

Auteur : CEDEAO
Site de publication: ECOWAS
Type de publication : Rapport
Date de publication : Juillet 2025
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Environnement économique mondial
En 2024, l’économie mondiale a affiché une croissance fragile mais stable, la croissance de la production se maintenant à 3,3 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, la croissance mondiale devrait ralentir à 2,8 % en 2025, sous l’effet des mesures tarifaires agressives prises par les États-Unis, de la détérioration de la confiance des investisseurs et de la montée de l’incertitude. Le conflit israélo-palestinien, qui a éclaté en juin 2025, a intensifié les risques géopolitiques, menaçant de perturber les marchés de l’énergie. Une escalade régionale plus large pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole, compromettant ainsi les récents progrès réalisés dans la maîtrise de l’inflation mondiale. Pour faire face à cet environnement incertain, il sera nécessaire de désamorcer les tensions et de mettre en œuvre des réponses politiques coordonnées et prudentes, afin de rétablir une croissance stable et durable.
Croissance économique et inflation
Graphique 1: Croissance de la production mondiale (FMI WEO, avril 2025)
La croissance mondiale est demeurée stable à 3,3 % en 2024, comme en 2023. Toutefois, elle devrait reculer à 2,8 % en 2025, en raison des effets négatifs des mesures de droits de douane imposées par les États-Unis, érodant la confiance des investisseurs et la montée de l’incertitude à l’échelle mondiale.
Les économies avancées ont enregistré une croissance de 1,8 % en 2024, soutenue par des marchés du travail dynamiques et une inflation en recul. Aux États-Unis, la croissance a atteint 2,8 % en 2024, mais devrait nettement ralentir à 1,8 % en 2025, sous l’effet de mesures tarifaires drastiques, d’un affaiblissement de la demande privée l’Europe et le Japon connaissent un ralentissement similaire, aggravé par des défis structurels et démographiques persistants.
Les marchés émergents et les économies en développement ont affiché une croissance de 4,3 % en 2024, portée par la résilience intérieure de grandes économies comme l’Inde, ainsi que par un regain temporaire de la demande extérieure. Toutefois, cette dynamique devrait s’atténuer en 2025, avec une croissance attendue à 3,7 %, en raison des effets différés des droits de douane américains, du ralentissement de l’investissement mondial et de la perturbation des flux commerciaux. En Chine, la croissance devrait reculer à 4 % en 2025, après avoir atteint 5 % en 2024, sous l’effet d’une confiance toujours fragile des consommateurs, des difficultés persistantes dans le secteur immobilier et de l’exposition accrue du pays aux tensions commerciales.
En Afrique subsaharienne, la croissance s’est renforcée à 4 % en 2024, contre 3,6 % en 2023, grâce à l’amélioration du commerce extérieur et à la reprise de la demande intérieure dans la majorité des pays. Néanmoins, elle devrait légèrement ralentir à 3,8 % en 2025, avant de rebondir à 4,2 % en 2026, sous l’effet persistant des défis mondiaux et de contraintes internes.
L’inflation mondiale moyenne a reculé pour se situer à 5,7% en 2024 contre 6,7% en 2023, et devrait poursuivre sa baisse pour ressortir à 4,3% en 2025. Dans les économies avancées, elle s’est considérablement réduite pour se situer à 2,6 % en 2024, après 4,6% en 2023, grâce à une politique monétaire rigoureuse, à la baisse des prix de l’énergie et à la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement mondiales. Plus précisément, l’inflation s’est établie à 3,0 % aux États-Unis et à 2,4 % dans la zone euro. Dans les marchés émergents et les économies en développement, l’inflation a reculé à 7,7 % en 2024, contre 8,1 % en 2023, et devrait poursuivre sa baisse pour atteindre 5,5 % en 2025. Ce ralentissement, plus modéré que dans les économies avancées, s’explique par la dépréciation persistante des monnaies dans certains pays, les pressions durables sur les prix des denrées alimentaires et la transmission plus lente de la politique monétaire. La Chine constitue toutefois une exception notable, avec une inflation exceptionnellement faible, estimée à 0,2 % en 2023 et 2024, et devrait baisser davantage pour se situer à 0,0% en 2025. Cette situation reflète la faiblesse de la demande intérieure, une confiance des consommateurs limitée, des tensions prolongées sur le marché immobilier et une capacité industrielle excédentaire, qui ont collectivement contribué à limiter les pressions inflationnistes. À l’inverse, l’inflation moyenne en Afrique subsaharienne a augmenté pour atteindre 18,3 % en 2024, contre 17,6 % en 2023. Cette accélération s’explique principalement par la dépréciation des monnaies dans plusieurs pays et par la faiblesse de la production alimentaire intérieure, en lien avec des conditions météorologiques défavorables. Toutefois, un repli de l’inflation à 13,3% est attendu en 2025, soutenu par une amélioration de la production alimentaire, une stabilisation progressive des taux de change et un renforcement de la coordination entre politiques budgétaires et monétaires.
Graphique 2: Inflation mondiale (PEM, avril 2025)
L’inflation mondiale moyenne a reculé pour se situer à 5,7% en 2024 contre 6,7% en 2023, et devrait poursuivre sa baisse pour ressortir à 4,3% en 2025. Dans les économies avancées, elle s’est considérablement réduite pour se situer à 2,6 % en 2024, après 4,6% en 2023, grâce à une politique monétaire rigoureuse, à la baisse des prix de l’énergie et à la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement mondiales. Plus précisément, l’inflation s’est établie à 3,0 % aux États-Unis et à 2,4 % dans la zone euro. Dans les marchés émergents et les économies en développement, l’inflation a reculé à 7,7 % en 2024, contre 8,1 % en 2023, et devrait poursuivre sa baisse pour atteindre 5,5 % en 2025. Ce ralentissement, plus modéré que dans les économies avancées, s’explique par la dépréciation persistante des monnaies dans certains pays, les pressions durables sur les prix des denrées alimentaires et la transmission plus lente de la politique monétaire.
À l’inverse, l’inflation moyenne en Afrique subsaharienne a augmenté pour atteindre 18,3 % en 2024, contre 17,6 % en 2023. Cette accélération s’explique principalement par la dépréciation des monnaies dans plusieurs pays et par la faiblesse de la production alimentaire intérieure, en lien avec des conditions météorologiques défavorables
La Chine constitue toutefois une exception notable, avec une inflation exceptionnellement faible, estimée à 0,2 % en 2023 et 2024, et devrait baisser davantage pour se situer à 0,0% en 2025. Cette situation reflète la faiblesse de la demande intérieure, une confiance des consommateurs limitée, des tensions prolongées sur le marché immobilier et une capacité industrielle excédentaire, qui ont collectivement contribué à limiter les pressions inflationnistes. À l’inverse, l’inflation moyenne en Afrique subsaharienne a augmenté pour atteindre 18,3 % en 2024, contre 17,6 % en 2023. Cette accélération s’explique principalement par la dépréciation des monnaies dans plusieurs pays et par la faiblesse de la production alimentaire intérieure, en lien avec des conditions météorologiques défavorables. Toutefois, un repli de l’inflation à 13,3% est attendu en 2025, soutenu par une amélioration de la production alimentaire, une stabilisation progressive des taux de change et un renforcement de la coordination entre politiques budgétaires et monétaires.
Commerce mondial
Le commerce mondial de marchandises a rebondi de 2,9 % en 2024, après une contraction de 1 % en 2023, grâce à une reprise vigoureuse des exportations et des importations dans les économies émergentes et en développement. Les économies avancées ont également enregistré des gains modestes, portés par le recul de l’inflation et l’amélioration de la demande mondiale. Toutefois, les droits de douane massifs imposés par les États-Unis en 2025 ont ravivé les tensions commerciales, notamment avec la Chine, entraînant une contraction attendue du commerce mondial de 0,2 % cette année-là. Une reprise modérée à 2,5 % est prévue en 2026, sous l’impulsion des marchés émergents. Néanmoins, l’escalade des risques géopolitiques et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement pourraient continuer de peser sur les perspectives commerciales au-delà de 2026.
Évolution des prix à la Consommation
En 2024, les prix mondiaux des produits de base ont affiché des tendances mitigées. Le pétrole brut et le minerai de fer ont respectivement baissé de 2,5 % et 9,3 %, reflétant la faiblesse de la demande et l’abondance de l’offre, tandis que l’or a augmenté de 22,9 % en raison de la demande de valeurs refuges. Les prix du cacao ont plus que doublé en raison de pénuries liées aux conditions météorologiques et le caoutchouc a fortement augmenté en raison d’une offre insuffisante. Les perspectives pour 2025 restent divergentes : le prix du pétrole brut devrait tomber à 64 dollars le baril, mais pourrait augmenter si les tensions au Moyen-Orient persistent ; le minerai de fer pourrait encore baisser pour atteindre 95 dollars la tonne métrique ; l’or pourrait atteindre 3 250 dollars l’once avant de se tasser ; et le caoutchouc devrait atteindre 2 000 dollars la tonne métrique. Les marchés des produits de base restent vulnérables aux variations de la demande mondiale, aux chocs de l’offre et aux risques géopolitiques.
Marché monétaire et financier
Les conditions monétaires et financières mondiales étaient tendues en 2024, en raison de l’incertitude politique, de la résurgence des tensions géopolitiques et de la réapparition de chocs défavorables, notamment de l’évolution des politiques commerciales. Selon le Rapport d’avril 2025 du FMI sur la stabilité financière dans le monde, les risques pour la stabilité financière ont augmenté en raison de la hausse de la volatilité des marchés et des valorisations d’actifs restées élevées. Les banques centrales des économies avancées ont adopté une attitude prudente, car bien que l’inflation se soit modérée dans certaines régions, les pressions sous-jacentes persistantes et l’incertitude quant à l’inflation future ont limité la marge de manœuvre pour un assouplissement. En revanche, un assouplissement monétaire était attendu sur les marchés émergents, en raison du ralentissement de la croissance, mais la dépréciation des monnaies et les contraintes de financement extérieur ont restreint leur marge de manœuvre. L’indice des conditions financières du FMI a révélé un resserrement généralisé dans les principales économies, ce qui a amplifié les risques de baisse.
Toutefois, les droits de douane massifs imposés par les États-Unis en 2025 ont ravivé les tensions commerciales, notamment avec la Chine, entraînant une contraction attendue du commerce mondial de 0,2 % cette année-là
Perspectives et implication de la CEDEAO
Les perspectives économiques mondiales pour 2025 et au-delà seront façonnées par l’évolution de la dynamique commerciale entre les États-Unis et la Chine, l’intensification des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’aggravation des risques climatiques. La fragmentation du commerce, alimentée par le protectionnisme, menace les chaînes d’approvisionnement et la confiance des investisseurs. Les prix des produits de base, en particulier ceux du pétrole et des denrées alimentaires, devraient rester volatils, tandis que l’inflation devrait diminuer, mais rester supérieure aux normes historiques, en particulier dans les marchés émergents qui sont confrontés à des pressions monétaires et structurelles. Dans cet environnement incertain, des politiques coordonnées et une coopération mondiale sont essentielles pour préserver la stabilité et promouvoir une reprise inclusive. 20. Pour les économies de la CEDEAO, ces événements mondiaux présentent à la fois des défis et des enjeux politiques stratégiques. Une croissance mondiale plus faible et des tensions commerciales pourraient restreindre la demande d’exportation et freiner les entrées de capitaux étrangers, tandis que la volatilité potentielle des prix du pétrole pourrait aggraver les déséquilibres extérieurs des pays importateurs de pétrole et accroître l’incertitude fiscale des pays exportateurs. La hausse potentielle des prix des denrées alimentaires et de l’énergie pourrait également compliquer la gestion de l’inflation dans la région. En outre, le resserrement des conditions financières mondiales pourrait limiter l’accès au financement extérieur et augmenter le coût du service de la dette. Pour y répondre, les pays de la CEDEAO devraient intensifier leurs efforts pour renforcer la résilience économique, notamment par la mobilisation des recettes nationales, l’intégration commerciale régionale, les investissements d’adaptation au climat et une meilleure coordination monétaire et fiscale, afin d’atténuer les vulnérabilités extérieures et de maintenir les progrès vers la convergence macroéconomique et les objectifs de développement.

