Gambie : une élection présidentielle jouée d’avance ?

English Summary

Launched on November 16, the electoral campaign ended on November 29 in the Gambia. On December 1st, 886 578 Gambian citizens will elect the next president between three candidates: Yahya Jammeh, candidate to his own succession, Adama Barrow who represents the coalition of the opposition, and Mammah Kandeh, ex member of the party in power. The campaign period was not a peaceful one: citizens went out in the street to demand more freedom and the respect of their rights, and some opposition members were jailed. The meetings of the opposition are quite popular since some of them had to be cancelled because the venue could not accomodate all the participants. Two weeks before the campaign launch, Human Rights Watch issued a report providing valuable information about human rights violations by the regime of Jammeh.

Lancée le 16 novembre 2016, la campagne électorale s’est terminée le 29 novembre en Gambie. L’élection présidentielle du 1er décembre désignera le prochain chef de l’Etat gambien. Pour ce scrutin, 1422 centres de vote sont ouverts sur l’ensemble des 53 circonscriptions électorales.

Trois candidats sont en lice, dont le président sortant, Yahya Jammeh, qui brigue un cinquième mandat. Il fera face à Adama Barrow, investi par une coalition de sept partis politiques de l’opposition, et Mammah Kandeh, un dissident du parti au pouvoir. 886 578 électeurs se rendront aux urnes pour choisir entre trois candidats leur prochain président.

Le calme règne dans les rues de Banjul, la capitale. Un calme qui fait suite à de nombreuses manifestations des opposants, violemment réprimées par les forces de sécurité. Les manifestants réclament plus de liberté et de droits.

Marches et rassemblements à travers le pays, critiques ouvertes contre le président Yahya Jammeh : l’opposition gambienne savoure, le temps de la campagne, cette liberté de parole qui d’ordinaire conduit leurs auteurs en prison.

Le candidat unique de l’opposition, Adama Barrow, soutenu par sept partis, était le 25 novembre à la tête d’un cortège à Banjul, après avoir sillonné l’intérieur du pays.

Une foule nombreuse assiste aux rassemblements de l’opposition mais plusieurs de ses manifestations ont été annoncées puis annulées sur les réseaux sociaux, en raison notamment des difficultés à trouver une salle pouvant contenir ses partisans.

La commission électorale indépendante a rédigé un code de bonne conduite pour inciter les candidats à « une campagne apaisée, sans insultes, ni violence ». Khalifa Salla, porte-parole de la coalition menée par Adama Barrow, a indiqué que les sept partis ont décidé de réunir leur force « parce que c’est une élection à un tour ». « Adama Barrow a été désigné comme le représentant de l’opposition pour répondre aux aspirations du peuple gambien », a-t-il ajouté.

Khalifa Salla affirme que « même si toutes les conditions pour une élection libre et transparente ne sont pas réunies, la coalition compte sur la mobilisation de la population gambienne pour faire gagner son candidat ».

Les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme continuent d’être accablants pour le régime de Jammeh. Le dernier rendu public par Human Rights Watch montre que « la répression de l’opposition politique par le gouvernement gambien au cours des mois précédant l’élection présidentielle du 1er  décembre 2016 menace l’équité même du scrutin».

Selon le rapport mentionné précédemment intitulé More Fear Than Fair et publié le 2 novembre dernier, « Les autorités ont menacé, arrêté arbitrairement, emprisonné, et torturé des membres de partis politiques d’opposition. Depuis le mois d’avril, plus de 90 militants de l’opposition ont été arrêtés pour avoir participé à des manifestations pacifiques, et 30 d’entre eux condamnés à des peines de prison de trois ans. Deux militants de l’opposition sont morts en détention » .

D’après Babatunde Olugboji, directeur adjoint du Bureau des programmes à Human Rights Watch, « le gouvernement Jammeh a menacé, battu et torturé des membres de l’opposition simplement parce qu’ils ont exercé leurs droits fondamentaux ». A l’en croire, ceci « n’aboutira qu’à éloigner la perspective d’une élection juste ».

Dans la même veine, cette organisation de défense des droits de l’Homme dénonce aussi l’utilisation des ressources de l’Etat par le parti du président Jammeh pour faire sa campagne. « Le président Jammeh et l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) ont par ailleurs régulièrement puisé dans les ressources de l’Etat pour faire campagne, y compris en bénéficiant de véhicules et de locaux gouvernementaux, et mobilisé des fonctionnaires et des membres des forces de sécurité pour le compte de la réélection de Jammeh».

Outre la répression, les opposants au régime de Jammeh ont été aussi restreints par la durée officielle, à peine deux semaines, de la campagne électorale. C’est la seule période pendant laquelle ils reçoivent une couverture significative à la radio et à la télévision d’Etat.

En guise d’hommage à Fidel Castro, le président Yahya Jammeh a suspendu sa campagne électorale. Le leader de révolution cubaine est mort à La Havane le 25 novembre à l’âge de 90 ans. Des sources proches du gouvernement gambien ont indiqué le 27 novembre que la décision du président Jammeh de suspendre sa campagne électorale est une marque de respect pour Castro, avec qui il avait des liens étroits.

Cuba a été l’un des premiers pays avec lesquels Banjul a établi des relations diplomatiques peu de temps après l’arrivée de Jammeh au pouvoir, suite à un coup d’Etat militaire sans effusion de sang en 1994. Les relations entre les deux pays ont été caractérisées par la présence de médecins cubains dans le secteur de la santé en Gambie.

Crédit : VOA News

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