Ghana : une élection pour renforcer le statut de démocratie majeure dans la région

La campagne électorale a pris fin le lundi 5 novembre sur une note de satisfaction des Ghanéens qui ont salué le climat de paix qui a marqué cette campagne. Dans son discours de clôture, le président John Mahama, candidat à sa propre succession, a invité ses concitoyens à continuer de préserver ce climat de paix. Il a souligné la fierté du Ghana d’être un pays stable et pacifique d’Afrique.

Sept candidats sont en lice, mais la course devrait surtout se jouer entre le président sortant John Dramani Mahama (du Congrès national démocratique – National Democratic Congress, NDC) et son rival historique, Nana Akufo-Addo (du Nouveau parti patriotique – New Patriotic Party, NPP). Lors du dernier scrutin présidentiel de 2012, qui opposait les deux hommes, Mahama avait remporté l’élection avec 50,7% des voix, contre 47,7% pour son rival. Ce dernier avait ensuite contesté en vain les résultats en introduisant un recours en justice.

Agé de 58 ans et ancien vice-président, John Mahama est arrivé à la tête du pays en 2012 après la mort soudaine de John Atta Mills. Elu quelques mois plus tard, il est réputé proche du peuple, et peut revendiquer l’impulsion de nombreux projets d’infrastructures importants dans le pays.

Son mandat a toutefois été marqué par un ralentissement de la croissance du pays avec une baisse de production du pétrole et du cacao.  Des scandales de corruption ont également entaché ce mandat notamment le renvoi de 20 juges, impliqués dans une affaire de pots-de-vin. Des soupçons de corruption au sein de la justice et du gouvernement ont entaché la crédibilité du chef de l’Etat. « Il y a la perception d’une corruption généralisée dans l’administration de Mahama », constate Kwesi Koomson, analyste pour le Ghana, pour Africa Practice. « Il y a une envie de changement. »

La croissance des tensions entre le NDC et le NPP menacent l’a l’alternance politique qui s’opérait jusque-là de manière pacifique au Ghana. Les autorités redoutent à présent des situations de violence dans le cas où le perdant ne reconnaîtrait pas sa défaite. Le coude à coude que révèlent les sondages rendent ce scénario plausible. Selon Le Monde, le chef de la police ghanéenne se serait ouvertement inquiété des activités de jeunes militants des partis qui atteignent des « proportions dangereuses ».

Cette tension palpable a poussé les sept candidats en lice à s’engager, devant la présidente de la Cour suprême, Georgina Wood, à respecter l’issue du vote populaire et à refuser le recours à la violence. Lors de cette cérémonie symbolique, le président en exercice a déclaré : « Notre démocratie est trop précieuse pour être dilapidée par une quête débridée en vue d’accéder au pouvoir ou de le conserver. »

Selon sa situation géographique, le Ghana est une exception en termes de stabilité : les pays adjacents ont récement connu ou connaissent des turbulences politiques : la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso ou le Mali.

L’un des défis majeurs auxquels sera confronté le prochain président, et qui est aussi le fardeau du bilan du président sortant, est celui de l’énergie. La demande en électricité s’accroît de 10 % par an, tandis que les sources domestiques d’approvisionnement déclinent, faisant planer « une menace majeure » sur le potentiel de croissance.

En principe, les quelque 27 millions de Ghanéens peuvent se réjouir d’un accès à l’électricité largement supérieur à la moyenne continentale (62 % contre 35 % pour le continent, selon le FMI). Dans les faits, durant le mandat de Mahama, cette statistique a été mise à mal. Les coupures de courant devenues chroniques portent maintenant un nom, « dumsor », qui signifie « on-off » en akan. Peu sont donc ceux qui croient à la parole présidentielle lorsque ce dernier affirme que son pays deviendra un exportateur d’énergie d’ici 2020.

Après l’engagement pris par les candidats de respecter les résultats des urnes, le président John Mahama s’est engagé à œuvrer à l’organisation d’une élection paisible.  « J’ai plus à perdre que n’importe quel autre candidat si jamais le chaos éclate au Ghana, je suis le président, j’ai plus à perdre. Je suis impliqué dans la politique du Ghana pendant de nombreuses années. Et mon engagement pour une élection pacifique n’est pas douteux », a confirmé le président de la République du Ghana.

Selon lui, il s’agit d’une obligation morale qu’il a pour maintenir la paix et la stabilité dans son pays. En effet, la constitution ghanéenne confère au président de la République le rôle de garant de la paix et John Mahama affiche cette volonté de préserver la stabilité du pays. La jeunesse devrait jouer un rôle important dans le choix du prochain président ghanéen.

Les données techniques sur le vote présentées par la Commission électorale que dirige Charlotte Osei portent entre autres sur le nombre total des électeurs, des bureaux de vote, des observateurs locaux comme internationaux et des agents électoraux.

Les données sont les suivantes :

Nombre total d’électeurs : 15, 712, 449
Bureaux de vote : 28,992
Centre des résultats des Circonscription électorales : 275
Bureau national de centralisation des résultats : 1
Nombre de candidat à la présidentielle : 7 candidats dont une femme
Nombre de candidats aux législatives : 1.158 candidats dont 136 femmes
Agents électoraux : 148,000 personnes
Personnels de sécurité pour le vote : 64,000
Observateurs étrangers : 400 personnes
Observateurs locaux : 12, 000 personnes

 

Crédit photo : RFI

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