FRANÇAIS
Les critères majeurs qui peuvent affecter l’indépendance et l’efficacité d’un organe de gestion des élections (OGE) sont les suivants:
(i) la force de caractère de ses membres, tout particulièrement du président de l’OGE. Ainsi, au Ghana et en Sierra Léone, c’est la force de caractère du président de la commission qui a résisté aux pressions des partis politiques qui a assuré la qualité des élections ; en revanche, au Nigeria, au moins jusqu’à la désignation d’un nouveau président, en 2010, les personnes à la tête de la commission étaient considérées comme étant à la solde du parti au pouvoir. (..)
(ii) La stabilité dans les fonctions des membres de l’OGE est plus importante que leur processus de désignation. Au Ghana, par exemple, la désignation du président et des deux vice-présidents de la Commission électorale (EC) est plus ou moins laissée à l’entière discrétion du président, mais une fois nommés, ils sont irrévocables. Ils ont la même sécurité de travail que les juges. Au Bénin, le fait que l’OGE soit recréé à l’issue de chaque élection et qu’il ne soit installé que pour quelques mois, engendrent une instabilité et la possibilité de manipulation. Ceci est, dans une certaine mesure, contrebalancé par l’absence dans la législation de dispositions prévoyant la révocation des membres de l’OGE en cours de mandat.
(iii) La stabilité du personnel administratif. Plus le personnel est temporaire et recruté au moment des élections, plus grand est le risque d’une gestion électorale non compétente et plus grande est la possibilité d’influencer une telle gestion électorale. Au Bénin, les membres de la commission ne sont en place que pour quelques mois et il y a très peu de continuité d’une commission à l’autre. Comme le montre l’exemple du Cap-Vert, la gestion des élections relevant de structures gouvernementales peut s’avérer être un atout.
(iv) La sécurité du financement des OGE. Le manque de financement garanti et prévisible – peu importe qu’il provienne du gouvernement central ou des bailleurs de fonds – qui soit à l’abri de toute ingérence politique du régime ou de l’instabilité des préférences des donateurs, engendre des défis énormes.
Par exemple, le rôle du ministre des Finances dans la préparation du budget électoral est plus significatif au Sénégal qu’au Cap-Vert. En conséquence la CNE au Cap-Vert a un degré de contrôle plus élevé sur le processus budgétaire et donc un degré d’indépendance plus important que la CENA au Sénégal.