Auteur : Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable Direction Générale de l’Environnement et du Climat (DGEC)
Site de publication : UNFCCC
Type de publication : Plan d’actions
Date de publication : Mai 2022
Lien vers le document original
Résultats de l’analyse diagnostique
Sur l’ensemble du pays, et sur la période de 1970 à 2019, la variation spatiale des précipitations du sud au nord est faible et se traduit par un faible écart entre les moyennes de pluie annuelle reçue au niveau des postes et différentes stations pluviométriques. Les variations des températures maximales moyennes annuelles et températures minimales moyennes annuelles sur la même période révèlent une tendance à la hausse significative au seuil de 5% (p-value < 0.001) au niveau de toutes les stations.
Cette situation traduit bien l’effet de serre additionnel et montre que le Bénin est bien soumis au réchauffement climatique. Ce réchauffement climatique affecte négativement les secteurs de développement du pays que sont l’agriculture, les ressources en eau, l’énergie, la santé, les infrastructures et l’aménagement urbain, le tourisme, la foresterie, le littoral. Les besoins en adaptation au niveau desdits secteurs sont urgents et justifient l’élaboration du PNA et sa stratégie de mise en œuvre.
Quant à l’évolution des températures (moyenne, minimale et maximale) mensuelles et annuelles, les deux modèles s’accordent pratiquement en indiquant une tendance à la hausse ou du moins à un réchauffement aux divers horizons, (2050 et 2100), avec des écarts à la normale se situant dans la fourchette de 0,8 – 2,3°C.
Au regard des atouts et contraintes identifiés après l’analyse diagnostique et dans le document de la PNGCC, les principaux défis à relever se présentent comme suit: (a) renforcer les capacités des acteurs dans leurs domaines respectifs sur les questions liées aux changements climatiques ; (b) renforcer le système national d’éducation et de formation en vue de mettre en œuvre des actions d’apprentissage prenant en compte des questions liées aux changements climatiques ; et (c) adopter des stratégies appropriées pour la prévention, la réduction et la maîtrise des effets liés aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles.
L’enjeu est de réduire significativement les effets liés aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles au regard des orientations nationales et des engagements internationaux pris par le Bénin afin d’améliorer les conditions de vie des populations.
Risques, impacts et vulnérabilité des secteurs de développement
État des lieux des secteurs de développement
Le Bénin est particulièrement vulnérable aux changements climatiques comme la plupart des pays en développement. Tous les secteurs socioéconomiques et géographiques du pays sont touchés.
Au regard des atouts et contraintes identifiés après l’analyse diagnostique et dans le document de la PNGCC, les principaux défis à relever se présentent comme suit: (a) renforcer les capacités des acteurs dans leurs domaines respectifs sur les questions liées aux changements climatiques ; (b) renforcer le système national d’éducation et de formation en vue de mettre en œuvre des actions d’apprentissage prenant en compte des questions liées aux changements climatiques ; et (c) adopter des stratégies appropriées pour la prévention, la réduction et la maîtrise des effets liés aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles
Les secteurs ainsi identifiés sont confrontés à des risques sectoriels qui limitaient déjà leur développement avant l’apparition des défis des changements climatiques. La situation de référence avant l’intervention du réchauffement global peut se présenter succinctement pour chaque secteur comme ci-après :
L’agriculture est le secteur économique le plus important dont vivent plus de la moitié des populations et qui contribue à 75 % aux recettes d’exportation et à 32% au PIB. Mais elle reste essentiellement pluviale.
Les principaux obstacles au développement du secteur de l’agriculture sont la prédominance de petites exploitations familiales peu diversifiées, la dégradation des terres, une faible productivité, une industrie de transformation très peu développée puis des problèmes d’accès au marché, aux semences performantes, aux technologies de maitrise de l’eau, aux engrais spécifiques et aux crédits. De plus, les femmes ont des difficultés d’accès à la terre et aux processus économiques de création de valeur.
Le secteur des ressources en eau reste confronté à quelques problèmes dont les plus importants sont :
- le faible niveau d’approvisionnement des populations en eau potable ;
- la faible valorisation des ressources en eau ;
- la pollution de l’eau par les déchets ménagers et industriels ; et
- l’état obsolète des réseaux de collecte de données hydrologiques et piézométriques.
La variabilité interannuelle des écoulements de surface, à partir des séries chronologiques de débits sur l’ensemble des bassins hydrographiques, a montré que ces bassins hydrographiques ont été influencés par les effets de la variabilité climatique.
Ainsi, il est observé que les principaux cours d’eau du Bénin ont connu aussi bien des années déficitaires qu’excédentaires. Mais les décennies 70 et 80 ont été les années les plus déficitaires en raison de la longue période de sécheresse observée en Afrique de l’Ouest durant cette période. À partir de 1990, il a été observé une reprise des écoulements. Il faut noter que cette période de reprise a été intercalée par quelques années déficitaires. Mais depuis 2010, les écoulements sont devenus excédentaires.
En définitive, il est à retenir que les grands ensembles hydrographiques du Bénin connaissent des variabilités interannuelles des écoulements de 1990 jusqu’à ce jour. Ce qui est une conséquence de la forte variabilité spatio-temporelle des pluies observée sur l’ensemble du pays.
Le secteur de la santé. Le profil épidémiologique du Bénin est caractérisé par la prédominance des maladies transmissibles représentant plus de 70% de la morbidité générale et qui sévissent sous forme endémo-épidémique, avec en tête en 2014, le paludisme (40,6%), les infections respiratoires aiguës (12,9%), les autres affections gastro-intestinales (6,6%) et en 2016 des épisodes de fièvre à virus Lassa.
Le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les affections gastro- intestinales ont représenté 60% des motifs de consultations en 2017. La couverture en infrastructures sanitaires s’est améliorée, passant de 80% au 31 décembre 2001 à 89% au 30 juin 2005. Toutefois, cette couverture en infrastructures sanitaires, généralement jugée suffisante, est inégalement répartie sur l’ensemble du territoire national. Outre la mauvaise répartition des infrastructures sanitaires, les problèmes majeurs du secteur de la santé sont :
- la faible accessibilité des populations aux services sociaux de base, dont la santé ;
- la problématique d’acquisition, de la construction et de la maintenance des infrastructures et des équipements ;
- la précarité du mécanisme de financement des dépenses de santé ;
- le non-respect des pratiques de bonne gouvernance, et
- la faible qualité du plateau technique.
Le secteur de l’énergie dépend largement des ressources naturelles notamment : les ressources en eau de surface pour l’hydro-électricité, les écosystèmes forestiers pour le bois-énergie, le potentiel solaire et éolien pour la production respective de l’énergie solaire et éolienne.
Aujourd’hui, les variabilités interannuelles des écoulements (longues séquences sèches, années excédentaires, etc.) agissent non seulement sur les ensembles hydrographiques, mais également sur la productivité des écosystèmes forestiers et par conséquent la fourniture de l’énergie.
Les infrastructures et les aménagements urbains constituent un secteur qui regroupe à la fois les processus de création et de développement des établissements humains respectueux du cadre de vie puis les ouvrages et biens matériels qui sont les témoins desdits processus, tels que :
- les infrastructures de transport (transport routier, aérien, ferroviaire et naval) ;
- les infrastructures énergétiques (barrages hydro-électriques, centrales de production, transport et stockage de l’énergie) ;
- les infrastructures de télécommunication (système GSM et autres) ;
- les infrastructures touristiques et hôtelières (infrastructures d’hébergement, de restauration, divertissement, etc.) ; et
- les infrastructures hydro agricoles et autres (retenue d’eau, aire de séchage, unités de transformation, canaux d’irrigation et de maîtrise d’eau).
Ce secteur est déterminant pour le développement socio-économique du Bénin. Les problèmes majeurs qui s’y attachent sont relatifs à la mauvaise gestion/occupation des espaces, l’absence et/ou l’insuffisance de réseaux d’assainissement adéquats, la mauvaise gestion des déchets, l’installation anomique des habitations surtout dans les zones périphériques des grands centres urbains.
Le littoral béninois, avec une façade maritime de 125 km entre Sèmè Podji et Hillacondji (dans la Commune de Grand-Popo), est confronté aux problématiques majeures ci-après :
- la perte croissante du territoire par l’érosion côtière ;
- l’engloutissement par la mer des habitations et installations socio-économiques importantes;
- la détérioration des écosystèmes marins et côtiers ;
- les pertes de certains atouts touristiques ;
- le déplacement répété des populations riveraines de la mer ;
- la pollution du milieu marin (cas de pollution des eaux marines entre Hillacondji et Grand-Popo par les rejets de phosphate de l’usine de Kpémé au Togo) ; et
- la surconcentration des activités économiques et de la population dans le domaine côtier (processus de littoralisation).
Ces différents problèmes participent à fragiliser le littoral et à renforcer les processus de dégradation et de variabilité climatique en cours dans le domaine côtier. Le secteur du tourisme est une filière de développement économique créatrice de richesses et d’emplois massifs. En effet, le Bénin est l’un des pays africains au plus fort potentiel touristique.
Aussi, l’ambition de l’État est-elle de faire de ce secteur une filière de développement économique créatrice de richesses et d’emplois, une filière économique majeure. Deuxième pourvoyeur de devises étrangères après le secteur de l’agriculture, le tourisme est un secteur important de développement économique et social au Bénin (7% du PIB en 2013).
La contribution directe moyenne du tourisme au PIB au plan mondial s’établit à 5,2% et la contribution totale moyenne s’élève à 14,0% du PIB en 2011, selon les données publiées par le Conseil mondial du voyage et du tourisme, soit deux fois plus que le niveau observé au Bénin. Pourtant, le Bénin dispose de nombreux atouts à faire valoir.
En effet, au Bénin le secteur du tourisme a été confronté pendant longtemps à quelques problèmes tels que la mauvaise gouvernance du secteur et l’absence d’initiatives en faveur d’un développement moderne.
Les changements climatiques modifiant la composition floristique et les périodes d’abondance de la biomasse végétale, principale source d’alimentation des ongulés sauvages, affectent la distribution spatio-temporelle des animaux dans les réserves de faune. De même, la variation des paramètres climatiques et météorologiques influent sur la biologie de reproduction des espèces animales et végétales, l’accessibilité des sites touristiques et par conséquent sur l’offre touristique. L’adaptation du secteur touristique aux changements climatiques est aujourd’hui une nécessité urgente.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) le secteur de la foresterie du Bénin est caractérisé par une couverture forestière estimée à 4 625 000 ha, soit environ 42% du territoire national. Le domaine forestier de l’État est structuré en domaine classé et en domaine protégé.
Les forêts du Bénin subissent de fortes pressions anthropiques renforcées par la variabilité et les changements du climat qui se traduisent par une perte annuelle estimée à 50 000 ha et un appauvrissement des communautés riveraines dont les moyens de subsistance dépendent essentiellement des ressources forestières. Le développement d’une stratégie d’adaptation du secteur de la foresterie aux changements climatiques est souhaité.
Principaux risques climatiques et impacts
Les principaux risques climatiques identifiés sur le territoire du Bénin sont la sécheresse, les inondations, les vents violents, la chaleur excessive et l’élévation du niveau de la mer. Leurs impacts sont très importants et se caractérisent par une dégradation des ressources naturelles, le déplacement des populations, l’érosion côtière, les perturbations des activités économiques surtout agricoles avec des coûts économiques et sociaux de plus en plus lourds.
Planification de l’adaptation aux changements climatiques et stratégie de mise en œuvre
Vision du PNA
«Le Bénin est, en 2030, un pays résilient aux changements climatiques avec une capacité adaptative suffisante et des mécanismes appropriés d’anticipation et de réaction face aux risques climatiques et dont les institutions, organisations, entreprises et citoyens adoptent des pratiques, attitudes et comportements climato-sensibles».
Objectifs du PNA
L’objectif général du PNA est d’accroître la résilience et la capacité d’adaptation du pays aux changements climatiques. De manière spécifique, le PNA vise à :
- réduire la vulnérabilité aux impacts des changements climatiques en renforçant la capacité d’adaptation et la résilience des communautés locales et de leurs moyens d’existence pour une transformation économique et sociale au niveau national et à l’horizon 2030 ; et
- faciliter l’intégration de l’adaptation au changement climatique, de manière cohérente, dans les politiques, programmes et activités pertinentes, qu’ils soient nouveaux ou en cours, en particulier les processus et stratégies de planification du développement et de budgétisation.
