

Auteurs : UNESCO, UA, UNICEF
Site de publication : UNESCO
Type de publication : Rapport
Date de publication : 2023
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Éducation de la petite enfance et préparation à la scolarité
Une éducation de la petite enfance, EPE, de qualité est fondamentale pour améliorer la préparation des enfants à l’école primaire. Il en découle que c’est également un outil potentiel permettant de mitiger l’écart croissant des inégalités de développement chez les enfants pendant leurs premières années de scolarité, et présentant l’opportunité de rompre les cycles intergénérationnels d’inégalité. L’accès à l’éducation de la petite enfance offre aussi la possibilité d’une identification précoce des besoins spéciaux et facteurs de risque des enfants vivant avec un handicap. Les gouvernements africains ont adopté une variété de modèles et approches pour ce type d’enseignement. Si bien cette diversité suggère une certaine capacité d’adaptation à des circonstances spécifiques, elle soulève aussi des préoccupations en relation à la qualité de l’éducation proposée. En effet, les programmes de faible qualité peuvent entraîner des risques pour la sécurité, la santé et le bien-être émotionnel des enfants.
Principaux constats et défis
▪ Les différences dans l’accès à l’enseignement entre les pays africains sont particulièrement marquées s’agissant de l’EPE. En outre, si l’évolution enregistrée à cet égard ces cinq dernières années est globalement positive, elle est loin d’être régulière et uniforme, et reste également en deçà des attentes.
▪ Les disparités liées à la richesse sont profondes et omniprésentes. Si les disparités liées au lieu de résidence sont importantes dans l’ensemble des pays pour lesquels des données sont disponibles, les disparités liées à la richesse semblent l’être davantage.
▪ S’agissant de la parité des sexes, les filles semblent bénéficier de l’EPE au même titre que les garçons dans environ la moitié des pays. Les garçons sont favorisés dans un quart des pays et les filles dans le dernier quart.
▪ Les données relatives à l’évolution de l’accès à l’EPE dans sept pays suggèrent que les enfants les plus pauvres sont plus susceptibles d’être les derniers à bénéficier de l’élargissement de l’accès et les premiers à en être privés lorsque la disponibilité de l’EPE diminue.
▪ Quant à la qualité des services d’EPE évaluée à l’aune des qualifications académiques des enseignants à savoir, la proportion d’enseignants de l’EPE dont les qualifications sont conformes aux normes nationales, des différences sont manifestes ; cela étant, dans environ la moitié des pays pour lesquels on dispose de données, plus de 90 % des enseignants sont diplômés.
▪ Les constats de recherches soulignent l’importance de l’éducation de la petite enfance comme un investissement fondamental et économique apportant des bénéfices sur le long-terme, en particulier lorsque intégré à un système d’éducation primaire robuste.
Solutions / Initiatives pays Côte d’Ivoire
Côte d’Ivoire: Un programme de préparation accélérée à l’école cible les enfants de 5/6 ans qui n’ont pas eu accès à un programme préscolaire, avec le Education Partnership Group.
Malawi : Les centres communautaires pour la petite enfance (CBCC en anglais) offrent une éducation de base et une stimulation cognitive, en particulier dans les zones rurales où l’accès à l’EPE formelle est limité.
Maroc : Une approche à l’apprentissage basée sur le jeu et centrée sur l’enfant est utilisée dans des environnements de classe dynamiques, les enseignants ayant reçu une formation spécialisée pour combiner ces méthodes avec le développement des premières notions de lire et compter.
RCA : L’accès aux programmes d’EPE est élargi grâce à des centres communautaires adaptés, à faveur des enfants touchés par la guerre civile, en collaboration avec UNICEF et Plan International.
Tanzanie : Un programme de formation initiale diplômante de 3 ans est dispensé dans six écoles normales, et formation continue proposée sur le programme et la pédagogie du préprimaire. Les enfants d’âge pré primaire sont inclus dans la base de calcul des subventions proportionnelles aux écoles, et un soutien scolaire est offert aux élèves du préprimaire dans les zones d’accès difficile « Fursa Kwa Watoto ».
Recommandations
- Établir et mettre en œuvre des normes minimales de qualité, en termes de structure, processus et de système.
- Placer l’équité et l’inclusivité au cœur des investissements et initiatives politiques visant à l’élargissement de l’accès à l’EPE, avec des programmes d’intervention ciblant les enfants vulnérables, des approches pédagogiques inclusives et de mesures garantissant l’accès aux familles pauvres.
- Encourager la participation du secteur privé à la prestation de services d’EPE dans les régions plus dynamiques afin que les dépenses publiques puissent davantage bénéficier aux communautés défavorisées.
- Promouvoir le renforcement des capacités, notamment pédagogiques, des responsables, encadrants et autres acteurs de la petite enfance, afin de veiller au bien-être des enfants et favoriser les apprentissages.
- Renforcer l’allocation budgétaire à faveur de la petite enfance en réalisant les arbitrages intra sectoriels requis, afin d’évoluer vers une couverture universelle d’au moins une année d’enseignement préscolaire.
- Accompagner et inciter le développement de solutions communautaires d’EPE, pour favoriser l’accès et l’équité tout en assurant le respect des normes de qualité.
Étude de cas
Une structure institutionnelle solide et un développement communautaire de l’EPE au Kenya. Au Kenya, 42 000 centres d’EPE accueillent 3,3 millions d’enfants, employant 120 000 enseignants, dont plus de 90 % sont formés. À l’échelle nationale, trois enfants sur quatre ont accès au préprimaire. Le succès s’est construit sur un modèle communautaire déployé à l’échelle nationale suite à l’indépendance, pour financer la construction et l’équipement de centres. Quant à lui, le gouvernement a promulgué des normes, développé un programme éducatif performant et mis à disposition des enseignants formés par le biais du Centre national pour l’éducation de la petite enfance. Des efforts ciblent certaines communautés marginalisées, dont les musulmans, Samburu, Masaï, et les pastoraux nomades.

