Janvier/Février 2016

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Comment lutter contre la corruption ?

  • Parce que la corruption à travers ses différentes formes fragilise les Etats de l’Afrique de l’Ouest et compromet leur stabilité. Elle constitue un fléau qui freine tout processus de développement économique et humain. Les pays de la région perdent chaque année des points de croissance à cause de la corruption sous ses multiples formes.
  • Parce que les pratiques corruptives sont généralisées à tous les étages de la vie économique, sociale et politique. Les scandales et cas avérés de corruption sont légion dans les pays de la zone WATHI. Le versement de fortes sommes par de grandes entreprises à des responsables politiques, des hauts fonctionnaires et des dirigeants d’entreprises publiques et semi-publiques pour obtenir des contrats dans des conditions qui vont à l’encontre des intérêts nationaux affecte les économies des Etats et leur capacité à répondre aux besoins de leurs populations.
  • Parce que la remise quasi systématique de sommes peu élevées à des agents publics dans le but d’obtenir des avantages ou de contourner certains obstacles bureaucratiques est tout aussi préjudiciable pour la création et la pérennisation d’une administration de qualité. Qualifiées de petite corruption, ces pratiques observées au quotidien dans la majorité des pays de la région brouillent les frontières entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas et conduit à installer un système de corruption généralisée.
  • Parce que la corruption est une menace pour la bonne marche de la démocratie. Les pratiques fréquentes de corruption dans l’espace politique et plus particulièrement lors de consultations électorales avec l’achat de votes, la remise de sommes d’argent à des figures de l’opposition pour rejoindre le parti au pouvoir ou la distribution massive de biens matériels, comme des sacs de riz et des tee-shirts, sont des entorses aux règles démocratiques. L’utilisation des deniers publics préalablement détournés ou de fortunes privées aux origines douteuses pour orienter le choix des populations lors d’élections présidentielles, parlementaires et locales, est un mal qui gangrène les systèmes politiques dans la région.
  • Parce que certaines formes de corruption sont acceptées voire légitimées par les populations qui l’associent à une manière de vivre en société. La remise d’une somme d’argent ou de tout autre « cadeau » après la réception d’un acte administratif est une pratique fréquente des usagers à l’endroit de fonctionnaires pourtant rémunérés pour rendre un service public.
  • Parce que les habitudes de corruption installées et considérées comme normales finissent par être associées à des caractéristiques culturelles. Ces justifications de pratiques qui nuisent à l’amélioration du bien-être de la majorité des populations, et encore davantage à celui des plus démunis, ne sont en rien culturelles. Elles donnent une mauvaise image des pays de la région et attaquent les bases éthiques des sociétés ouest-africaines.
  • Les différentes formes de corruption observées dans la région : celles qui seraient les plus nuisibles et celles qui le seraient moins
  • L’acceptation de certaines pratiques corruptives perçues comme des formes de solidarité : la question de la gratification ou du cadeau donné par l’usager à l’agent administratif.
  • La responsabilité des décideurs politiques, des autorités administratives dans la généralisation des pratiques de corruption dans les services publics.
  • La corruption dans l’espace politique : la question de l’achat des voix pendant les campagnes électorales, celle du financement illicite des acteurs politiques et plus généralement la question du clientélisme politique
  • La corruption comme entrave au bon fonctionnement de l’administration : la question du dysfonctionnement des services administratifs, celle de la défiance des populations envers les agents de l’administration et les mesures simples qui peuvent y remédier
  • La justice et les différentes formes de corruption : la question de l’impunité liée aux pratiques de corruption dans le secteur de la justice, l’indépendance des juges et des procureurs vis-à-vis du pouvoir politique et les mesures envisageables pour améliorer la capacité des systèmes judiciaires de la région à lutter efficacement contre la corruption
  • La corruption dans le secteur de la santé : les paiements pour un traitement, un service ou une prestation censée être gratuite; les petits pourboires donnés aux personnels hospitaliers pour obtenir un traitement « spécial » ; l’identification et la hiérarchisation des responsabilités, les réponses envisageables
  • L’efficacité des organes de lutte contre la corruption dans les pays de l’Afrique de l’Ouest : l’indépendance des organes de lutte contre la corruption, les moyens dont ils disposent leur permettent-ils de lutter efficacement contre la corruption ?
  • Les forces de sécurité et la « petite corruption » : les petites sommes remises quotidiennement lors des contrôles de police dans la circulation ; la perception du policier comme étant l’agent « le plus corrompu » de l’administration ; l’évaluation des revenus de la corruption des forces de sécurité ; les liens entre la petite corruption observée et la grande corruption des hauts responsables
  • La corruption dans le système éducatif : l’achat des diplômes, l’achat des notes d’évaluation des élèves et des étudiants, la vente des sujets d’examens, les faveurs sexuelles en contrepartie de bonnes notes dans les lycées et universités
  • L’impact de la « grande corruption » dans les économies de la région : la corruption des multinationales et d’autres grandes entreprises locales ou étrangères pour s’octroyer les gros marchés ; les faits de corruption dans les appels d’offres et les passations de marchés ; les destinations et les bénéficiaires intérieurs et extérieurs de l’argent de la corruption
  • Les moyens actuels de lutte contre la corruption dans les pays de la région, les dispositifs des organisations régionales et leur utilité, les bons et les mauvais exemples dans la région, les contraintes et les limites des initiatives récentes
  • Les réformes prioritaires à initier en matière de lutte contre la corruption ; les mesures opérationnelles qui peuvent être prises immédiatement dans les pays de la région ; la répartition des tâches et des responsabilités, les actions citoyennes qui peuvent provoquer un choc positif en matière de lutte contre la corruption.
  • Les contributions des experts des questions débattues sont bienvenues mais les observations, témoignages, points de vue et propositions de tous les citoyens le sont tout autant.
  • Nous souhaitons recevoir en particulier des articles qui font référence à un ou des pays précis, s’appuient sur des exemples et qui font émerger des propositions de réforme.
  • Vous êtes également invités à envoyer une courte interview audio/vidéo, ainsi qu’un récit oral de vos expériences sur ce sujet et de vos suggestions sur de possibles réformes.
  • Vous pouvez demander à ce que votre identité ne soit pas publiée même si elle doit être connue de WATHI ; dans ce cas choisissez un pseudonyme et envoyez une biographie qui donne une idée de votre domaine d’expertise ou de votre activité professionnelle.
  • Vous pouvez soumettre des articles courts (500 à 1000 mots) ou plus longs (1500 à 2000 mots). La taille maximale des contributions est de 2000 mots. Les articles courts ont cependant plus de chances d’être sélectionnés et publiés par le WATHI. Tous les articles doivent être accessibles au grand public, structurés et soignés.
  • Nous vous invitons à accompagner la soumission de votre article d’une biographie de 50 mots maximum et, de préférence, d’une de vos photos de très bonne qualité.
  • Le Débat se passe aussi sur les comptes Facebook et Twitter de WATHI :
 

How to fight against corruption?

  • Because corruption through its various forms weakens the states of West Africa and undermines stability. It is a scourge that impedes any process of economic and human development. Each year , countries in the region lose significant points of economic growth because of corruption.
  • Because corrupt practices are widespread at all levels of the economic, social and political sphere. Scandals and proven cases of corruption abound in countries of the WATHI Zone. When companies pay large amounts of money to politicians, senior officials and managers of public and semi-public companies to obtain contracts under conditions that go against national interests, it affects the economies of the countries of the region and their ability to meet the basic needs of their populations.
  • Because the bribes given almost systematically to public officials by ordinary citizens in order to obtain benefits or bypass certain bureaucratic obstacles is just as detrimental to the creation and sustainability of an efficient public service. Characterized as petty corruption, the daily practices observed in most countries of the region blur the boundaries between what is acceptable and what is not, and lead to a widespread systemic corruption.
  • Because corruption is a threat to the proper functioning of democracy. The frequent practice of corruption in the political area, particularly during electoral campaigns with vote buying, bribery of opposition figures to join the ruling party or mass distribution of goods such as rice bags and t-shirts, infringes the rules of democracy. The use of embezzled public funds or private fortunes of dubious origins to influence the selection of political leaders during presidential, parliamentary and local elections, plagues the political systems in the region.
  • Because some forms of corruption are accepted or legitimized by the people who associate them with a social norm. It is a common practice to give money or other “gifts” to paid public officials in return of an administrative act.
  • Because corruption habits end up being considered as normal and associated with African cultural norms. Corrupt practices that impede the improvement of the well-being of the majority of the population, and particularly the poorest groups, have nothing to do with a specific culture. Cultural arguments to justify corruption give a bad image of the countries of the region and attack the ethical foundations of West African societies.
  • The various forms of corruption observed in the region and identification of the most harmful practices.
  • The acceptance of certain corrupt practices seen as forms of solidarity: the issue of bonus or gifts given by public service users
  • The responsibility of policy makers, administrative authorities in the widespread corrupt practices in public services.
  • Corruption in the political space: the issue of vote buying during elections, the issues of unlawful financing of political actors and more generally the issue of political patronage.
  • Corruption as a hindrance to an efficient administration: the issue of the malfunction of administrative services, the distrust of the people in the public servants and simple measures that could help to resolve it.
  • Justice and the various forms of corruption: the question of impunity linked to corrupt practices in the area of justice, the independence of judges and prosecutors regarding political power and the possible measures to improve the capacity of judicial systems in the region to fight effectively against corruption.
  • Corruption in the health sector: payments for treatment supposed to be free; small gratuities given to hospital staff for a “special” treatment; the identification of responsibilities and the possible responses.
  • The effectiveness of the anti-corruption institutions in the countries of West Africa: their independence, their human and material capacities to deliver results
  • The security forces and petty corruption: the bribes given during daily routine police checks; the perception of the police as the “most corrupt” service in the administration; the assessment of the income generated by corruption of the security forces; the links between the observed petty corruption and the grand corruption of senior officials.
  • Corruption in the education system: the purchase of diplomas and student assessment scores; the sale of examination subjects; the practice of sexual favors in return for good grades in high schools and universities.
  • The impact of the grand corruption in the economies of the region: corruption involving multinational and other large local and foreign companies; corruption in calls to tender and procurements; actual destinations and beneficiaries of the proceeds from corruption.
  • Assessment of current means and measures to fight against corruption in the countries of the region; the existing mechanisms and protocols of regional organizations and their effectiveness; good and bad examples in the region regarding anti-corruption efforts, the constraints and limitations of recent initiatives.
  • Identification of the priority measures and reforms in the fight against corruption; operational measures that can be taken immediately in the countries of the region; the distribution of tasks and responsibilities in the collective effort, civic actions at the country and regional levels that can have a positive impact on the fight against corruption..
  • Contributions by experts in the issues discussed are welcome. So are observations, accounts, opinions, and recommendations from all citizens.
  • We particularly welcome articles that refer to one or more specific countries, are based on concrete examples and include recommendations for action and reform.
  • You can submit short articles (500-1000 words) or longer ones (1500-2000 words). Although the maximum length of a contribution is 2000 words, short articles are more likely to be selected and published by WATHI. All articles must be accessible to the general public, well written and structured.
  • Without having to write a structured article, you can send your comments, observations, and recommendations to infowathi@wathi.org. The most relevant contributions will be published on the website.
  • You can also submit a short audio or video recording to share your experiences and concrete reform proposals.
  • We invite you to send your article with a 50-word biography and preferably a good picture of yourself.
 

SYNTHÈSE DU DÉBAT

SUMMARY OF THE DEBATE

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Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat du mois. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.


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Wathinote: Singapore: Strong Anti-Corruption Law/Administrative Measure, Corrupt Practices Investigation Bureau

Singapore: Strong Anti-Corruption Law/Administrative Measure Corrupt Practices Investigation Bureau. http://cpib.sg/education/strategic-considerations/strong-anti-corruption-lawadministrative-measure FRANÇAIS La loi anti-corruption a depuis été réexaminée régulièrement afin de veiller à...

1 Commentaire
  1. Aminou Yaya 1 année Il y a

    Merci pour avoir choisi ce thème de la corruption pour le Débat. Après un bref aperçu des publications et évènements en relation avec ce thème, je voudrais attirer l’attention des lecteurs sur l’évaluation des mécanismes de lutte contre la corruption au niveau national. Il y a certes pas mal d’indices/indicateurs sur la gouvernance qui couvrent ce sujet, mais celui de l’organisation Global Integrity mérite une attention particulière , parce que non seulement il couvre l’évaluation des lois existantes mais aussi et surtout il relève les carences dans leur mise en oeuvre, surtout à travers l’existence d’une entité de lutte contre la corruption. Global Integrity ne s’intéresse pas uniquement à l’existence d’une commission anti-corruption, mais aussi à son indépendance vis-à-vis de l’exécutif ou du parlement où les hommes politiques peuvent restreindre son action, à l’existence de moyens adéquats à la disposition de la commission, à la capacité de la commission de s’auto-saisir des cas de corruption et de pouvoir poursuivre les hautes personnalités au même titre que les «petits poissons», à la nomination des responsables de la commission (pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat v. équilibre des pouvoirs). De même, pour Global Integrity, criminaliser la corruption est une chose, mais la lutte ne sera pas effective si la dénonciation n’est pas une obligation pour les fonctionnaires et si les protections des fonctionnaires dénonciateurs ou donneurs d’alerte n’existent pas.

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