

Auteurs : UNESCO, AFD, Institut Français
Site de publication : Ressources Educatives
Type de publication : Rapport
Date de publication : Juin 2022
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Améliorer l’efficience des stratégies des et politiques de production et diffusion des ressources éducatives
Résoudre durablement et de manière efficace la disponibilité, l’accès et l’utilisation des ressources éducatives par les élèves et les établissements d’enseignement nécessite pour les pays de disposer de stratégies et de politiques structurées, cohérentes et efficientes. Ce qui permet d’inscrire la planification, la production, l’acquisition et la mise à disposition de ressources éducatives diversifiées et de qualité aux élèves, aux enseignant·e·s et aux écoles. Les questions d’analyse et d’amélioration des stratégies et politiques en matière de ressources éducatives sont alors posées pour les pays d’Afrique subsaharienne francophone. Les ateliers et panels organisés pour traiter la présente thématique s’articulent autour de la problématique de l’analyse diagnostique des stratégies et politiques en matière de ressources éducatives et de la mise en œuvre d’une feuille de route régionale pour l’amélioration de l’efficience des stratégies et politiques de production et de diffusion de ces ressources.
Les travaux permettront de présenter et d’échanger le guide méthodologique d’analyse diagnostique élaboré par le projet, les résultats et constats issus des analyses diagnostiques des trois pays pilotes et le projet de feuille de route pour l’amélioration de l’efficience des stratégies et politiques en matière de ressources éducatives. L’outil méthodologique d’analyse diagnostique propose une analyse autour de 7 dimensions : 1) les facteurs socio-économico-culturels nationaux pertinents, 2) l’accessibilité des manuels scolaires et des guides de l’enseignant, 3) la pertinence perçue des manuels scolaires, 4) la disponibilité et la pertinence des matériels didactiques, 5) la gestion des contenus, de l’édition et de la distribution des manuels scolaires, 6) l’intégration des ressources numériques dans l’éducation et 7) le coût et le financement des ressources éducatives.
L’analyse diagnostique des stratégies et politiques conduite auprès de trois pays pilotes présente des stratégies et des structures organisationnelles différentes pour l’acquisition et l’allocation des ressources éducatives aux élèves et écoles. Les choix stratégiques pour mettre à disposition les ressources éducatives, notamment les manuels, sont spécifiques à chacun des 3 pays, mais aucun n’a atteint le taux minimal exigé d’un manuel en lecture et mathématiques par élève pour les cycles d’éducation de base. Les résultats d’analyse ainsi que les recommandations spécifiques émises par chacun des pays ont été présentés et validés à travers des ateliers pays. Ceci a été suivi d’un atelier régional regroupant l’ensemble des 3 pays pilotes pour la priorisation des recommandations, l’analyse de l’ensemble des recommandations et propositions en prenant en compte les problématiques d’accès aux ressources éducatives et les pratiques internationales pour identifier les principaux repères pour des actions structurantes. Ils ont été organisés sous la forme feuille de route stratégique pour le soutien à l’amélioration des stratégies et politiques en matière de ressources éducatives pour le projet.
Évaluer la qualité des ressources éducatives au programme dans les pays d’Afrique subsaharienne francophone
La problématique de la qualité des ressources éducatives étant en lien avec les besoins d’apprentissage, cette évaluation est une exigence pour l’amélioration continue de la qualité des ressources éducatives pour des apprentissages de qualité. « L’accès équitable à des manuels et matériels pédagogiques de grande qualité apparaît comme une condition essentielle d’un apprentissage réussi tout au long de la vie. Pour progresser de manière sensible dans sa réalisation, il importe d’accorder une attention égale aux trois principes étroitement liés que sont l’accès, la qualité et l’efficacité. Des manuels et ressources didactiques de grande qualité et pertinents seront de peu d’utilité s’ils ne sont pas entre les mains des apprenants. Même de bonne qualité du point de vue de l’acquisition des connaissances, ces matériels risquent fort d’être remis en question s’ils ne répondent pas aux besoins réels des apprenants, considérés individuellement, en tant que citoyens du monde, à l’échelle locale ou collective ».
Le concept d’éducation de qualité « désigne généralement un processus qui permet à l’apprenant d’acquérir les compétences techniques qui lui sont nécessaires dans le monde du travail, pour s’adapter à l’évolution du mode de vie et pour assumer des responsabilités plus complexes ». Le Cadre d’action de Dakar, 2000, a noté que, pour pouvoir dispenser un enseignement de qualité, « les établissements d’enseignement et les programmes […] doivent disposer de ressources appropriées réparties de façon équitable, l’essentiel étant de disposer […] entre autres de livres, d’autres matériels pédagogiques et de technologies adaptées, d’un coût raisonnable et accessible à tous les apprenants ».
L’évaluation de la qualité des manuels scolaires a été réalisée au Bénin, au Burundi, à Madagascar, au Niger, au Sénégal et au Togo en partenariat avec la CONFEMEN. Une grille d’évaluation indépendante a été coconstruite et validée avec les pays, et cible trois dimensions principales d’évaluation : 1) éditoriale, technique et ancrage socio-culturel des manuels scolaires, 2) pédagogique et 3) didactique. L’évaluation de qualité a porté sur des disciplines clés au primaire et premier cycle du secondaire général : français, mathématiques, sciences de la vie et de la terre et physique-chimie. Un des axes principaux de réflexion pour cette thématique est d’améliorer les mécanismes de partenariats et de coordination pour la qualité des ressources éducatives et la production de ressources éducatives mutualisables au niveau régional. En effet, avec un public d’apprenant·e·s diversifié·e·s aux besoins tout aussi diversifiés, aucun État pris isolément ne peut satisfaire à lui seul les besoins en matériel didactique de tous ses acteurs. La mutualisation et la collaboration dans la production des ressources éducatives sont des leviers pour soutenir la diversité de ressources éducatives de qualité pour les apprenant·e·s dans la mesure où, pour les cycles d’éducation formelle, il semble y avoir une convergence des cadres d’orientation curriculaire pour l’approche par compétences. Les pays bénéficiaires de l’activité d’évaluation de la qualité des manuels au programme ont adopté la Déclaration de Cotonou appelant à l’évaluation de la qualité des ressources éducatives et la collaboration dans la production de ressources éducatives mutualisables. Un échange sur les modalités selon lesquelles les États peuvent collaborer et se coordonner pour soutenir cette production doit se tenir.
Les ressources éducatives: Pierre angulaire pour l’amélioration des résultats d’apprentissage des élèves
L’accès aux ressources éducatives est un élément clé de l’amélioration des résultats d’apprentissage des élèves, mais elles jouent également un rôle politique et culturel central en tant que vectrices de représentations du monde, de ponts entre les langues et les cultures, d’outil de transmission de valeurs de citoyenneté. Elles sont donc l’enjeu de décisions politiques et stratégiques résultant de délibérations de la part des États sur leur conception, et parfois leur production.
Dimension éducative
Les ressources éducatives, entendues comme supports pédagogiques physiques ou numériques, individuels ou collectifs, utilisés dans un contexte d’apprentissage, permettent de véhiculer et de transmettre des notions, des concepts et des contenus d’enseignement. Elles peuvent être de différentes catégories : manuels scolaires, guides pédagogiques destinés aux formateur·rice·s, matériel didactique, titres de littérature de jeunesse. Elles sont évolutives et construites avec l’enseignant·e, qui, au cours de sa carrière, se constitue souvent une banque de ressources sur lesquelles s’appuyer selon sa méthode d’enseignement et les préférences de ses élèves. Les ressources éducatives sont aussi le support du programme scolaire et de la langue d’enseignement choisie. En permettant un accès à des connaissances variées, en participant à développer les aptitudes élémentaires des élèves comme la lecture et le calcul, et en favorisant l’acquisition durable des savoirs, elles sont un outil essentiel au renforcement des résultats d’apprentissage et à l’épanouissement intellectuel des élèves. Esprit critique, autonomie, créativité sont autant de capacités au développement desquelles elles contribuent. Aujourd’hui, elles sont unanimement reconnues comme étant l’apport facilitateur le plus important, aux côtés de l’enseignant·e, pour assurer une éducation de qualité pour tous.
Activité de l’institut au français 2020-2022
Avec l’objectif de faire du livre de jeunesse le compagnon des apprentissages, l’Institut français a défini 3 axes d’intervention pour la composante :
- Stimuler le développement de politiques publiques en faveur du livre et de la lecture à travers la conduite d’actions de plaidoyer ;
- Renforcer les capacités des acteur·rice·s de la chaîne du livre en accompagnant la structuration de la filière au niveau local ;
- Mettre en place des actions de sensibilisation et de médiation permettant de faire évoluer la perception et l’usage du livre.
Le projet a débuté en mars 2020, avec la conduite de 6 études diagnostiques sur les liens entre littérature de jeunesse, médiation et éducation au Bénin, au Burkina Faso, en Guinée, à Madagascar, au Mali et au Sénégal. Ces états des lieux nationaux ont permis d’identifier 3 pays pilotes au sein desquels les pouvoirs publics et les professionnel·le·s de la chaîne du livre de jeunesse étaient particulièrement dynamiques et impliqué·e·s et où l’effet levier induit par le projet pourrait avoir un impact significatif. Les Institut français du Bénin, de Guinée et de Madagascar ont ensuite pris le relais, pour élaborer et conduire des plans d’actions nationaux en lien avec des comités multi-acteur·rice·s mis en place au sein des 3 pays pilotes. Pendant ces 18 mois, un important travail de plaidoyer a été conduit en faveur de la littérature de jeunesse. Des ateliers de plaidoyer ont été organisés dans les 6 pays, réunissant cadres des ministères de la Culture et de l’Éducation, responsables d’association de médiation, bibliothécaires, enseignant·e·s et professionnel·le·s de la chaîne du livre, auteur·trice·s, éditeur·rice·s, libraires… Ces dialogues multi-acteur·rice·s ont également été favorisés à une échelle régionale par plusieurs temps forts tel que le Salon du livre jeunesse de Conakry, les Rencontres internationales du livre francophone du Rwanda… mais aussi à l’échelle de la Francophonie avec une participation importante de ressortissant·e·s des pays ciblés par le projet aux États généraux du livre en langue française dans le monde organisés à Tunis en septembre 2021.

