Auteurs : Unesco et IIEP Bureau régional pour l’Afrique
Site de publication : UNESDOC bibliothèque numérique
Type de publication : Livre
Date de publication : 2022
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Le système éducatif béninois
Depuis 2016, le secteur est administré par trois ministères : le ministère des Enseignements maternel et primaire (MEMP), le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle (MESTFP), qui intègre l’alphabétisation, et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS).
Au regard de la loi N° 2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale en République du Bénin, le système éducatif béninois est structuré en trois degrés :
Premier degré : il comprend l’enseignement maternel (ou pré primaire) et l’enseignement primaire (durée respective de deux et six ans) ;
Second degré : il comprend l’enseignement secondaire général et les enseignements secondaires technique et professionnel :
La fin des études du premier cycle est sanctionnée par l’examen du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), et la fin des études du second cycle est sanctionnée par l’examen du Baccalauréat du second degré qui donne accès au troisième degré (supérieur) ;
La fin des études de l’enseignement technique et de la formation professionnelle est sanctionnée, au niveau de chaque cycle, par des diplômes dont la dénomination et les modalités d’organisation et d’attribution sont fixées par décret.
Troisième degré : il comprend l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.
Les durées de formation varient en fonction des domaines d’études et des filières. Les nouvelles réformes du cursus de formation de l’enseignement supérieur sont la licence, le master et le doctorat.
Description du système de l’EFTP béninois
L’enseignement et la formation techniques et professionnels béninois ont connu plusieurs réformes depuis leur institutionnalisation dans les années 1930. Deux réformes principales ont permis de placer l’EFTP comme pilier de développement de l’économie. Il s’agit de (1) la restructuration de l’enseignement technique et professionnel (ETP) en un système d’enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP) de 2001, et de (2) la réforme du cursus de l’EFTP de 2017.
L’enseignement technique L’enseignement technique est une des branches du sous-secteur de l’EFTP. Les offres des enseignements qu’on y trouve sont des formations initiales regroupées dans six filières.
Ces formations sont dispensées par des établissements publics et privés à l’exception des spécialités et métiers de la filière « Sciences et Techniques Médico Sociales » qui sont disponibles seulement à l’École de formation médico-sociale de Parakou, établissement à caractère public.
Sur un total de 103 établissements fonctionnels, 27 relèvent du public avec plus de 80 % des apprenants, contre 76 du privé, qui compte moins de 20% des apprenants. L’effectif global des apprenants est estimé à 28 589 avec 9 025 filles, soit 32 %. Les tableaux qui suivent présentent en chiffres, la situation dans l’enseignement technique au Bénin.
L’effectif global des apprenants dans les centres de formation professionnelle au titre de l’année 2020 est de 2 879. Cet effectif est en hausse de 7 % comparativement à l’effectif de l’année 2019, qui était de 2 670. La part du secteur privé est de 34 % pour un total de 33 établissements contre 66 % pour le public avec 15 établissements.
La proportion de filles inscrites est de 37 % contre 63 % de garçons. La couture, la coiffure et la maçonnerie sont les métiers comportant les effectifs les plus élevés (plus de la moitié de l’effectif total), tandis que la pâtisserie, la plomberie, l’installation et la maintenance des panneaux solaires sont les métiers disposant d’effectifs limités.
Les principaux acteurs publics et privés de la FTP
La Direction de l’inspection pédagogique, de l’innovation et de la qualité (DIPIQ), qui est un organe d’inspection technique chargé de contrôler l’offre éducative dans le sous-secteur de l’enseignement secondaire général et de la formation technique et professionnelle, et d’assurer son amélioration constante.
La Direction générale de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (DGEFTP) a pour mission la conception, le contrôle et le suivi-évaluation de la politique de l’État dans le domaine de l’enseignement technique, de l’apprentissage et de la qualification professionnelle.
La proportion de filles inscrites est de 37 % contre 63 % de garçons. La couture, la coiffure et la maçonnerie sont les métiers comportant les effectifs les plus élevés (plus de la moitié de l’effectif total), tandis que la pâtisserie, la plomberie, l’installation et la maintenance des panneaux solaires sont les métiers disposant d’effectifs limités
Les directions départementales sont des structures déconcentrées du ministère. Elles sont responsables de la mise en œuvre dans chaque département de la politique nationale en matière d’enseignement secondaire, technique et de formation professionnelle.
Les données statistiques des formateurs
Dans le secteur public, l’Éthiopie et le Bénin présentent une faible présence féminine dans le corps des formateurs. Au Sénégal et à Madagascar, les femmes sont plus présentes avec respectivement 35,40 % et 37,70 %.
Dans le secteur privé, à Madagascar, la participation féminine dans le corps des formateurs est plus forte, elle est de 40,56 %. Pour les trois autres pays, les femmes ne comptent que pour 23 % au mieux (en Éthiopie) et ne sont que 7,04 % au Bénin.
Statut des formateurs
Au Bénin, les agents des différents secteurs d’activités de l’État sont répartis, suivant leur niveau de qualification professionnelle, en quatre catégories détaillées dans l’ordre hiérarchique.
Au Bénin, les personnels enseignants du public sont composés d’agents de l’État (fonctionnaires d’État et agents contractuels de droit public de l’État) et de formateurs issus de la base de données des formateurs de l’EFTP (pré-insérés). La proportion des agents de l’État parmi ces formateurs est de 56 % et, parmi eux, 52 % détiennent un diplôme professionnel d’enseignement (CAPET et BAPET). Pour ce qui est du privé, le pourcentage du personnel enseignant disposant d’un diplôme professionnel d’enseignement est estimé à 25 %.
Dans cette population de 1 963 enseignants du public, on en dénombre 62,7 % sans diplôme d’enseignement, dont 11,2 % de femmes. Au niveau du privé, ce nombre d’enseignants sans diplôme professionnel est de 813, dont 71 femmes.
La formation initiale et continue des formateurs et des tuteurs
Dans les trois pays francophones, la mission de formation des enseignants pour l’enseignement technique est dévolue aux écoles normales supérieures de l’enseignement technique (ENSET).
Au Bénin , trois structures publiques : l’Institut national d’ingénierie de la formation et de renforcement des capacités des formateurs (INIFRCF), la Direction de l’inspection pédagogique, de l’innovation et de la qualité (DIPIQ) et le Fonds de développement de la formation professionnelle continue et de l’apprentissage (FODEFCA), ont compétence pour organiser et exécuter la formation continue des formateurs de l’EFTP.
Au Bénin, les personnels administratifs des établissements d’enseignement technique et des centres de formation professionnelle titulaires de CAPET ou BAPET peuvent être employés à d’autres postes, au niveau national ou départemental, conformément à loi portant statut général de la Fonction publique et au décret portant statut particulier des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré.
Dans cette population de 1 963 enseignants du public, on en dénombre 62,7 % sans diplôme d’enseignement, dont 11,2 % de femmes. Au niveau du privé, ce nombre d’enseignants sans diplôme professionnel est de 813, dont 71 femmes
Analyse SWOT
Nous présentons par la méthode SWOT dans la suite une synthèse des forces, faiblesses, opportunités et menaces qui caractérisent le dispositif de gestion des Formateurs et Personnels d’Encadrement de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels au Bénin.
Les points forts :
Existence :
- Du document de STRATÉGIE NATIONALE DE L’ENSEIGNEMENT ET LA FORMATION TECHNIQUES ET PROFESSIONNELS (EFTP) (2019-2025) visant l’amélioration de la qualité des formations dispensées.
- Du plan national de développement (PND) 2018-2025 qui inscrit en priorité le développement du capital humain.
- Du plan sectoriel de l’éducation post 2015 (2018-2030) qui prend en compte l’amélioration de la qualité enseignements/apprentissages à travers l’élaboration d’un plan stratégique de recrutement, de formation, de développement professionnel et de motivation des enseignants et du personnel d’encadrement.
Adoption et application par le Bénin de l’approche programme dans la planification opérationnelle et l’élaboration de ses Documents de Programmation pluriannuelle des Dépenses (DPPD) qui lient les budgets aux objectifs de développement.
Existence d’établissements et de structures compétentes (ENSET, EFPEEN, INIFRCF, DIPIQ, CPPE) pouvant développer et dispenser des formations initiales et des formations continues pour les Formateurs et Personnels d’Encadrement de l’EFTP à condition de rationaliser et de mutualiser les ressources et surtout d’assurer la mise en synergie de ces structures.
Existence de système de notation et de mécanisme de constitution de listes annuelles d’aptitude des enseignants et formateurs de l’EFTP.
Les faiblesses :
- Absence de planification et de projec tion prospectives des besoins quantitatifs et qualitatifs par profil en Formateurs et Personnels d’Encadrement de l’EFTP avec entre autres pour conséquences la déconnexion entre les formations initiales assurées et les potentiels besoins en Formateurs et Personnels d’Encadrement.
- Faible proportion de femmes dirigeantes et formatrices dans le secteur de l’EFTP.
- Utilisation limitée des technologies éducatives pour le renforcement des capacités des F et PE.
- Insuffisante responsabilisation des directeurs départementaux dans la gestion des Formateurs et Personnels d’Encadrement de leur juridiction.
- Absence de certifications nationales pour la qualification des leaders et experts de l’EFTP.
- Absence d’une offre de formation standardisée en pédagogie / andragogie propre à la l’ETFP.
- Inexistence d’un plan et d’un programme annuels structurés de formations continues au profit des Formateurs et Personnels d’Encadrement de l’EFTP.
- Absence ou mise en œuvre limitée du programme d’immersion dans les entreprises pour les formateurs recrutés.
- Inexistence d’un cadre réglementaire de gestion des méthodologues
- Faible niveau de qualification professionnelle et pédagogique d’un nombre élevé de formateurs de l’EFTP.
- Faible capacité managériale de pilotage des instances de l’EFTP.
- Inexistence d’un cadre statutaire pour les gestionnaires des établissements d’EFTP.
Les opportunités
- Disponibilité de Soutiens technique et financier des donateurs et partenaires au développement pour le secteur de l’EFTP.
- Possibilités accrues pour l’accès à diverses technologies éducatives (Internet, apprentissage mixte, réalité augmentée et virtuelle) pour le développement professionnel.
- Développement de l’infrastructure TIC.
- Possibilités accrues d’apprendre de l’expérience internationale en matière de renforcement des capacités des Formateurs et Personnels d’Encadrement.
Les menaces
Augmentation des capacités d’accueil du dispositif de l’EFTP, nécessaire et conforme aux objectifs stratégiques nationaux. Elle risque de se heurter à un manque en Formateurs et en Personnels d’Encadrement bien préparés.
Prépondérance (92%) de personnels non agents permanents de l’Etat dans les effectifs des enseignants et formateurs de l’EFTP.
Forte dépendance vis-à-vis de sources de financement extérieur pour le financement des formations initiales et continues des formateurs et personnels d’encadrement. Crises sociales, économiques et technologiques pouvant conduire à des déficits de ressources financières.
