Auteur : Reporters sans frontière
Site de publication : RSF
Type de publication : Fiche pays
Date de publication : 2026
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Le pays se distingue dans la région par un cadre de travail favorable pour les journalistes. La liberté de la presse est garantie par la Constitution. Les responsables des médias publics, qui dominent le paysage médiatique, sont toutefois nommés directement par le gouvernement.
Paysage médiatique
Le Cap-Vert, compte tenu de sa taille, dispose d’un paysage médiatique diversifié. Il existe cinq chaînes de télévision – dont la chaîne publique Televisão de Cabo Verde (TCV), la plus regardée -, trois chaînes privées et une chaîne portugaise à destination des pays d’Afrique lusophones. Le pays dispose d’environ 10 radios, dont une publique (Radio de Cabo Verde, RCV). Concernant la presse écrite ou en ligne, le Cap-Vert compte une agence de presse, deux journaux imprimés et environ cinq sites d’information. La géographie de l’archipel rend toutefois difficile la diffusion des médias sur l’ensemble des 10 îles.
Contexte politique
Si, selon la loi garantissant le pluralisme, tous les partis politiques peuvent disposer de leur espace dans les médias, ce constat est à nuancer. Jusqu’en 2019, le gouvernement nommait les responsables de la Radio Télévision Capverdienne (RTC), mais désormais, un conseil indépendant existe pour les choisir. Or, dans les faits, les décisions du conseil coïncident toujours avec celles du gouvernement, et ces groupes audiovisuels publics donnent presque toujours la priorité aux actions du pouvoir. Sous les pressions étatiques, l’autocensure y est répandue. Le Cap-Vert entretient encore une culture du secret, l’État n’hésitant à restreindre l’accès aux informations d’intérêt public.
Cadre légal
La Constitution et les lois sont très favorables à l’exercice du journalisme, les professionnels peuvent donc exercer librement. La loi garantit la protection des sources. Un article du Code de procédure pénale datant de 2005 permet cependant d’incriminer toute personne, y compris les journalistes, en cas de violation du secret de l’instruction. Cette loi n’avait jamais causé de problème, jusqu’au mois de janvier 2022, où trois journalistes du secteur privé et leurs organes de presse ont été inculpés pour ce motif.
Sécurité
Depuis l’ouverture démocratique en 1991, aucun journaliste n’a été détenu, enlevé, écouté ou surveillé dans l’exercice de sa profession. Certains journalistes de la presse privée ont toutefois déjà rapporté avoir été la cible de menaces envoyées après un reportage. Les journalistes publiant des articles sur le pouvoir en place, mais aussi sur des partis de l’opposition, peuvent également faire l’objet de harcèlement sur les réseaux sociaux de la part de leurs militants.

