Auteurs : Ministères Béninois en charge du secteur de l’Éducation et Secrétariat Technique Permanent du PDDSE
Site de publication : Global Partnership
Type de publication : Note de performance
Date de publication : Mai 2021
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Analyse intersectorielle du CMDT de 2017 à 2021
Pour mettre en œuvre sa politique en matière d’éducation, l’Etat a alloué au secteur de l’éducation, sur la période de 2017 à 2021, une dotation budgétaire moyenne annuelle de 273 016 millions de FCFA, ce qui représente en moyenne chaque année 13,2% du budget de l’Etat. Les ressources allouées à l’éducation ont connu un accroissement moyen annuel de 4,4% sur la période considérée, en passant de 260 760 millions de FCFA en 2017 à 309 281 millions de FCFA en 2021, représentant la plus forte dotation constatée sur la période..
La répartition du budget de l’éducation entre les différents ministères en charge du secteur montre que le ministère des enseignements maternel et primaire, première priorité de l’Etat en matière d’éducation, bénéficie comparativement aux autres ministères, sur la période de 2017-2021, en moyenne 42,1% des ressources avec une forte allocation budgétaire de 45,6% en 2019. Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a enregistré la plus faible allocation qui est de 23,2% en 2020.
Analyse intersectorielle du CMDT de 2017 à 2021
Bien qu’étant la deuxième priorité de l’Etat, l’enseignement technique et la formation professionnelle sont toujours sous-financés. La part des ressources du ministère de tutelle (MESTFP), allouée à ce sous-secteur de l’éducation a chuté en passant de 21,8% en 2017 à 10,9% en 2021 avec le plus faible taux de 7,7% en 2019. En 2021, le budget alloué à l’EFTP ne représente que 3,79% du budget de l’éducation.
L’Etat alloue en moyenne sur la période de 2017 à 2020, 28,5% des dépenses courantes publiques hors services de la dette au secteur de l’éducation. La plus forte allocation est celle de 2018 (30,0%). Notons que ces dépenses courantes, allouées au secteur de l’éducation, n’intègrent pas les frais de vacations payés directement chaque année, par le Trésor Public à ces enseignants vacataires de nos collèges et lycées.
La répartition du budget de l’éducation entre les différents ministères en charge du secteur montre que le ministère des enseignements maternel et primaire, première priorité de l’Etat en matière d’éducation, bénéficie comparativement aux autres ministères, sur la période de 2017-2021, en moyenne 42,1% des ressources avec une forte allocation budgétaire de 45,6% en 2019. Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a enregistré la plus faible allocation qui est de 23,2% en 2020
En référence à la norme internationale qui est de 20%, le Bénin est largement au-dessus de celle-ci. La part des dépenses courantes publiques du secteur de l’éducation allouées à l’enseignement primaire est en moyenne de 43,2% chaque année. On note une tendance baissière sur la période passant de 44,7% en 2017 à 42,8% en 2020.
Analyse intra-sectorielle du CDMT par nature de dépenses de 2017 à 2021
L’analyse désagrégée de l’évolution des ressources allouées au secteur de l’éducation par nature de dépenses (salaires, dépenses ordinaires hors salaires et dépenses en capital) montre selon le graphique 5 que, sur la période de 2017-2021, les salaires prennent de façon générale, la plus grande part des ressources de l’éducation, dont le plus fort taux est de 58,8% en 2019. Les investissements enregistrent, quant à eux, les plus faibles taux dont 9,8% en 2019. Les dépenses ordinaires hors salaires fluctuent entre 23,4% et 32,3%.
Evolution du CDMT du MEMP de 2017 à 2021
De 2017 à 2021, le budget cumulé du MEMP s’élève à 573 036 millions de FCFA soit 42,1% du total alloué au secteur s’élevant à 1 365 078 millions de FCFA. Ce budget du MEMP a connu un accroissement moyen annuel de 4%, passant de 107 791 millions de FCFA en 2017 à 126 248 millions de FCFA en 2021.
Evolution du CDMT du MEMP de 2017 à 2021
De 2017 à 2021, le budget cumulé du MEMP s’élève à 573 036 millions de FCFA soit 42,1% du total alloué au secteur s’élevant à 1 365 078 millions de FCFA. Ce budget du MEMP a connu un accroissement moyen annuel de 4%, passant de 107 791 millions de FCFA en 2017 à 126 248 millions de FCFA en 2021.
Evolution du CDMT du MESRS de 2017 à 2021
Les prévisions budgétaires du MESRS ont connu de 2017 à 2021, un accroissement moyen annuel de 0,3% passant ainsi de 74 214 millions FCFA en 2017 à 75 247 millions F CFA en 2021.
Projections 2021 – 2023
Pour l’ensemble du secteur, on note une variation des prévisions budgétaires de 2021 à 2023. Ce qui se traduit par une régression moyenne annuelle de 0,6%. Les projections de 2022 et de 2023 sont en régression par rapport à la dotation de 2021 et sont à l’instar des prévisions des années antérieures en dessous des programmations du PSE 2018-2030.
La répartition intra sectorielle des prévisions budgétaires au titre de 2021, 2022 et 2023 est récapitulée dans le tableau 7 ci-dessous.
Analyse des performances du MEMP
De 2015 à 2019 d’importants progrès ont été réalisés en termes d’accès, de participation et de capacité d’accueil au niveau du secteur de l’éducation. Cependant, la question de rétention reste encore d’actualité avec un taux d’achèvement relativement stable sur cette période. Les indicateurs de qualité ont, quant à eux, globalement montré quelques progrès. Il importe de signaler que les disparités constatées les années antérieures dans la répartition des manuels dans les départements persistent encore au primaire.
Au niveau de l’Enseignement Maternel
Le tableau 10 montre une baisse de l’accès à cet ordre d’enseignement en 2020 par rapport à 2019. Ainsi, le taux brut de préscolarisation a respectivement passé de 16,5% à 15,2% contre une cible de 23% fixée par le PSE. La participation du privé dans cette offre d’éducation avoisine les 30% des apprenants au niveau national avec une cible de 29,8%.
Au niveau du Primaire
En 2019 les différentes mesures d’accompagnement mises en place depuis 2006 pour soutenir la décision de gratuité ont été poursuivies.
Il s’agit notamment de :
- la poursuite de l’allocation des subventions aux écoles ;
- la poursuite de la construction et de l’équipement des salles de classe ;
- le renforcement des plaidoyers et des sensibilisations des communautés, etc. Tous ces efforts conjugués et déployés par l’Etat, les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et les ONG ou autres acteurs du système ont permis de constater une variation des indicateurs d’accès de participation dans le domaine de l’enseignement primaire
Taux brut d’admission
Présentant une tendance baissière de 2015 à 2018 avec des taux respectifs de 149,8% et 141,8%, ce taux s’affiche une augmentation de 2018 à 2020 en passant de 141,5% à 148,47% soit une hausse de 6.9% par rapport à 2018. Notons qu’en 2018, ce taux s’affiche à 141,5%, soit une hausse de 2,9% par rapport à 2017.
Taux brut de scolarisation (TBS)
En ce qui concerne le Taux Brut de Scolarisation (TBS), il a connu une baisse continue de 2015 à 2020. Ainsi de 2015 où il s’est affiché à 123,4% il est descendu jusqu’à 113,3% en 2017. Cette baisse s’est accentuée jusqu’en 2020 pour atteindre 107,3%.
Toutefois, d’autres facteurs aussi importants ont contribué à améliorer les conditions d’accès et peuvent expliquer le maintien à un niveau supérieur à 100% du taux brut de scolarisation. On peut citer :
- la construction des salles de classes ;
- l’acquisition de tables bancs au profit des salles de classe construites ;
- le transfert de ressources aux communes.
Pourcentage d’élèves inscrits dans le privé Les efforts du gouvernement pour la promotion d’initiatives privées dans le domaine de l’éducation ont permis d’accroître le pourcentage d’élèves dans le privé ces dernières années. Ainsi, de 22,1% en 2015 ce pourcentage a connu une évolution continue jusqu’en 2019 où il enregistre une valeur de 27,6%, avant de connaître une légère baisse en 2020 qui affiche une valeur de 25,5%.
Le rôle non négligeable joué par ces établissements dans la résolution des problèmes relatifs à l’accès à l’éducation est ainsi mis en exergue. Cependant, pour ce statut d’enseignement, l’Etat doit veiller au respect des programmes en vigueur, à la qualité des enseignements qui sont donnés, et au maintien du privé dans des proportions pour qu’il n’échappe pas à son contrôle.
Cependant, la proportion d’enseignants qualifiés est encore inférieure à la cible fixée à 100%. De ce fait, l’amélioration du taux de qualification des enseignants reste encore d’actualité, et nécessite :
- la poursuite de la formation initiale des enseignants sans qualification, à travers les formations initiales à distance et les programmes de formations initiales ;
- le recrutement de nouveaux enseignants qualifiés ;
- la poursuite de la formation du personnel d’encadrement (conseillers pédagogiques et inspecteurs) ;
- le renforcement des visites de classe, d’école et des inspections.
Taux de redoublement
Le taux de redoublement a connu une forte hausse de 4 points entre 2016 et 2017, en passant de 10,7% à 14,9% avant de décliner à 10,8% 2018. Ce résultat enregistré qui est proche de l’atteinte de la cible de 10% montre des efforts consentis par le ministère pour une amélioration de ce taux de redoublement. Mais malgré ces efforts, ce taux se dégrade légèrement en 2020 en passant à 15,12%. Nous déduisons que les redoublements persistent toujours à l’intérieur de ces sous cycles, malgré la décision du redoublement zéro entre les sous-cycles.
Pourcentage d’élèves inscrits dans le privé Les efforts du gouvernement pour la promotion d’initiatives privées dans le domaine de l’éducation ont permis d’accroître le pourcentage d’élèves dans le privé ces dernières années. Ainsi, de 22,1% en 2015 ce pourcentage a connu une évolution continue jusqu’en 2019 où il enregistre une valeur de 27,6%, avant de connaître une légère baisse en 2020 qui affiche une valeur de 25,5%
Au niveau de l’enseignement secondaire général
Le taux brut de scolarisation comme l’indique le graphique 12 s’est dégradé de 2016 à 2020 tant au premier cycle qu’au second cycle et ceci pour les deux sexes. Il faut signaler qu’au niveau de chacun des deux cycles, ce taux est plus élevé chez les garçons.
Proportion d’heures assurées par les enseignants qualifiés
De 2017 à 2020, on observe une amélioration au niveau des heures couvertes par les enseignants qualifiés. Le taux de couverture est plus élevé au premier cycle. De 2017 à 2020, ce taux est passé de 24,4% à 40,9 % au premier cycle. Par contre, au second cycle, de 2017 à 2019, ce taux est passé de 15,3% à 21,60% avant de baisser à 18,70% en 2020. Des efforts sont donc fournis d’année en année par l’Etat pour mettre à la disposition des établissements scolaires, des enseignants de plus en plus qualifiés.
Taux de réussite au baccalauréat
L’évolution du taux de réussite au BAC montre une évolution en dents de scie avec une tendance à la hausse de 21,3 points ces dix dernières années. En 2019 et en 2020, le taux de réussite au BAC est de 50,1 % et de 49,7 %. Ces résultats jamais obtenus depuis 40 ans, s’ils sont conservés, entraîneraient une augmentation sensible des inscrits dans les universités. Des mesures conséquentes en matière de recrutement d’enseignants et de construction d’infrastructures pédagogiques devraient donc être prises pour une meilleure gestion des flux d’étudiants. La performance des candidats au BAC cache des disparités selon le département qu’il serait utile de faire ressortir.
La proportion des bacheliers inscrits dans les universités publiques a connu une baisse tendancielle ces dernières années. Cette proportion est passée de 77,3 % en 2016-2017 à 65,2% en 2019-2020.
