

Auteurs : Asafika Mpako, Samuel Balongo et Aubrey Ghambi
Site de publication : https://www.afrobarometer.org/
Type de publication : Dépèche
Date de publication : Janvier 2026
Du niveau d’instruction
Dans l’ensemble des pays sondés, 18% ont fait des études supérieures, tandis qu’une proportion similaire de répondants déclarent n’avoir jamais été scolarisés. Les niveaux d’instruction des citoyens varient considérablement d’un pays à l’autre. Si 48% des adultes sont titulaires d’un diplôme post-secondaire aux Seychelles, moins d’un citoyen sur 10 peuvent en dire autant au Bénin (9%), en Mauritanie (9%), au Mozambique (5%).
Les données d’enquête confirment qu’en moyenne, les jeunes africains ont un niveau d’instruction plus élevé que leurs aînés. 11% des jeunes adultes déclarent ne pas avoir fait d’études formelles, soit moins de la moitié de ceux âgés de plus de 55 ans (26%). Les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’avoir fait des études secondaires ou post-secondaires (54% contre 62%) et plus susceptibles de n’avoir tout simplement pas fait d’études formelles (18% contre 13%).

L’écart moyen de 5 points de pourcentage en défaveur des femmes quant à l’accès à un certain niveau d’instruction formelle cache des variations importantes d’un pays à l’autre, avec des écarts à deux chiffres en Guinée (22 points), au Bénin (18 points). Le Lesotho est le seul pays sondé où l’écart est nettement favorable aux femmes (10 points de pourcentage), 10 pays affichant une parité entre les sexes (avec des différences inférieures à 3 points de pourcentage).
Enjeux de genre dans l’éducation publique
La plupart (86%) des Africains affirment qu’il est désormais rare, voire impossible, dans leur communauté, que des filles soient empêchées d’aller à l’école parce que leur famille privilégie l’éducation des garçons. Toutefois, en moyenne, à travers les 38 pays sondés, 13% des répondants affirment que cette situation est fréquente, avec des pourcentages allant jusqu’à 27% au Malawi et 28% au Cameroun.
A travers les 38 pays sondés, 27% affirment que les écolières sont « souvent » ou « toujours » victimes de discrimination, de harcèlement ou de requêtes sexuelles de la part des enseignants. Les écarts sont considérables d’un pays à l’autre : Sept Gabonais sur 10 déclarent que les écolières sont fréquemment victimes de tels traitements, tandis que 2% sont de cet avis à Maurice. Les grossesses précoces et la maternité chez les adolescentes constituent également des obstacles majeurs à la scolarisation des filles, entraînant des taux de décrochage élevés. 81% des citoyens sont favorables à ce que les filles qui tombent enceintes ou ont des enfants puissent poursuivre leurs études, dont 4% qui sont « tout à fait en accord » avec cette idée.

Les grossesses précoces et la maternité chez les adolescentes constituent également des obstacles majeurs à la scolarisation des filles, entraînant des taux de décrochage élevés, des risques sanitaires accrus, une stigmatisation sociale et des conséquences économiques néfastes qui persistent souvent tout au long de leur vie. Les Africains accordent une grande importance au droit à l’éducation des filles enceintes et des mères en âge scolaire : une grande majorité (81%) des citoyens sont favorables à ce que les filles qui tombent enceintes ou ont des enfants puissent poursuivre leurs études, dont 4% qui sont « tout à fait en accord » avec cette idée (Figure 8). La majorité des répondants à travers tous les pays sondés sont d’accord.

L’éducation, une priorité publique
L’éducation occupe la troisième place sur la liste des problèmes prioritaires auxquels les gouvernements africains devraient s’attaquer, alors qu’elle occupait la sixième place en 2021/2023. Citée par 23% des répondants parmi les trois grandes priorités d’action gouvernementale, l’éducation est à égalité avec la hausse du coût de la vie, les infrastructures/routes et l’approvisionnement en eau, juste derrière la santé et le chômage dans l’agenda politique des Africains (Figure 16).

Les pays diffèrent considérablement dans la manière dont ils priorisent l’éducation parmi leurs problèmes les plus urgents (Figure 17). Plus de la moitié des citoyens de Guinée-Bissau (56%) et du Libéria (51%) mentionnent l’éducation parmi les préoccupations les plus urgentes de leur pays. En revanche, moins d’un dixième des Malawites (5%) et des Mauriciens (3%) considèrent l’éducation comme une préoccupation majeure, la plaçant loin derrière dans leur liste de priorités pour l’action gouvernementale. Si le gouvernement devait accroître ses dépenses pour aider les jeunes, l’éducation occuperait la deuxième place parmi les priorités des Africains, bien que loin derrière la création d’emplois (48% contre 16%) (Figure 18).

A travers les 38 pays sondés les répondants sont six fois plus susceptibles d’avoir un emploi à temps plein rémunéré en espèces s’ils ont fait des études post-secondaires que s’ils n’ont pas fait d’études formelles (43% contre 8%). De même, le taux de pauvreté réelle diminue de plus de moitié entre les répondants sans scolarité formelle (37%) et ceux titulaires d’un diplôme post-secondaire (16%).

La place importante accordée à l’éducation parmi les priorités des citoyens reflète son lien communément admis avec l’emploi et le bien-être économique. A travers les 38 pays sondés par Afro barometer, par exemple, les répondants sont six fois plus susceptibles d’avoir un emploi à temps plein rémunéré en espèces s’ils ont fait des études post-secondaires que s’ils n’ont pas fait d’études formelles (43% contre 8%) (Figure 19). De même, le taux de pauvreté réelle diminue de plus de moitié entre les répondants sans scolarité formelle (37%) et ceux titulaires d’un diplôme post-secondaire (16%).

Conclusion
Les données suggèrent des progrès à long terme dans le domaine de l’éducation : Les jeunes africains surpassent leurs aînés en termes de niveau d’instruction, et la plupart des citoyens affirment qu’il est désormais rare, voire inexistant, que les filles soient empêchées d’aller à l’école parce que leurs familles privilégient l’éducation des garçons. La plupart des Africains soutiennent le droit à l’éducation des filles enceintes et des mères adolescentes et estiment que les écoles devraient dispenser une éducation sexuelle afin d’aider les jeunes à prendre des décisions éclairées.
Mais les inégalités persistent en défaveur des filles et des femmes, ainsi que des habitants des zones rurales et des plus démunis. Plus particulièrement, une minorité importante de citoyens déclarent que les écolières sont « souvent » ou « toujours » victimes de discrimination, de harcèlement ou de requêtes à caractère sexuel de la part des enseignants.
Dans l’ensemble, seule la moitié des Africains se déclarent satisfaits des performances gouvernementales en matière d’éducation, tandis que l’autre moitié en demande davantage. L’éducation figure en bonne place dans la liste des priorités citoyennes en matière d’action gouvernementale.
