoine culturel ;
  • Qui ne l’ont pas encore fait se dotent de politiques culturelles, de textes de loi sur le patrimoine suivis de décrets d’application ;
  • Encouragent la recherche dans tous les secteurs culturels ;
  • Qui ne l’ont pas encore fait, signent et ratifient les traités internationaux relatifs au patrimoine culturel ;
  • Prennent en compte, dans leurs préoccupations, les notions du patrimoine culturel découlant de l’évolution du concept ;
  • Organisent des formations de masse à l’endroit des forces de l’ordre, de sécurité et de défense pour les sensibiliser aux questions de protection des biens culturels ;
  • Organisent des formations diplômantes de haut niveau à l’intention des spécialistes du patrimoine culturel ;
  • Accordent une attention soutenue à la question du retour des biens culturels illicitement exportés ;
  • Valorisent ceux qui sont appelés « Trésors humains vivants » de l’humanité.

En direction des communautés locales:

  • Que les communautés locales, sous l’instigation de l’Union Africaine, soient davantage sensibilisés à la préservation et à la conservation de leurs patrimoines culturels ;

En direction de l’Etat nigérien, de façon spécifique. Que le Niger:

  • Fasse la promotion du cousinage à plaisanterie et le soumette à l’UNESCO en vue de son inscription sur la liste du patrimoine oral et immatériel de l’humanité ;
  • envisage une expertise sérieuse sur la question de la prétendue découverte des pyramides sur le sol nigérien, sous la direction de l’Institut de Recherches en Sciences Humaines ;
  • Mette en place un programme d’urgence de conservation des manuscrits par des mesures simples de climatisation et de numérisation, avant que ne se négocie et ne se mette en place un projet de plus grande envergure.

En direction du CELHTO. Que le CELHTO:

  • Étudie les possibilités, avec la Commission de l’Union Africaine, de coordonner les programmes d’inventaires, de conservation, de sécurisation et de diffusion du patrimoine culturel africain mais également de recherche en matière des traditions orales sur tout le continent africain ;
  • Continue à faire de la question de la transmission des valeurs du patrimoine immatériel une priorité en insistant sur l’obligation de résultats.

ENGLISH

Introduction

Since a few years, due to diverse socio-political conflicts taking place throughout Africa, the cultural heritage of some countries is increasingly under threat and the issue of its protection is gaining importance. It is in this context that the Centre of Linguistic and Historical Studies through Oral Tradition (CELHTO) has organised a seminar in the Regional Bureau of the African Union in Niamey in Niger from the 23rd to the 25th of July 2014 on the theme of “Aspects of the African cultural heritage”. This workshop aims to present an overview of the issue of conservation and development of the cultural heritage in Africa by using the specific case studies of Benin, Ivory Coast, Burkina Faso, Niger and Togo.

Recommendations :

Based on discussions during the workshop, the following recommendations were formulated:

  • Ratify the Chart on the African cultural renaissance and the Plan of cultural and creative industries ;
  • Under the leadership of the African union, review their strategies of inventory and conservation of their cultural heritage and that update it ;
  • In collaboration with UNESCO, finance and organise periodic meetings among Africans on the issue of the conservation of cultural heritage ;
  • Who have not done it yet, adopt cultural policies and laws on the heritage that are then followed by application decrees ;
  • Encourage research in all cultural sectors ;
  • Who have not done it yet, sign and ratify international treaties regarding cultural heritage ;
  • Take into account, in their preoccupations, the notions of cultural heritage that results from the evolution of the concept ;
  • Organise mass formations for police, security and defence forces to raise awareness about the issue of protection of cultural goods ;
  • Organise courses leading to a high-level qualification for experts of cultural heritage ;
  • Focus their attention on the issue of the return of cultural goods that were illicitly exported ;
  • Enhance the “Living human treasures” of humanity.

For local communities:

  • That local communities, under the instigation of the African Union, be more aware of the importance of preserving and conserving their cultural heritage ;

For the Nigerien State more specifically. That Niger:

  • Promotes “cousinhood joking” and submits it to UNESCO regarding its registration on the list of oral and non-material patrimony of humanity ;
  • Considers a serious expertise on the issue of the alleged discovery of pyramids on the Nigerien soil, under the direction of the Institute of Research on Human Sciences ;
  •  Put in place an urgency programme of conservation of manuscripts through simple measures of conditioning and digitalisation, before the beginning of negotiations over for a large-scale project.

For CELHTO. That CELHTO:

  • Examines the possibility, with the Commission of the African Union, of coordinating the programmes of inventory, conservation, safeguarding and diffusion of the African cultural heritage but also of research regarding oral traditions throughout the African continent;
  • Continues to put the issue of transmission of values regarding the non-material patrimony as a priority by insisting on the obligation of results.

Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat du mois. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

The Wathinotes are either original abstracts of publications selected by WATHI, modified original summaries or publication quotes selected for their relevance for the theme of the Debate of the Month. When publications and abstracts are only available either in French or in English, the translation is done by WATHI. All the Wathinotes link to the original and integral publications that are not hosted on the WATHI website. WATHI participates to the promotion of these documents that have been written by university professors and experts.

Wathinote: In Short: The South African Cultural Industries, Department of Arts, Cultures, Sciences, and Technology, 1998

In Short: The South African Cultural Industries

Department of Arts, Cultures, Sciences, and Technology

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Extraits tirés des pages : 3, 5. [Fr] [En]

FRANÇAIS

Le secteur des arts et de la culture est souvent considéré comme un secteur «faible», un gouffre économique. Les industries culturelles du monde entier, de l’Inde aux États-Unis ont prouvé que ces idées reçues étaient infondées. Les produits des industries culturelles, des films d’Hollywood aux objets d’artisanat des Philippines, sont consommés par des millions de personnes dans le monde entier. Chaque jour, ces secteurs emploient plus de personnes que l’industrie manufacturière, même dans les pays développés.

Sur le plan international, les industries culturelles sont reconnues comme ayant des avantages économiques importants. Par exemple:

  • L’industrie de l’artisanat constitue 15% du PIB du Maroc
  • Les industries culturelles canadiennes génèrent 22 milliards de dollars et génèrent 670 000 emplois
  • Au Mexique, le tourisme culturel constitue 6% du PIB
  • Les Arts et la culture constituent 3% du PIB de l’Australie, générant ainsi 36 millions $ par année

Les industries culturelles se distinguent des autres formes d’art par l’activité commerciale qui est leur source de motivation principale. Ces formes d’art «sans but lucratif» sont des ressources importantes pour les industries culturelles, et ont été prises en compte à travers la création du Conseil national des Arts (CNA). Les caractéristiques des industries de la culture sont les suivantes :

  • Basé sur le savoir, impliquant des travailleurs hautement qualifies
  • Exigeant beaucoup de travail, créant plus que le nombre moyen d’emplois
  • Différencié, prenant la forme de petites et moyennes entreprises (PME) et de grandes entreprises
  • Lié à des réseaux de systèmes de production et de services proches, imbriqués mais flexibles, ce qui permet la flexibilité du secteur face à la récession économique
L’industrie de l’artisanat sud-africain

L’industrie de l’artisanat comporte une vaste gamme de produits, de médias, de matériaux et de fonctions utilitaires et décoratifs allant du verre, des textiles, des céramiques et des bijoux aux bibelots, appareils industriels et objets d’utilité quotidienne. On peut distinguer cinq grandes catégories au sein de l’industrie de l’artisanat :

  • L’Art traditionnel constitue des produits culturellement spécifiques, dont le sens et la signification sont créés et partagés par les membres d’une communauté spécifique. Ces produits sont souvent fabriqués pour le marché local, par exemple les pots de bière en terre cuite dans le KwaZulu-Natal.
  • Les marchandises de designers résultent de l’adaptation délibérée de l’art traditionnel pour satisfaire les goûts du marché à revenu élevé et sont souvent de nature décorative. Par exemple, les bandeaux de perles à motifs de Ndebele ou les décorations de Noël du Swaziland.
  • L’artisanat chevauche considérablement l’art traditionnel et a été défini comme les produits fabriqués entièrement à la main par des producteurs qualifiés mais qui ne sont pas considérés comme des «beaux-arts».
  • Les marchandises fonctionnelles sont des biens fabriqués en série, à la main et produites dans des processus de fabrication par petits lots, soit dans de petits ateliers ou des usines. Quelques exemples sont la poterie, les meubles et les objets utilitaires tels que la vaisselle et les couverts.
  • Les objets souvenirs sont des “bibelots ou de l’artisanat simplifié universels et bon marché » qui vendent souvent les souvenirs d’un endroit particulier.

ENGLISH

The arts and culture sector is often regarded as a “soft” sector, a drain on the economy. The cultural industries all over the world, from India to the United States have proved this conventional wisdom wrong. Products of the cultural industries, from the Hollywood movie to the craft object from the Philippines are consumed by millions of people all over the globe. Every day, these sectors employ more people than manufacturing, even in developed countries.

Internationally, the cultural industries are recognised are having significant economic benefits. For example:

  • The craft industry constitutes 15% of Morocco’s GDP
  • The Canadian cultural industries generate $22 billion and generate 670 000 jobs
  • In Mexico, cultural tourism contributes 6% to GDP
  • Arts and culture contribute 3% to Australia’s GDP, generating $36 million per annum

The cultural industries can be distinguished from other art forms by the commercial activity that is their prime motivating force. Those art forms that are “not-for-profit” are important resources for the cultural industries, and have been addressed through the establishment of the National Arts Council (NAC). The characteristics of the cultural industries are as follows:

  • Knowledge intensive, involving highly skilled workers
  • Labour intensive, creating more than the average number of jobs
  • Differentiated, taking the form of Small and Medium Enterprises (SMMEs) and large enterprises and
  • Linked with close, interlocking but flexible networks of production and service systems, allowing the sector flexibility in the face of economic recession
The South African craft industry

The craft industry includes a broad range of utilitarian and decorative items, media, materials and functions ranging from glass, textiles, ceramics and jewellery to curios, industrial appliances and everyday utility objects. It is possible to discern five broad categories within the craft industry:

  • Traditional Art constitutes culturally specific products, whose meaning and significance is generated and shared by members of a specific community. Such goods are often produced for the domestic market, for example clay beer pots in KwaZulu-Natal.
  • Designer Goods result out of the deliberate adaptation of Traditional Art to satisfy the tastes of the high-income market and are often decorative in nature. For example, Ndebele patterned beaded headbands or Swazi Christmas ornaments.
  • Craft art overlaps significantly with Traditional Art and has been defined as products that are produced entirely by hand, by skilled producers but which are not considered ‘fine art’.
  • Functional wares are mass-produced handmade goods that are produced in small batch production processes, either in small workshops or factories. Examples include pottery, furniture and utility objects such as crockery and cutlery.
  • Souvenirs are “inexpensive, universal trinkets or simplified crafts” which often sell the memories of a particular location.

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