Auteur : Banque africaine de développement (BAD)
Site de publication : afdb.org
Type de publication : Analyse économique / Perspectives macroéconomiques nationales
Date de publication : Juin 2026
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Évolution macroéconomique récente
Le taux de croissance économique du Cabo Verde est estimé à 5,2 % en 2025, contre 7,3 % en 2024, en raison de coupures d’électricité et d’une baisse de l’aide publique au développement. La banque centrale a relevé son taux directeur de 1,50 % en novembre 2024 à 2,50 % en février 2025 afin de contenir l’inflation, qui est passée de 1,0 % à 2,3 %. Le solde budgétaire s’est amélioré, affichant un excédent de 1,1 % du PIB en 2025, contre un déficit de 1,1 % en 2024, grâce à une gestion prudente des dépenses. L’excédent de la balance courante s’est légèrement réduit, passant de 3,7 % à 3,2 % du PIB, en raison d’une hausse de la demande d’importations. La dette publique a reculé de 109,2 % à 103,7 % du PIB, grâce à la maîtrise des dépenses et à des financements concessionnels. Les investissements directs étrangers et les transferts de fonds ont contribué à l’augmentation des réserves de change, qui sont passées de 729 millions d’euros un an plus tôt à 978 millions d’euros en novembre 2025. Le secteur financier a maintenu sa stabilité, avec une baisse du taux de prêts non performants.
Évolution sociale
Le Cabo Verde se classe 135e sur l’indice de développement humain, avec un score de 0,668 et une espérance de vie de 72,9 ans (RDH 2025), des caractéristiques qui témoignent d’un niveau de développement humain moyen. En 2025, la Banque mondiale a reclassé le pays dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Néanmoins, la poursuite de la diversification économique demeure une priorité essentielle.
Perspectives et risques
Le pays devrait connaître une croissance modérée en 2026 et 2027, s’établissant respectivement à 4,7 % et 5,0 % du PIB. La dynamique de croissance en 2026 sera portée par la vigueur de la demande de services touristiques et par la poursuite des investissements dans les infrastructures. Après ses interventions actives en 2025, la banque centrale devrait adopter une approche plus modérée au cours des deux prochaines années. L’inflation devrait s’établir à 2,6 % en 2026 et 2,3 % en 2027. Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 1,3 % en 2026 et 1,0 % en 2027, au fur et à mesure que les besoins en investissements publics augmentent. La balance courante suivra la même tendance, passant d’un excédent de 1,1 % du PIB en 2026 à un déficit de 1,8 % du PIB en 2027. Les prévisions de croissance sont assorties de risques non négligeables, principalement imputables à la détérioration du contexte commercial mondial, susceptible de freiner la croissance économique mondiale et d’avoir des répercussions sur les économies périphériques.
Mobiliser des financements à grande échelle pour le développement du pays, dans un monde fragmenté
Le Cabo Verde affiche un solde budgétaire et un solde de la balance courante négatifs récurrents. Cette situation s’explique par les contraintes qui limitent la capacité du pays à mobiliser ses ressources nationales. La structure économique du pays est fortement informelle : 60 % des entreprises ne contribuent pas aux recettes fiscales. De plus, le marché des capitaux en est à ses balbutiements et n’est pas relié aux marchés régionaux et internationaux. L’État devrait poursuivre ses efforts pour renforcer le système de recouvrement des recettes.
Le Cabo Verde devrait créer les conditions nécessaires à l’intégration de son système financier, y compris son marché des capitaux, aux marchés régionaux et internationaux afin de faciliter les flux de fonds destinés aux investissements de développement. Les besoins d’investissement du Cabo Verde s’élèvent à environ 235 millions de dollars US par an. Malheureusement, le monde fragmenté actuel et l’architecture financière mondiale déséquilibrée pourraient ne pas offrir un environnement propice au pays pour satisfaire pleinement ses besoins d’investissement.
Pour que le pays puisse mobiliser des financements pour le développement, il devrait continuer à renforcer la gestion de ses finances publiques, mener des réformes de son administration fiscale, moderniser son secteur financier et l’intégrer aux marchés régionaux et internationaux, et faciliter la mise en place d’instruments de financement innovants tels que les obligations vertes, les échanges de dette et les partenariats public–privé.

