Auteur : Ministère de la Santé République du Bénin
Site de publication : International Cancer Control Partnership-Portal
Type de publication : Rapport
Date de publication : Janvier 2024
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Le présent Plan national de Lutte contre les Cancers (PNLC) au Bénin pour la période 2024-2028 fait suite à différents plans échus ou en cours est conçu pour renforcer la lutte, capitaliser les acquis et accélérer la cadence de la réponse nationale à ce fléau. Il est davantage focalisé sur les cancers prioritaires au Bénin tels le cancer du col de l’utérus, le cancer du sein, les cancers de l’enfant, les cancers colorectaux et le cancer du foie.
Le but du PNLC 2024-2028 est de « contribuer à la construction d’un système performant et résilient de lutte contre les cancers basés sur la disponibilité permanente de soins complets intégrés, de qualité, accessibles à tous et en tout lieu selon le cycle de vie avec la pleine participation de l’individu et de la communauté ». Son objectif est de réduire la morbidité et la mortalité liées aux cancers respectivement de 25% et de 10% d’ici 2028.
Les orientations du Plan s’appuient sur les initiatives et déclarations internationales ou régionales auxquelles le Bénin a souscrit, notamment sur les Soins de Santé primaires, la Couverture sanitaire universelle et la lutte contre les Maladies non transmissibles, ainsi que le cadre référentiel national.
Le Plan comporte les quatre (04) axes stratégiques suivants :
- Axe stratégique 1 (AS1) : renforcement de la disponibilité des infrastructures, des technologies, des médicaments et des consommables à tous les niveaux ;
- Axe stratégique 2 (AS2) : développement de l’offre de soins et services complets, décentralisés, intégrés et de qualité de la lutte contre le cancer à tous les niveaux ;
- Axe stratégique 3 (AS3) : renforcement de la disponibilité en ressources humaines de qualité dans la lutte contre les cancers à tous les niveaux ;
- Axe stratégique 4 (AS4) : renforcement de la gouvernance, du partenariat, du financement et de l’information.
Le budget global du PNLC, estimé à 5 267 452 765 (Cinq milliards deux cent soixante-sept millions quatre cent cinquante-deux mille sept soixante-cinq) francs CFA, sera couvert par les financements nationaux et les apports des partenaires. La mise en œuvre de ce plan sera soutenue par plusieurs institutions internationales, régionales et locales.
Selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), le cancer demeure aussi un problème de santé publique majeur en Afrique subsaharienne qui a enregistré 801 392 nouveaux cas et 520 158 décès en 2020.
Le but du PNLC 2024-2028 est de « contribuer à la construction d’un système performant et résilient de lutte contre les cancers basés sur la disponibilité permanente de soins complets intégrés, de qualité, accessibles à tous et en tout lieu selon le cycle de vie avec la pleine participation de l’individu et de la communauté ». Son objectif est de réduire la morbidité et la mortalité liées aux cancers respectivement de 25% et de 10% d’ici 2028
Selon les prévisions, l’Afrique enregistrera l’une des plus fortes augmentations d’ici 2040, notamment pour le cancer du sein. Le cancer du sein chez les femmes, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la prostate, les cancers colorectaux et le cancer du foie sont dans cet ordre les principaux cancers diagnostiqués et représentent la moitié de l’ensemble des cas aussi bien chez les hommes que chez les femmes en Afrique.
Au Bénin, le cancer semble affecter toutes les couches de la population sans distinction d’âge, de sexe, de classe sociale et de situation géographique avec une nette augmentation du nombre de cas, un impact sur la qualité de vie des patients et la mortalité.
L’analyse des statistiques sanitaires de 2014 à 2018 permet de déduire que sur 38 affections notifiées en consultation et en hospitalisation, 54,04% étaient des maladies transmissibles et 45,96% des maladies non transmissibles. L’examen des mêmes séries statistiques permet de relever que 46,44% des décès étaient liés aux maladies transmissibles contre 53,36% pour les maladies non transmissibles. D’année en année, le profil épidémiologique du Bénin est de plus en plus dominé par les maladies non transmissibles.
Les maladies non transmissibles constituent de nos jours, une préoccupation majeure du fait de leur fréquence et des décès qu’elles entraînent. La mortalité prématurée liée aux maladies non transmissibles est de 49,4% chez les hommes et de 36,4% chez les femmes.
Facteurs de risques environnementaux
D’après le rapport mondial sur le cancer en 2014, la concentration moyenne annuelle des matières particulaires de diamètre inférieur à 2,5μm est comprise entre 20 et 40 μg/m3 contre une norme de 10 μg/m3 en Afrique De même, 81 à 95% de la population béninoise en 2010 utilisaient des combustibles solides, source de fumée intérieure responsable de nombreuses maladies dont les cancers.
Etat nutritionnel de la population
Selon les résultats de l'”Enquête STEPS”2015, (i) 93,1% des adultes de 18 à 69 ans ne consomment pas les cinq portions de fruits et légumes, (ii) 7,6% des personnes s’adonnent à une consommation épisodique excessive de l’alcool, (iii) 17,3% consomment souvent des plats cuisinés riches en sel et (iv) 15,9 % ne s’adonnent pas à une activité physique suffisante.
Le budget global du PNLC, estimé à 5 267 452 765 (Cinq milliards deux cent soixante-sept millions quatre cent cinquante-deux mille sept soixante-cinq) francs CFA, sera couvert par les financements nationaux et les apports des partenaires
La proportion de personnes atteintes de surcharge pondérale ou d’obésité était de 23,2% et le tour de taille moyen était 79,4 cm chez l’homme et 81,5 cm chez la femme. Parmi les enfants de moins de cinq ans, 2% présentaient un surpoids selon la cinquième édition de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2017-2018).
S’agissant des adolescents (13 à 17 ans), les résultats de l’étude du Global School-based Student Health Survey 2016 au Bénin ont révélé que 41,8% s’adonnent à la consommation de l’alcool et 9,9% souffrent d’une surcharge pondérale.
Profil épidémiologique des cancers
Les données sur l’épidémiologie des cancers au Bénin sont parcellaires et reposaient essentiellement avant 2014 sur les données hospitalières. En 2014, le Ministère de la santé a mis en place un registre populationnel des cancers basé à Cotonou, sous le contrôle du Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles (PNLMNT). Un second registre populationnel a été mis en place à Parakou en 2017.
Les données issues du Registre des Cancers de Cotonou (RCC) pour la période triennale 2014-2016 indiquent que 1 086 cas de cancers ont été enregistrés, soit 608 cas (56,0%) chez les femmes et 478 cas (44,0%) chez les hommes, correspondant respectivement à un taux d’incidence standardisé sur l’âge de 78,4 et 91,8 pour 100 000 habitants.
Selon ce registre, dont les données sont non exhaustives, les cancers gynécologiques et mammaires représentaient 56,6% de tous les cancers chez les femmes. Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme (un quart des cancers chez les hommes). Son incidence est de 30,5 pour 100 000 et est similaire à celle d’autres registres ouest-africains. Les cancers du foie et du tube digestif étaient également relativement fréquents dans les deux sexes. La figure ci-dessous montre l’évolution du nombre de patients enregistrés par le RCC au fil des années.
Situation de lutte contre les cancers au Bénin
Un plan triennal de lutte contre les cancers 2013 à 2015 avait été élaboré en 2012. Il a été renforcé par un plan stratégique de lutte contre le cancer du col de l’utérus et autres cancers de la femme 2019-2023 en cours d’exécution.
Plusieurs centres hospitaliers, pour la plupart localisés à Cotonou, proposent des services de prestations en oncologie / cancérologie.
Quelques actions sont développées pour la lutte contre les cancers au Bénin :
sur le plan préventif :
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- les campagnes de dépistage de masse des lésions précancéreuses du col de l’utérus et du sein ;
- les campagnes de vaccination contre le VPH et son intégration aux SSP ;
- les campagnes de masse pour la sensibilisation à l’arrêt ou à la réduction de la consommation d’alcool et de tabac ;
- le dépistage et la sensibilisation sur le cancer dans les établissements de santé;
- l’adoption des lois, décrets et arrêtés pour la lutte contre les produits malsains à l’instar de la chicha, tabac et alcool.
sur le plan diagnostique :
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- Répartition inégale des laboratoires d’anatomopathologie fonctionnels sur le territoire national (5 dans le Littoral et ses environs dont 1 dans le secteur public ; 1 à Parakou (public) et 1 à Tanguiéta (confessionnel)).
- disponibilité de l’immunohistochimie sur deux sites (un dans un laboratoire privé de Cotonou et l’autre à Tanguiéta). ;
- Existence de deux laboratoires d’anatomopathologie au CHUMEL et au centre de dépistage et de traitement de l’ulcère de BURULI (CDTUB) d’Allada en cours de mise en service.
- Dépistage du cancer du col par la méthode IVA/ IVL est organisé dans les maternités ;
- des campagnes de sensibilisation pour le diagnostic précoce des cancers ont été organisées
- Accessibilité de l’imagerie médicale dans certaines grandes villes. La tomodensitométrie est réalisable dans cinq (05) centres à Cotonou dont un (01) dans le secteur public. Elle est disponible dans trois (03) centres à Parakou dont deux (02) dans le secteur public. Elle est également disponible dans un (01) centre privé à Djougou et un (01) autre à Porto-Novo. L’IRM est disponible uniquement à Cotonou dans deux (02) centres (un centre public et un privé). La scintigraphie (Gamma camera, SPECT/CT) et la Tomographie par Émission de Positons (TEP scan) et un Cyclotron ne sont pas encore disponibles sur le territoire
sur le plan thérapeutique :
- la chirurgie des cancers est réalisée dans plusieurs centres hospitaliers ;
- La chimiothérapie est réalisée dans plusieurs centres publics et privés. En l’absence d’oncologue médical, la chimiothérapie est organisée dans chaque discipline, lorsque les spécialistes en ont acquis la compétence (interniste, ORL, hépato-gastro-entérologue, hématologue etc.). L’accessibilité aux anticancéreux est limitée notamment pour les thérapies ciblées, l’immunothérapie et les cytotoxiques classiques de nouvelle génération, rendant difficile le respect des standards internationaux en la matière ;
- Les hémopathies malignes sont essentiellement prises en charge à la clinique universitaire des maladies du sang du CNHU-HKM et au CHUD-OP.
- la gestion des cancers pédiatriques est effectuée au CHUD-OP et au CNHU-HKM ;
- la radiothérapie n’est pas encore disponible.
Par ailleurs on observe ces dernières années, le développement de certains pôles :
- deux registres de cancers (Cotonou et Parakou) de population ont été mis en place,
- une unité d’oncologie gynécologique a été mise en place au CHU MEL,
- une unité d’oncologie pédiatrique a été mise en place au CHUD OP ,
- un pôle d’oncologie hématologique a été mis en place au CNHU HKM
Cependant, certains obstacles persistent :
- la méconnaissance du cancer par les populations,
- le sous diagnostic et le diagnostic tardif,
- l’absence de centre de cancérologie où il y a une prise en charge holistique des patients atteint de cancer
Conclusion
Le cancer constitue un problème important de santé au Bénin par sa fréquence et surtout ses conséquences sanitaires, économiques et sociales. Diverses actions sont initiées par différents acteurs pour faire face à la demande et aux besoins des populations, mais elles restaient concentrées dans les grands centres urbains, insuffisantes et peu coordonnées. Le Ministère de la Santé a élaboré le plan national de lutte contre les cancers 2024-2028 pour pallier à cette absence de synergie et mobiliser davantage d’acteurs.
