

Données générales
Nom officiel : République de Cabo Verde
Chef de l’Etat : José Maria Pereira Neves, élu le 17 octobre 2021
Chef du Gouvernement : José Ulisses Correia e Silva depuis 2016, réélu en avril 2021
Données géographiques
Superficie : 4 033 km2
Capitale : Praia
Villes principales : Praia, Mindelo, Assomada
Langue (s) officielle (s) : Portugais
Langue (s) courante (s) : Portugais, Créole
Monnaie : Escudo cap-verdien (1 euro = 110 escudos)
Politique intérieure
Depuis son indépendance en 1975, le pays est gouverné dans la stabilité. Après quinze ans de régime d’obédience marxiste dirigé par un parti unique, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) est né en 1980 de l’éclatement du Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert (PAIGC) suite au coup d’Etat en Guinée Bissao.
Le multipartisme a été institué en 1990. La transition s’effectue pacifiquement avec la victoire du Mouvement pour la démocratie (MPD). Reconduit en 1995, le MPD perd les élections de 2001, face au PAICV : M. Pedro Pires est élu à la présidence (avec 12 voix d’écart sur un total de plus de 150 000 suffrages exprimés) et M. José Maria Neves, secrétaire général du PAICV, est nommé Premier ministre.
Pedro Pires est réélu en février 2006 face à l’ancien Premier ministre Carlos Veiga, le PAICV conservant la majorité à l’Assemblée nationale. Suite aux élections législatives de février 2011, le PAICV conserve la majorité absolue. Mais Jorge Carlos Fonseca (MPD) remporte, le 21 août 2011, le second tour de l’élection présidentielle capverdienne avec 54% des voix. Il devient ainsi le quatrième président de la République du Cap-Vert.
Les élections législatives de mars 2016, puis les municipales de septembre, confirment la popularité du MPD, dont le vice-président (et Maire de Praia), M. Ulisses Correia e Silva, devient Premier ministre. Le 2 octobre 2016, le président Jorge Carlos Fonseca est réélu pour un deuxième et dernier mandat, avec 74% des voix.
Le Cap-Vert est récemment sorti d’un processus électoral de plusieurs mois : élections municipales en octobre 2020, élections législatives en avril 2021 et élections présidentielles en octobre 2021.
Politique étrangère
L’appartenance à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) constitue une composante importante de la politique extérieure du Cap-Vert, seul pays insulaire de la région. Malgré sa taille modeste, le Cap-Vert mène une diplomatie active et ambitieuse et affirme sa vocation à être une passerelle entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Le Cap-Vert se caractérise par une importante diaspora : on estime à plus de 800 000 le nombre de capverdiens résidant à l’étranger (dont environ 100 000 en France).
Le pays abrite l’Institut de recherche internationale sur l’intégration régionale et les transformations sociales de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la CEDEAO (CEREEC).
Le Cap-Vert a signé en décembre 2010, avec les gouvernements de l’Espagne et du Portugal ainsi que les gouvernements régionaux des Açores, des Canaries et de Madère, la déclaration commune portant création de la Macaronésie, espace politique et de coopération régionale renforcée : outre ses bénéfices directs pour les quatre archipels, il vise à ancrer davantage le Cap-Vert à l’Union européenne et à améliorer son accès à l’Afrique occidentale.
Si le Cap-Vert cherche à diversifier ses appuis extérieurs (Union européenne, Etats-Unis, Chine, Afrique du Sud), son appartenance au monde lusophone demeure déterminante. Il a ainsi accueilli sur l’île de Sal, du 16 au 18 juillet 2018, le sommet des chefs d’Etat de la Communauté des Pays de langue portugaise (CPLP), dont le thème était «Culture, Peuples, Océans ». Il a par ailleurs adhéré à la Francophonie en décembre 1996.
Situation économique
L’archipel cap-verdien, isolé et disposant de très peu d’eau douce, est largement dépendant de l’extérieur. Son PIB (11,63 Md EUR en 2018) est dominé par le tourisme et le commerce d’importation. Le secteur primaire (6 % du PIB) tend à se développer mais demeure loin de satisfaire les besoins domestiques : ne disposant que de 10% de terres arables, le Cap-Vert importe 85% de ses besoins alimentaires. L’industrie (18 % du PIB) est à la recherche de débouchés extérieurs pour des activités de sous-traitance (secteurs aéronautique et pharmaceutique notamment). Le secteur des services (62 % du PIB) est porté par le tourisme (20 % du PIB et 200 M€ par an) et les services financiers.
Le Cap-Vert a su s’imposer comme l’un des pays les plus dynamiques de la région. Cet essor a néanmoins été fortement obéré par la crise économique et les difficultés des principaux partenaires européens du pays (en particulier Portugal et Espagne). La bonne tenue du secteur touristique a longtemps permis au pays d’échapper à la récession. Néanmoins, la conjugaison de dépenses de soutien à l’activité économique et de recettes limitées par le ralentissement de la croissance s’est progressivement traduite par un déficit budgétaire important. La dette publique a atteint 123,9 % du PIB fin 2018.
Le pays a été considérablement impacté par la pandémie de Covid-19 qui a touché de plein fouet le tourisme qui est l’une des principales sources de revenus de l’archipel (30% du PIB, 800 000 touristes en 2019).
En 2020, le Cap-Vert a vu son PIB reculer de 8 points, son endettement avoisine les 150% du PIB et le chômage approche les 20%. La forte baisse reflète l’impact considérable de la pandémie sur les exportations (-76%), la consommation privée (-14%) et l’investissement (-27%). Les secteurs liés du transport et du tourisme sont les plus touchés par la crise avec une baisse respective de leur valeur ajoutée brute de -71% et -96%. De même, les valeurs ajoutées brutes de l’industrie manufacturière, de la construction et du commerce ont respectivement baissé de plus de 30%.
Le Cap-Vert se situe dans la moyenne pour trois catégories (droits, État de droit et participation) du cadre mondial de la démocratie ; il obtient d’excellents résultats en matière de représentation. Il figure parmi les 25 % des meilleurs pays au monde pour de nombreux indicateurs et seulement parmi les 25 % les moins performants en ce qui concerne l’engagement civique. Par rapport à il y a cinq ans, le seul changement notable est un recul de l’efficacité du Parlement, ce qui pourrait indiquer une faiblesse du pouvoir législatif dans son contrôle du pouvoir exécutif . C’est un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure dont l’économie repose sur les services , notamment le commerce et le tourisme.
La situation géographique du Cap-Vert, dans l’océan Atlantique, en faisait un comptoir commercial stratégique durant la période coloniale (1456-1975) , notamment pour la traite transatlantique des esclaves et pour le ravitaillement des colonies portugaises. Colonisé par les Portugais dès 1462, le Cap-Vert connut rapidement le développement des plantations de canne à sucre , puis celui des industries du rhum, des armes à feu et du textile. Le pays accéda à l’indépendance en 1975 et fut initialement un État à parti unique (sous l’égide du même parti qu’en Guinée-Bissau, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert – PAIGC), avant d’instaurer un système multipartite en 1991. Les premières élections multipartites eurent lieu en 1992.
Aujourd’hui, le Cap-Vert abrite une communauté créole , une minorité africaine, une petite population d’origine européenne et une communauté juive séfarade. Bien que l’appartenance ethnique ne soit pas un enjeu politique majeur et que la Constitution garantisse les droits des étrangers et des immigrés, les Capverdiens à la peau plus foncée sont victimes de discrimination et de colorisme . La discrimination sexiste constitue un problème social important dans le pays ; elle se traduit notamment par des violences faites aux femmes et un important écart salarial entre les sexes (malgré la garantie constitutionnelle de l’égalité salariale et des résultats moyens en matière d’égalité des sexes). L’augmentation récente de la représentation des femmes à l’Assemblée nationale est toutefois encourageante.
Les principaux enjeux à suivre dans un avenir proche concernent la participation politique et l’accès à la justice, car de récents sondages indiquent une forte méfiance envers les institutions démocratiques. Le pouvoir judiciaire a répondu aux critiques formulées à l’ encontre du système judiciaire en recommandant , entre autres , le développement des modes alternatifs de règlement des différends, l’augmentation du nombre de magistrats et d’auxiliaires de justice, ainsi que la revalorisation des salaires des magistrats. Il sera important de suivre de près ces réformes envisagées dans les années à venir.

