Auteurs : Brice Sinsin, Mireille Toyi, Sylvestre Chabi Djagoun, Achille Assigbadjo, Is Deen Akambi, Augustin Orou Matilo
Site de publication : Biodev 2030
Type de publication : Rapport
Date de publication : Juin 2021
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La mission d’évaluation a concerné tout le Bénin, un pays de l’Afrique de l’Ouest qui s’étend sur une superficie totale de 114 763 km² avec une côte longue de 125 km. L’approche méthodologie inspiré du modèle DPSIR est principalement basée sur trois axes d’intervention, (i) la revue de littérature, (ii) les enquêtes auprès des experts et (iii) l’analyse de la métrique STAR (Species Threat Abatement and Restoration).
L’évaluation des écosystèmes habitats des divers groupes taxonomiques étudiés montre une tendance à la régression de leur superficie entre 2005 et 2015. Quant à la diversité taxonomique le Bénin compte environ 2807 espèces de plantes, 552 espèces de champignons supérieurs, 603 espèces d’oiseaux, 157 espèces de mammifères (dont 2/3 de petits mammifères), 103 espèces de reptiles, 221 espèces de poissons d’eau douce, 136 espèces de poissons marins et saumâtres et 51 espèces d’amphibiens.
A l’unanimité, les données de la littérature et les avis des experts indiquent une baisse de la population de ces espèces au cours du temps malgré la présence et l’accroissement du nombre de massifs forestiers et de réserves de biodiversité représentant actuellement environ 25 % du territoire national.
Les principales menaces à la base de ce déclin relèvent du domaine de l’agriculture et aquaculture (secteur agricole et pêche), de l’exploitation des ressources dont prioritairement le secteur forestier (bois d’œuvre et PFNL), et du développement résidentiel et commercial (secteur de l’urbanisation).
Même si l’ordre d’importance de ces menaces varie d’une source à une autre (littérature, avis d’experts et STAR), il est d’une unanimité claire que ces trois secteurs constituent des facteurs d’érosion des populations d’espèces quel que soit le groupe biologique.
Au terme de cette mission et au vu des résultats obtenus et des expériences de terrain des recommandations ont été formulées essentiellement sur les plans scientifique, technique et institutionnel.
A l’unanimité, les données de la littérature et les avis des experts indiquent une baisse de la population de ces espèces au cours du temps malgré la présence et l’accroissement du nombre de massifs forestiers et de réserves de biodiversité représentant actuellement environ 25 % du territoire national
Ainsi, grâce au renforcement de la recherche scientifique, les diverses lacunes de connaissance identifiées seront comblées et serviront de feuille de route aux décideurs (Ministères et démembrement des secteurs économiques et environnementaux) qui devront renforcer également les bases juridiques et institutionnelles permettant de réduire fortement les menaces sur la diversité biologique et la restauration de leur habitat.
Toutes les parties prenantes (ONG, les acteurs en charge de la gestion des aires protégées, les communautés locales et le secteur privé…) devront être associées afin de mettre en place une synergie d’action dans les secteurs prioritaires identifiés. Au nombre de ces actions, nous suggérons ce qui suit :
Sur le plan scientifique et technique :
‐ Identification des zones géographiques représentant des lacunes dans la connaissance de la diversité des différents groupes biologiques par les institutions de recherche d’ici 2025 afin d’approfondir la connaissance de l’état de la biodiversité et les principales actions à mener ;
‐ Renforcement de la recherche scientifique dans la connaissance de l’écologie des espèces des afin de combler les lacunes au niveau de l’estimation des AOH de plusieurs espèces et de l’évaluation des menaces sur les principaux groupes taxonomiques ;
‐ Financement du Laboratoire d’Ecologie Appliquée pour de l’actualisation de la liste rouge des espèces menacées du Bénin à l’horizon 2025 ;
Les principales menaces à la base de ce déclin relèvent du domaine de l’agriculture et aquaculture (secteur agricole et pêche), de l’exploitation des ressources dont prioritairement le secteur forestier (bois d’œuvre et PFNL), et du développement résidentiel et commercial (secteur de l’urbanisation)
‐ Culture de la vulgarisation par le partage des connaissances avec les communautés à travers des ateliers de restitution et de formation des acteurs à la base sur l’importance de la biodiversité et la nécessité de sa conservation ;
‐ Offre des bourses de formation (Msc et PhD) dans des domaines spécifiques des sciences de l’environnement.
‐ Mise en place des stratégies durables de conservation de la biodiversité visant une conservation ex-situ (pour les populations d’espèces menacées ou en déclin) en plus de la conservation in-situ (pour les espèces non encore menacées).
Sur le plan institutionnel :
‐ Renforcement des actions visant à faire respecter les réglementations existantes en lien avec la préservation de la biodiversité dans les aires protégées (forêts classées, réserves de biosphères, forêts sacrées, KBAs) à travers l’adoption d’un nouveau code forestier et l’organisation des états généraux par l’administration forestière en collaboration avec toutes les parties prenantes;
‐ Renforcement des capacités des ONG (et des acteurs privés des secteurs économiques dans la réduction des pressions sur la biodiversité) sur la responsabilisation des communautés dans la conservation et la gestion des ressources naturelles basée sur des sessions d’Information, d’Éducation et de Communication (IEC) ;
‐ Formation des points focaux biodiversité au calcul et à l’utilisation des métriques STAR de l’UICN d’ici 2022;
‐ Mise en œuvre de synergies d’actions entre les divers secteurs économiques clés identifiés d’une part et des ONG, des acteurs en charge de la gestion des aires protégées et les communautés locales d’autre part, et sur la base d’un engagement volontaire ou motivé en vue d’atteindre des objectifs de réduction des menaces sur la biodiversité ;
‐ Implication des structures gouvernementales (Ministères et démembrement des secteurs économiques et environnementaux) dans toutes les actions suscitées afin de consolider les assises juridiques autour de celles-ci,
‐ Renforcement des capacités institutionnelles et des communautés locales sur les mesures de gestion durable de la biodiversité et du partage des avantages qui en découlent.
A l’endroit de la coordination du projet BIODEV2030
‐ Privilégier surtout la filière du coton dans l’engagement des dialogues visant à faire changer les habitudes et pratiques vis-à-vis de la conservation de la biodiversité ;
‐ Mettre en synergie des acteurs pour conduire des activités du projet BIODEV2030 à travers un cadre de concertation multi-acteurs ;
‐ Inciter les élus locaux à prendre des engagements dans la préservation de la biodiversité à travers l’exécution des activités prévues dans les plans de développement communal ;
‐ Financer le renforcement des capacités des acteurs dans l’utilisation de l’outil STAR ;
‐ Clarifier le cahier de charge de la Direction Générale des Eaux Forêts et Chasse dans le cadre du projet BIODEV2030 ;
‐ Collaborer dans le cadre de l’exécution des activités du projet BIODEV2030 avec les organisations internationales comme la FAO qui est en charge de la restauration pour la décennie 2030 ;
‐ Mener des consultations pour obtenir l’engagement des différents projets en cours sur les plantations forestières à favoriser la plantation des espèces autochtones afin d’accroître la diversité biologique dans ces zones.
