

Type de publication : Note
Date de publication : Mars 2026
Site de l’organisation : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest
Auteur : Direction nationale des études économiques et de la monnaie de la BCEAO
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Les débats sur l’économie ouest-africaine se focalisent souvent sur les taux de croissance annuels, au risque de laisser de côté les mécanismes qui les produisent et les fragilités qui les accompagnent. Cette note de la BCEAO offre précisément quelque chose de plus précieux qu’un simple exercice statistique. Elle permet d’observer l’économie régionale dans son mouvement, au plus près des dynamiques qui traversent les pays de l’Union. À première vue, les perspectives paraissent favorables. L’activité économique de l’UEMOA poursuivrait sa progression avec une croissance attendue autour de 6,5 % au premier trimestre 2026, dans le prolongement du rythme enregistré précédemment. Cette évolution s’appuie principalement sur la vigueur du commerce, des services et sur les effets positifs attendus de la campagne agricole 2025-2026. Mais la lecture attentive du document révèle une réalité plus nuancée. Une croissance soutenue ne signifie pas automatiquement disparition des vulnérabilités. L’environnement extérieur demeure traversé par des tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient, avec des répercussions directes sur les prix énergétiques et les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les économies de l’Union restent exposées à des facteurs qu’elles contrôlent peu mais qui influencent fortement leurs équilibres internes. L’évolution des prix constitue à cet égard un signal particulièrement instructif. Après une phase d’accalmie, les projections de la BCEAO indiquent une remontée graduelle de l’inflation. Celle-ci atteindrait environ 0,4 % avant de progresser davantage sous l’effet du renchérissement des produits pétroliers et des perturbations affectant les circuits de distribution dans certaines zones confrontées à l’insécurité. La stabilité des prix apparaît donc moins comme une situation définitivement acquise que comme un équilibre encore fragile. Une autre dimension mérite une attention particulière. Le document montre combien les trajectoires économiques de l’Union demeurent étroitement liées à des variables non économiques. Conditions climatiques, situation sécuritaire, circulation des marchandises ou confiance des acteurs privés interviennent directement dans la dynamique conjoncturelle. Cette articulation entre facteurs économiques et réalités sociales rappelle que les indicateurs macroéconomiques ne se construisent jamais dans un espace abstrait.
Pour les pays de la zone WATHI, la lecture de la note de la BCEAO invite à dépasser l’attention portée aux seuls indicateurs de croissance, estimée autour de 6,5 % au premier trimestre 2026, pour s’intéresser davantage à la nature et à la fragilité des dynamiques économiques en cours. Derrière ces performances globales se dessine en effet une réalité plus contrastée, marquée par des dépendances structurelles et des vulnérabilités persistantes. La résilience ne se mesure pas seulement à la vitesse de progression du PIB ; elle dépend aussi de la capacité à absorber des chocs extérieurs sans déséquilibres majeurs. La place occupée par l’agriculture dans les perspectives de croissance rappelle une autre réalité. Les performances régionales restent fortement tributaires des campagnes agricoles et des conditions climatiques. Une bonne saison soutient l’activité, améliore l’offre alimentaire et contribue à la stabilité des prix, tandis qu’une mauvaise saison peut rapidement freiner la croissance. Cette sensibilité met en évidence la nécessité de réduire la dépendance excessive à des facteurs naturels difficilement maîtrisables.. Pour les pays, cette dépendance plaide en faveur d’investissements plus importants dans les infrastructures rurales, les systèmes d’irrigation et les capacités de stockage. La dimension sécuritaire apparaît également déterminante. Les tensions et instabilités observées dans certaines zones perturbent les circuits commerciaux, augmentent les coûts logistiques et fragilisent les échanges économiques. L’activité économique ne peut ainsi être analysée indépendamment des conditions de stabilité territoriale, tant les deux dimensions sont étroitement liées. La question de la stabilité des prix confirme cette vulnérabilité. L’inflation, qui évoluerait d’environ 0,4 % à 0,8 % sur la période considérée, reste sensible aux chocs extérieurs, notamment la variation des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Cela souligne la dépendance persistante de la région à des facteurs exogènes. Les politiques de stabilité ne doivent donc pas être pensées séparément des politiques économiques. Enfin, la note met en évidence l’importance de la confiance et de la qualité de l’environnement institutionnel dans la dynamique économique. Les anticipations des agents économiques, la stabilité des politiques publiques et la prévisibilité du cadre réglementaire influencent directement les décisions d’investissement et, par conséquent, les perspectives de développement des pays de la zone WATHI. Construire un environnement prévisible, limiter les incertitudes réglementaires et améliorer la visibilité des politiques publiques peuvent produire autant d’effets qu’une mesure budgétaire ponctuelle.
Les extraits proviennent des pages : 3, 4, 5, 16, 17, 18
1. Évolutions récentes
Selon les enquêtes PMI, l’économie mondiale a connu une évolution globalement positive en février 2026, bien que les dynamiques varient d’une région à l’autre. L’activité a progressé à un rythme modéré aux Etats-Unis, tandis qu’en zone euro, la croissance s’est accélérée, portée par le redressement du secteur manufacturier et celui des services. En Chine, le secteur privé a enregistré sa plus forte expansion depuis mai 2023, alors que l’activité est restée stable en Afrique du Sud.
Aux États-Unis, la progression de l’activité est demeurée modérée en février 2026, dans un contexte de ralentissement de la production dans les secteurs manufacturier et tertiaire. En zone euro, la croissance s’est accélérée, portée par le dynamisme de la production manufacturière et de celle des services.
En Chine, l’économie a progressé en février 2026, grâce à la hausse des nouvelles commandes, soutenue par la vigueur des exportations tandis qu’en Afrique du Sud, l’activité est restée stable.
En Afrique de l’Ouest, l’activité du secteur privé s’est raffermie au Nigeria en février 2026, dans un contexte de reprise des nouvelles commandes et de renforcement de la demande. Au Ghana, la contraction de l’activité a été moins marquée en février 2026, grâce au rebond des nouvelles commandes.
En février 2026, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’UEMOA s’est replié de 3,9%, tandis que celui des prix des principaux produits alimentaires importés a progressé de 3,7%.
Au niveau des pays membres de l’UEMOA, l’activité économique a ralenti en janvier 2026, l’amélioration de la production industrielle étant compensée par la baisse du chiffre d’affaires du commerce. Le taux d’inflation est ressorti à -0,1% en février 2026, après -0,5% enregistré le mois précédent.
Le taux d’intérêt moyen à une semaine du marché interbancaire s’est établi à 4,23% en février 2026, en baisse de 61 points de base (pdb) par rapport à son niveau de janvier 2026. Les conditions appliquées par les banques à la clientèle, pour leur part, ont augmenté de 13 pdb par rapport au mois précédent, passant de 6,80% à 6,93%, contre 6,81% un an plus tôt.
En Afrique de l’Ouest, l’activité du secteur privé s’est raffermie au Nigeria en février 2026, dans un contexte de reprise des nouvelles commandes et de renforcement de la demande. Au Ghana, la contraction de l’activité a été moins marquée en février 2026, grâce au rebond des nouvelles commandes
La masse monétaire a augmenté de 18,8%, en glissement annuel, à fin janvier 2026, après une hausse de 17,4% un mois plus tôt. Cette évolution résulte essentiellement de l’accroissement des actifs extérieurs nets (+179,4%) et des créances des institutions de dépôt sur les unités résidentes (+6,2%).
2. Perspectives
Le taux de croissance du PIB réel de l’UEMOA ressortirait à 6,5% au premier trimestre 2026, après une progression de même ampleur au quatrième trimestre 2025. Cette évolution serait tirée par le dynamisme des activités commerciales et des services ainsi que par la bonne campagne agricole.
Les données disponibles indiquent que le taux d’inflation devrait s’établir à +0,4% en mars 2026, puis à +0,8% en avril 2026. En effet, le renchérissement des prix des produits pétroliers dans certains pays, en lien avec la crise au Moyen-Orient, devrait alimenter des tensions sur les prix De même, la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’Union continue de perturber la chaîne de distribution des produits alimentaires, avec des effets sur les coûts.
ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
Activité économique dans le monde
Les données PMI de février 2026 font ressortir une dynamique mondiale globalement positive, avec une progression modérée aux États-Unis et une accélération en zone euro, soutenue par la production manufacturière et les services. En Chine, l’activité du secteur privé a enregistré une forte expansion, tandis qu’elle est restée stable en Afrique du Sud.
Aux États-Unis, l’indice PMI composite s’est établi à 51,9 points en février 2026, après 53,0 points en janvier 2026. La croissance a été freinée par le ralentissement de la production dans les secteurs manufacturier et des services. En zone euro, l’indice PMI composite est ressorti à 51,9 points en février 2026, en hausse par rapport aux 51,5 points enregistrés en janvier 2026, en lien avec l’augmentation de la production manufacturière et de celle des services.
Au niveau des pays émergents, l’indice PMI composite de la Chine a progressé à 55,4 points en février 2026, contre 51,6 points le mois précédent, marquant ainsi la plus forte expansion de l’activité du secteur privé depuis mai 2023. L’activité économique s’est renforcée dans les secteurs manufacturier et des services, avec une hausse des nouvelles commandes soutenue par la demande extérieure. En Afrique du Sud, l’indice PMI composite est ressorti à 50 points en février 2026, signalant la stabilité de l’activité du secteur privé pour un deuxième mois consécutif après le repli observé fin 2025.
Au niveau des pays voisins de l’UEMOA, l’indice composite s’est établi à 53,2 points en février 2026 au Nigeria, après 49,7 points en janvier 2026, indiquant un retour en expansion de l’activité du secteur privé.
Ce rebond a été porté par une reprise des nouvelles commandes et l’amélioration de la demande. Au Ghana, l’indice composite est ressorti à 49,2 points en février 2026, après 48,5 points en janvier, indiquant une contraction moins prononcée de l’activité. Cette évolution résulte du redressement des nouvelles commandes.
Actions des banques centrales
Les banques centrales continuent de privilégier une approche prudente dans la conduite de la politique monétaire, dans un contexte d’incertitudes accrues liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Au niveau des pays avancés, la Réserve fédérale des États-Unis (FED) a maintenu son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75% pour la deuxième fois consécutive lors de sa réunion du 18 mars 2026. Selon le Président de l’institution, Monsieur Jerome Powell, les incertitudes liées notamment au conflit au Moyen-Orient justifient une posture prudente.
Au niveau des pays voisins de l’UEMOA, l’indice composite s’est établi à 53,2 points en février 2026 au Nigeria, après 49,7 points en janvier 2026, indiquant un retour en expansion de l’activité du secteur privé
La Banque centrale européenne (BCE) a, le 19 mars 2026, reconduit ses taux d’intérêt, estimant que la guerre au Moyen-Orient a considérablement accru l’incertitude, engendrant des risques de hausse de l’inflation et de ralentissement de la croissance. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement, le taux de la facilité de dépôt et le taux de facilité de prêt marginal ont été maintenus respectivement à 2,15%, 2,00% et 2,40%.
Dans les pays émergents, la Banque de réserve sud-africaine (SARB) a laissé son principal taux directeur inchangé à 6,75%, le 26 mars 2026, en raison des risques de hausse de l’inflation liés au conflit au Moyen-Orient. L’inflation devrait atteindre environ 4% au deuxième trimestre 2026, sous l’effet de la montée des prix des carburants, avant de se replier progressivement vers la cible de 3% d’ici à fin 2027. La Banque populaire de Chine (PBoC) a maintenu ses taux directeurs pour le neuvième mois consécutif le 20 mars 2026. Le taux préférentiel des prêts à un an (LPR) est resté à 3,00%, tandis que le LPR à cinq ans, taux de référence pour les prêts hypothécaires, est demeuré à 3,50%. Cette prudence reflète la flambée des prix du pétrole et les tensions au Moyen-Orient qui assombrissent les perspectives d’inflation.
Dans les pays en développement, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a, le 24 février 2026, abaissé son taux directeur de 50 points de base à 26,50%, dans le but de soutenir la croissance, dans un contexte de baisse de l’inflation (15,1% en janvier 2026 contre 15,2% en décembre 2025). Selon le Gouverneur de la CBN, la transmission différée du précédent resserrement monétaire, la stabilité du taux de change et l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire contribuent à la baisse des prix.
La Banque du Ghana (BoG) a réduit son taux directeur de 150 points de base à 14,00% lors de sa réunion du 18 mars 2026 pour la cinquième fois consécutive, le ramenant ainsi à son plus bas niveau depuis février 2022. Selon la BoG, la faible inflation et les conditions intérieures favorables ont permis de procéder à une nouvelle baisse, en dépit des risques liés au conflit au Moyen-Orient.
Marchés des matières premières
En février 2026, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’UEMOA s’est contracté de 3,9%, en raison principalement de la baisse des cours du gaz naturel, du cacao, du café et du coton.
L’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA s’est replié de 3,9% en février 2026, après une hausse de 1,4% un mois plus tôt. Cette évolution est principalement imputable à la diminution des cours des produits énergétiques, en particulier le gaz naturel (-29,6%).
Cette dynamique a été amplifiée par les produits non énergétiques, avec un recul des prix du cacao (-28,5%), du café (-9,7%) et du coton (-2,1%). A l’inverse, les cours des huiles de palmiste (+8,7%) et de palme (+5,9%), du pétrole (+6,9%), de la noix de cajou (+6,2%), de l’or (+6,1%), du bois de grume (+3,7%), du caoutchouc (+3,6%), du zinc (+3,5%), de l’uranium (+2,2%) et du phosphate (+1,2%) se sont renforcés sur la période.
Dans les pays émergents, la Banque de réserve sud-africaine (SARB) a laissé son principal taux directeur inchangé à 6,75%, le 26 mars 2026, en raison des risques de hausse de l’inflation liés au conflit au Moyen-Orient. L’inflation devrait atteindre environ 4% au deuxième trimestre 2026, sous l’effet de la montée des prix des carburants, avant de se replier progressivement vers la cible de 3% d’ici à fin 2027
Les prix du gaz naturel ont fléchi en février 2026 en raison des niveaux de stocks relativement élevés, une production soutenue aux États-Unis et des prévisions météorologiques plus clémentes qui réduisent la demande de chauffage. La baisse des cours du cacao est due à des perspectives d’une offre plus abondante et d’une demande mondiale moins dynamique. Les conditions climatiques favorables en Afrique de l’Ouest et l’augmentation de la production en Équateur renforcent l’offre, tandis que le ralentissement de la consommation favorise l’accumulation des stocks.
Le recul des cours du café est attribuable à des prévisions annonçant une récolte exceptionnelle au Brésil, premier producteur mondial, et à des conditions météorologiques favorables. Le repli des prix du coton s’explique principalement par les inquiétudes persistantes concernant la demande et des niveaux de stocks élevés.
MARCHÉ FINANCIER DE L’UEMOA
Les activités du marché boursier régional ont connu une progression en février 2026. Sur le marché régional des titres publics, les États ont mobilisé 1.348,0 milliards en février 2026, soit une baisse de 229,4 milliards par rapport au montant levé le mois précédent.
Marché boursier de l’UEMOA
Sur la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), à fin février 2026, l’indice BRVM composite et l’indice BRVM 30 ont respectivement progressé de 14,5% et 12,1% par rapport à leurs valeurs à fin janvier 2026. A la date du 20 mars 2026, les indices BRVM composite et BRVM 30 se sont repliés respectivement de 2,2% et 1,5% par rapport à leur valeur de fin février 2026. En glissement annuel, les indices BRVM composite et BRVM 30 se sont raffermis respectivement de 36,1% et 26,3% par rapport à leur moyenne de février 2025.
La capitalisation boursière totale a augmenté de 27,8% par rapport à fin février 2025 pour s’établir à 27.583,1 milliards. Cette évolution a été imprimée notamment par la hausse des indices des branches « Industriels » : +33,6%, « Consommation de base » : +29,5%, « Services Publics » : +20,3%, « Energie » : +18,8%, « Consommation discrétionnaire » : 16,7%, « Services financiers » : 13,4% et « Télécommunications » : +7,9%. La capitalisation du marché des actions s’est accrue de 46,8% à 16.105,0 milliards, tandis que celle du marché des obligations a progressé de 8,1% à 11.478,1 milliards.
L’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA s’est replié de 3,9% en février 2026, après une hausse de 1,4% un mois plus tôt. Cette évolution est principalement imputable à la diminution des cours des produits énergétiques, en particulier le gaz naturel (-29,6%)
Marché des titres de la dette publique
Au cours du mois de février 2026, le montant global des émissions a baissé par rapport au mois précédent, tandis que les coûts d’emprunts ont augmenté. Sur le marché par adjudication, les ressources levées au cours du mois de février 2026 par les États membres de l’UMOA se sont élevées, en termes bruts, à 1.348,0 milliards, dont 397,1 milliards de bons du Trésor (29,5%) et 950,9 milliards d’obligations du Trésor (70,5%). Par rapport au mois de janvier 2026, les ressources mobilisées ont baissé de 229,4 milliards (-14,5%), en lien avec la diminution des émissions d’obligations (-310,2 milliards ou 24,6%), partiellement compensée par la hausse de celles des bons (+80,8 milliards ou 25,5%).
En glissement annuel, le volume global des émissions par adjudication a progressé de 216,9 milliards ou 19,2% par rapport à la même période de l’année précédente. Le taux de couverture global des émissions par adjudication a diminué pour ressortir à 155,2% en février 2026 contre 157,7% le mois précédent. Sur le compartiment de la syndication, le marché financier régional n’a enregistré aucune opération au cours du mois de février 2026. Au total, les pays de l’Union ont mobilisé au cours du mois sous revue 1.348,0 milliards sur le marché financier régional, correspondant à une baisse de 14,5% (-229,4 milliards) par rapport au mois de janvier 2026. Comparativement au mois de février 2025, les ressources mobilisées laissent apparaître une progression de 18,7% (+212,6 milliards).
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’UEMOA
Les perspectives économiques de l’Union monétaire sur le court terme restent bien orientées, mais dépendent de l’évolution de la conjoncture internationale, de la situation socio-politique et sécuritaire de l’Union ainsi que des conditions climatiques. Le maintien de la confiance des chefs d’entreprise contribuerait à soutenir les performances économiques de l’UEMOA.
Croissance
Dans les prochains mois, l’activité économique au sein de l’Union devrait se consolider. La croissance serait principalement portée par le renforcement de la demande intérieure et des améliorations continues dans certains secteurs clés, tels que l’agriculture vivrière, les industries manufacturières, le commerce, les services non marchands, ainsi que la pêche et l’élevage.
D’après l’enquête de conjoncture de la BCEAO, les chefs d’entreprise interrogés anticipent des performances meilleures.
La baisse des cours du cacao est due à des perspectives d’une offre plus abondante et d’une demande mondiale moins dynamique. Les conditions climatiques favorables en Afrique de l’Ouest et l’augmentation de la production en Équateur renforcent l’offre, tandis que le ralentissement de la consommation favorise l’accumulation des stocks
Selon les prévisions de la BCEAO, l’activité économique en glissement annuel progresserait de 6,5% au premier trimestre 2026, après une estimation de même ampleur au quatrième trimestre 2025. Le dynamisme des activités commerciales et des services ainsi que les bonnes
perspectives de la campagne agricole 2025/2026 contribueraient à renforcer la croissance dans les pays de l’UEMOA.
Sur l’ensemble de l’année 2025, le PIB de l’Union, en termes réels, progresserait de 6,7%, après une réalisation de 6,2% en 2024. L’activité économique serait soutenue par une demande intérieure robuste et une bonne tenue des productions extractives et agricoles.
Monnaie
Les estimations situent le taux de croissance en glissement annuel de la masse monétaire de l’Union à 18,5% à fin février 2026, après 18,8% à fin janvier 2026. L’amélioration de 9.769,1 milliards en variation annuelle serait essentiellement imputable à l’accroissement des créances intérieures de 3.825,2 milliards (+6,2%), ainsi qu’à la consolidation des AEN des institutions de dépôt, attendus à hauteur de 8.669,2 milliards.
L’augmentation anticipée des créances intérieures serait liée à la hausse, en glissement annuel, des créances nettes sur les unités de l’administration publique centrale (+6,9%) et à celle des créances sur l’économie (+5,6%).
Analysée sous l’angle de ses composantes, la croissance en glissement annuel de la masse monétaire reflèterait, à fin février 2026, le renforcement des dépôts (+17,7%) et la circulation fiduciaire (+21,2%).
Inflation
En perspective, le taux d’inflation en glissement annuel au sein de l’Union devrait ressortir à +0,4% en mars 2026, avant d’atteindre +0,8% en avril 2026. Cette progression s’expliquerait par le renchérissement des prix des produits pétroliers dans certains pays, en lien avec la crise au Moyen-Orient. De même, la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’Union continue de perturber la chaîne de distribution des produits alimentaires, avec des effets sur les coûts.

