

Auteur : Groupe de la Banque Mondiale
Site de publication: Groupe de la Banque Mondiale
Type de publication : Rapport
Date de publication : 2022
Lien vers le document original
La région a réalisé des progrès rapides en matière d’élargissement de l’accès à l’éducation, mais reste à la traîne par rapport aux autres régions du monde. En moyenne, seuls 31 pourcent des enfants de la région bénéficient des programmes d’éducation de la petite enfance. Les enfants ne vont pas tous à l’école primaire et les taux de scolarisation dans le secondaire sont nettement inférieurs à ceux des autres régions. Avec 20 pourcent des enfants en âge d’être scolarisés qui ne vont pas à l’école, la région AOC compte le plus grand nombre d’enfants non scolarisés au monde. La couverture insuffisante de l’enseignement dans le passé explique la présence d’un grand nombre d’adultes peu instruits au sein de la population active dans toute la région.
La Stratégie porte sur trois domaines: renforcer le leadership stratégique pour un impact à long terme ; investir dans des interventions à haut niveau d’impact tout au long du cycle d’apprentissage pour des gains rapides ; et améliorer la capacité de mise en œuvre pour un impact à long terme. En outre, la stratégie met en évidence certaines priorités transversales font également partie intégrante de la Stratégie.
Renforcer le leadership stratégique pour un impact à long terme
Le leadership stratégique des hauts décideurs politiques porte sur trois interventions au moins :
■ Galvaniser l’engagement commun en faveur des objectifs prioritaires de l’éducation. Les outils familiers pour y parvenir comprennent le cadrage adéquat des problématiques et des données en appui à des messages clairs, des dialogues et des réseautages pour créer des alliances pour la réforme, création des situations « gagnant-gagnant » par des négociations et des arrangements pour faire avancer les objectifs nationaux prioritaires. Le dialogue et le réseautage revêtent une importance particulière lorsque les normes sociales, les préférences religieuses ou les questions culturelles constituent des obstacles majeurs au changement.
■ Promouvoir une bonne gouvernance du système éducatif, ce qui implique l’adoption d’une approche à l’échelle de l’ensemble du gouvernement, pour favoriser et stimuler la cohérence, la coopération et la coordination entre les silos organisationnels. L’élaboration de stratégies nationales d’éducation dans le contexte des plans de développement globaux peut signaler un engagement politique et mettre en cohérence les efforts de plusieurs organismes. Dans l’enseignement primaire et secondaire, la bonne gouvernance des établissements scolaires requiert un juste équilibre entre redevabilité et autonomie. Dans l’ETFP et l’enseignement supérieur, la bonne gouvernance commence par la mise en place du cadre juridique et réglementaire nécessaire pour définir la redevabilité et l’autonomie des prestataires de services.
■ Assurer un financement adéquat et une utilisation efficace des ressources. Les gouvernements de la région AOC doivent prioriser leurs dépenses afin de réduire au minimum, voire d’inverser, les récentes pertes d’apprentissage dues à la pandémie, tout en mobilisant des fonds supplémentaires pour l’éducation. Des budgets plus serrés signifient que les pays d’AOC doivent améliorer la qualité des dépenses publiques en matière d’éducation en réduisant les gaspillages et les fuites, en accordant la priorité au financement d’un enseignement et un apprentissage efficaces, et en garantissant une allocation équitable des ressources.
Composer avec les défis transversaux pour reconstruire l’éducation pour la résilience et l’impact
Dans le monde en mutation rapide d’aujourd’hui, le secteur de l’éducation doit se concentrer sur deux lignes d’action complémentaires qui concernent les différents piliers et domaines de la Stratégie :
■ Impulser un nouvel élan au développement du capital humain dans le contexte de la pandémie et dans un contexte de fragilité, de conflit et de violence exacerbés.
Dans le contexte de la pandémie, il sera primordial de protéger les dépenses d’éducation. Il est tout aussi important de veiller à ce que les fonds soient déployés efficacement pour inverser les pertes d’apprentissage et les abandons scolaires. Les transferts monétaires et autres incitations financières en faveur des filles et d’autres groupes de population vulnérables apporteront une incitation essentielle à rester à l’école.
L’investissement dans l’apprentissage à distance à faible coût et la formation des enseignants à l’utilisation de cette technologie peuvent contribuer à réduire au minimum les pertes d’apprentissage, à améliorer les compétences pédagogiques des enseignants et à donner au système éducatif une plus grande résilience aux chocs à venir. Par ailleurs, le contexte de niveaux élevés de conflit et de violence exige certaines mesures. Par exemple, il est indispensable que les écoles puissent fonctionner en toute sécurité, ce qui nécessite des mesures telles que des dispositifs d’alerte précoce et une protection de sécurité solide.. Il est également essentiel que les cours puissent se poursuivre en cas de perturbations, ce qui nécessite des mesures telles que les écoles temporaires, les cercles d’apprentissage et l’apprentissage à distance). Il est essentiel d’élargir l’accès à l’enseignement secondaire, supérieur et professionnel ainsi que les opportunités d’emploi si l’on veut aider les jeunes à éviter de rejoindre les organisations extrémistes et de s’engager dans la violence. Dans l’enseignement supérieur, les études sur les conflits peuvent permettre d’approfondir la compréhension de la dynamique de la violence. Les programmes scolaires peuvent également intégrer des éléments visant à encourager un comportement pacifique chez les enfants et les jeunes.
■ Reconstruire en mieux pour renforcer la résilience et l’impact du système. À l’ère actuelle du changement climatique, le secteur de l’éducation doit contribuer aux efforts d’atténuation et d’adaptation. Les nouveaux emplois verts exigent plus de compétences cognitives, ainsi qu’une expertise technique dans de nombreux domaines où la demande est en hausse comme la gestion des catastrophes, la conservation de l’eau, et les technologies vertes, etc. Des initiatives plus vastes sont nécessaires pour créer des programmes d’enseignement destinés à sensibiliser le public et les élèves dans les écoles au changement climatique et aux compétences de vie nécessaires pour l’adaptation et l’atténuation par exemple, recyclage, récupération de l’eau, plantation d’arbres, habitudes de consommation, choix de moyens de transport, etc. De plus, il est vital de former les enseignants à mettre en œuvre des protocoles d’évacuation en cas d’urgence. Les décisions relatives à la construction des écoles doivent viser à accroître la résilience aux chocs induits par le changement climatique en réduisant au minimum l’exposition à la chaleur, au vent, aux crues soudaines, à l’érosion des sols et à d’autres problèmes.
■ Reconstruire en mieux consiste également à tirer parti du potentiel des technologies éducatives. Quatre interventions s’avèrent essentielles : (1) élargir l’application de la pédagogie structurée à l’aide d’outils numériques ; (2) mettre en place des écoles et des universités ouvertes avec des classes virtuelles, où l’ensemble ou une partie de l’apprentissage se fait à distance et en ligne ; (3) au niveau supérieur, doter tous les étudiants de compétences numériques, en mettant l’accent sur les compétences numériques avancées pour leur permettre de tirer pleinement parti des possibilités offertes par l’économie numérique ; (3) utiliser les technologies éducatives pour améliorer les systèmes d’information de gestion de l’éducation de façon à permettre la prise de décision fondée sur les données.
Il sera par ailleurs nécessaire d’exploiter les innovations de pointe, notamment les chaînes de blocs pour suivre les dépenses d’éducation ; l’apprentissage automatique pour identifier les élèves en risque d’abandon et de les en protéger, en particulier les filles ; l’apprentissage adaptatif pour renforcer l’apprentissage par les élèves ; et la réalité virtuelle pour développer les compétences professionnelles.
Renforcer les capacités de mise en œuvre et de S&E
Pour renforcer les capacités de mise en œuvre ainsi que de suivi et d’évaluation, le secteur de l’éducation doit donner la priorité à deux lignes d’intervention :
■ Renforcer les capacités managériales et techniques pour la mise en œuvre. En premier lieu, les gouvernements devront renforcer les capacités managériales des directeurs d’école. Ces derniers doivent être en mesure de superviser les opérations quotidiennes, d’évaluer les besoins, de planifier de nouveaux programmes, de gérer les budgets, etc. Les gouvernements doivent également renforcer la capacité du personnel technique afin que celui-ci puisse assumer la responsabilité des services de base à l’échelle du système pour soutenir le travail des enseignants et des directeurs d’école. Dans l’éducation de base et secondaire, les services essentiels comprennent l’élaboration des programmes d’études, les examens et les évaluations des élèves, la formation des enseignants, et l’inspection et la supervision des écoles. Enfin, les gouvernements doivent accroître la capacité de gestion des finances publiques afin d’améliorer discipline et une plus grande efficacité dans l’allocation des fonds publics pour l’éducation et dans le suivi des flux et des dépenses budgétaires.
■ Renforcer les systèmes de données sur l’éducation pour un processus décisionnel éclairé. Le renforcement des systèmes d’information et la création d’une culture de décisions fondées sur les données peuvent contribuer à assurer une meilleure adéquation entre les ressources et les objectifs prioritaires. L’investissement dans la collecte et l’utilisation de données désagrégées (par écoles, enseignants et élèves) permet de mener des interventions ciblées et des réformes plus larges, améliorant ainsi l’efficacité et l’équité dans la prestation de services. L’utilisation de technologies géoréférencées peut également contribuer à systématiser les informations et à améliorer le processus décisionnel. De même, il est particulièrement important d’améliorer la capacité nationale à collecter et à utiliser des données d’évaluation de l’apprentissage ainsi qu’à suivre les résultats des diplômés sur le marché du travail.
L’impératif économique et social
Investir dans l’éducation dans la région AOC produira des rendements substantiels tant sur le plan individuel que collectif. Un plus grand nombre d’années de scolarité et une meilleure qualité de l’éducation sont associés à de meilleurs emplois formels et à des revenus plus élevés. Investir dans l’éducation permettrait de réduire la pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée. Une augmentation du taux brut de scolarisation au primaire de 50 à 100 pourcents entraînerait une augmentation de 8 points de pourcentage de la part des revenus des ménages du décile le plus pauvre. L’éducation permettrait également d’améliorer la survie des enfants et les résultats en matière de santé, de réduire les taux de mariage d’enfants et de grossesse précoce, et de renforcer le capital social en vue de stabiliser les régions où le tissu social est fragilisé.

