Empty Ebola Clinics in Liberia Are Seen as Misstep in U.S. Relief Effort

The New York Times, April 2015

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FRANÇAIS

Quelle leçon pouvons-nous tirer de cette analyse?

En se focalisant sur la construction de centres de traitement d’Ebola qui demeurent principalement vides, l’intervention américaine est parue mal placée. Soutenir les efforts des populations locales dans leur lutte contre la propagation du virus semble avoir été une meilleure stratégie.

Alors que les corps jonchaient les rues et que les malades mourants s’accumulaient devant des cliniques surpeuplées l’année dernière, le Président Obama a annonçé la plus importante intervention américaine jamais entreprise lors d’une crise sanitaire mondiale.  L’épidémie d’Ebola est la plus dévastatrice de l’histoire. Mais après avoir dépensé des centaines de millions de dollars et avoir près de 3000 hommes pour construire des centres de traitement contre Ebola, les Etats-Unis ont finalement construit des installations qui demeurent principalement vides : seulement 28 patients souffrant d’Ebola ont été soignés dans les 11 différents centres construits par l’armée américaine, selon des statistiques officielles. Neuf centres n’ont même pas reçu le moindre malade.

Le Liberia pourrait être déclaré “Ebola free” dès le mois prochain. Bien que des spécialistes de la santé ont prévenu qu’il était fort probable que de nouvelles épidémies se déclenchent dans la région, d’importantes leçons peuvent déjà être tirées sur les succès et les échecs de la réponse apportée par les dirigeants ouest-africains et internationaux. Selon certains experts, si les Américains et autres bailleurs de fonds avaient été plus flexibles, les ressources dépensées auraient pu être dirigées vers la reconstruction du système de santé libérien – ou en appuyant les efforts des populations locales – plutôt qu’en se focalisant sur des centres de traitement peu utilisés.

Des laboratoires ont également été construits  pour effectuer des tests sur Ebola. Des équipes ont été déployées dans les zones rurales afin d’étouffer les recrudescences avant qu’elles ne puissent se propager. Des médicaments de première importance ont été transportés. Des ressources ont également été injectées dans l’éducation et la sensibilisation des populations. Le docteur Moses Massaquoi, directeur de la gestion d’Ebola au sein du Ministère de la Santé libérien, a admis que le soutien américain était arrivé « trop tard » pour avoir un impact lors du pic de l’épidémie. Mais « leur action a permis de renforcer nos capacités afin de maintenir les progrès que nous avons réalisés », a-t-il déclaré, « et voilà où nous en sommes aujourd’hui. »

« Les populations locales ont pris leurs propres responsabilités – sans attendre notre aide, ni celle du gouvernement  ou de la communauté internationale – en commençant à s’organiser, » nous apprend Peter Graf, le chef de l’intervention onusienne au Libéria. Dans le quartier de Monrovia où l’épidémie s’est déclenchée en juin, un groupe de 200 volontaires s’est formé en l’espace d’un mois. Il a été appuyé par les populations qui ont acheté du chlore et des seaux pour les espaces publics et qui ont mis deux véhicules à la disposition des volontaires pour rendre visite aux malades. Dans un autre quartier, les habitants ont recueilli 2$ par maison pour acheter des bottes en caoutchouc et des mégaphones afin que les volontaires puissent démentir les rumeurs selon lesquelles Ebola était une fausse alerte. Il encourageaient également à indiquer les cas de maladie et de décès.

Dans un Etat défaillant comme celui du Libéria, les citoyens étaient habitués à ne recevoir que peu ou pas d’aide du gouvernement. Cette habitude a été renforcée par la guerre civile qui a duré 14 ans qui a dévasté le pays. Le gouvernement ne s’est pas manifesté durant la flambée de l’épidémie. Les experts et les fonctionnaires admettent aujourd’hui que des efforts auraient dû être fournis plus tôt pour aider ces populations. « Nous aurions dû vraiment travailler avec ces communautés dès le mois de juillet, » c’est-à-dire lorsque le nombre de cas était en hausse mais n’avait pas encore explosé, reconnait le docteur Massaquoi du Ministère de la Santé libérien.

Au début du mois de septembre, le gouvernement a entamé une tournée de consultations des populations affectées et engagé un épidémiologiste qui avait gagné la confiance des habitants. Peu de temps après, il a organisé des ateliers à destination des nombreux volontaires présents à travers la ville et leur a distribué des outils sommaires afin de pister les malades et de stopper la propagation d’Ebola : un carnet, un stylo et un badge d’identité. Alors que les Etats-Unis et les autres bailleurs continuaient à verser des fonds, ces groupes volontaires ont assumé un rôle plus formel. En novembre, des milliers de volontaires ont pris part à des formations organisées par des experts internationaux de la santé. Ils ont reçu 80$ par mois des Nations Unies.

Comme la génération précédente qui a appris à gérer la variole avant la mise à disposition d’un vaccin, les populations locales ont « appris à gérer Ebola » – ce qui a fortement diminué les risques d’une autre flambée de l’épidémie, nous dit le docteur Frank Mahoney qui a mené la lutte contre Ebola au sein du United States Centres for Disease Control and Prevention. « Tout le monde sait maintenant que le meilleur moyen de combattre Ebola est de le prévenir, » a ajouté Joseph Boye Cooper, un leader volontaire d’un des quartiers de Monrovia. « Les populations ont appris une rude leçon d’Ebola. »

ENGLISH

Which lesson can we learn from this analysis?

By focusing on building Ebola treatment centres which remain mainly unused, the American intervention seems to have been misplaced. Backing the efforts of local communities in the fight against the spread of the disease has proven to be a more successful strategy.

As bodies littered the streets and the sick lay dying in front of overwhelmed clinics last year, President Obama ordered the largest American intervention ever in a global health crisis, hoping to stem the deadliest Ebola epidemic in history. But after spending hundreds of millions of dollars and deploying nearly 3,000 troops to build Ebola treatment centres, the United States ended up creating facilities that have largely sat empty: Only 28 Ebola patients have been treated at the 11 treatment units built by the United States military, American officials now say. Nine centres have never had a single Ebola patient.

Liberia could be declared free of Ebola as early as next month. But with health officials warning that it is only a matter of time before another outbreak erupts in this region, they are drawing important lessons from the successes and shortcomings of the response by international and West African leaders. Had the Americans and other donors been more flexible, critics and some officials contend, the money could have been put toward rebuilding Liberia’ shattered health care system – or backing the efforts of local communities – instead of focusing on treatment centres that would be scarcely used.

Labs were also set up to test for Ebola. Teams were deployed to rural areas to quell flare-ups before they could spread. Critical supplies were airlifted across a nation with many impassable roads. Money poured into education and awareness-raising in communities. Dr. Moses Massaquoi, the head of Ebola case management for Liberia’s health ministry, said that the American support “came too late” to have an impact at the height of the epidemic. But “what it has done for us is that it has built our capacity to sustain the gains we had,” he said, “and that’s why we are here today.”

“Communities taking responsibility for their own future – not waiting for us, not waiting for the government, not waiting for the international partners, but starting to organize themselves,” said Peter Graf, the leader of the United Nations intervention in Liberia. In the neighbourhood where the outbreak in Monrovia started in June, a 200-volunteer task force formed in July, with residents buying chlorine and buckets to put in public places and donating two vehicles so volunteers could monitor the sick. In another neighbourhood, residents collected $2 per home, buying rubber boots and megaphones so that volunteers could fan out to counter rumours that Ebola was a hoax and implore people not to hide the sick and the dead.

In a weak state like Liberia, people were used to getting by with little or no help from the government, an ability reinforced by the country’s 14-year civil war. And the government did not reach out to them as the outbreak gathered steam. Experts and officials now say that an official push should have been made to help those communities early on. “We should have seriously worked on the communities starting in July,” when cases were rising but had yet to explode, said Dr. Massaquoi of Liberia’s health ministry.

In early September, the government began a listening tour of affected communities and enlisted an epidemiologist who had earned residents’ trust. Soon, he was carrying out workshops for the countless volunteer task forces across the city, supplying them with low-tech tools to track the sick and stop Ebola’s spread: a notepad, a pen and an identity badge. As the United States and other donors increased aid, these volunteer groups assumed a more formal role. In November, thousands of volunteers began receiving training from international health workers and earning $80 a month from the United Nations.

Just as previous generations learned how to deal with the smallpox before vaccination, communities here have “learned how to deal with Ebola” – greatly decreasing the chances of another explosive outbreak, said Dr. Frank Mahoney, who had been leading the effort in Liberia for the United States Centres for Disease Control and Prevention. “Everybody knows right now that the best way to fight Ebola is to prevent it,” said Joseph Boye Cooper, a volunteer leader in one Monrovia neighbourhood. “People learned a severe lesson from Ebola.”

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